Un colloque a eu lieu les 4 et 5 décembre 2008 à Versailles. 

La FLAC était présente à ce "non" évènement en la personne du trésorier de la FLAC, Jean Claude Laborde, auteur de la lettre publiée plus bas sur la page.

Cette lettre est aussi un compte-rendu de cette manifestation qui s'est avérée n'être au final qu'un acte de prosélytisme de plus de la part des taurins

Amicalement

                                                                            Présidente de la Flac    

 

Madame,

Souhaitant faire le point sur le colloque que vous avez organisé les 4 et 5 décembre derniers au Centre Culturel Gulbenkian à Paris et à l'INRA de Versailles, je vous fait part de mes réflexions et conclusions que je vous demande de faire connaître à l'ensemble des participants.

Selon vos informations communiquées, les publics concernés étaient des scientifiques, des professionnels de l'élevage, de la tauromachie et de manière générale des spectacles vivants employant des animaux, des institutions, des entreprises et associations s'intéressant aux animaux. Par contre, aucune association de protection animale ou anti-corrida invitée... 

Toréer sans la mort ?

Pour aborder ce thème vous avez donné la parole très majoritairement aux "amateurs", scientifiques ou pas, de la tauromachie espagnole et portugaise qui sous couvert de leur appartenance au milieu scientifique, ont voulu, comme c'est habituel, donner à la corrida des lettres de noblesse qu'elle n'a pas et qu'elle ne mérite pas. Ce n'est pas parce que quelques "intellectuels" ou quelques artistes ont aimé ou aiment les spectacles du type corrida qu'il faille oublier, que pour l'animal, celle-ci est une épreuve de torture déguisée en spectacle festif.

Toréer = lutter, c'est à dire combattre contre un taureau. Or on oublie bien vite que dans la tauromachie espagnole ce n'est pas UN homme qui lutte contre un animal, mais une équipe de 6 professionnels de la maltraitance, c'est à dire 2 picadors, 3 peones et un matador, tous parfaitement entrainés et connaissant bien le comportement des bovins et particulièrement ceux qui sont sélectionnés pour les arènes. Chacun ayant un rôle bien déterminé, limitant ainsi au minimum le risque du matador.

Bien sûr, vous auriez pu inviter Henri CALLAT, Professeur de philosophie  qui aurait donné une autre vision de la tauromachie, toute aussi scientifique que vos invités (voir http://www.flac-aquitania.org/article-11754854.html). Vous auriez pu inviter également la philosophe Elisabeth de Fontenay (voir http://www.flac-aquitania.org/article-13658809.html), ou encore le juge Gérard Charollois (voir http://www.flac-aquitania.org/article-12721197.html). Mais non, vous avez délibérément donné la parole à des scientifiques amateurs de tauromachies dans lesquelles la maltraitance, la torture et la mort d'animaux sont idéalisées, esthétisées et les tortionnaires héroïsés. 

Il existe aussi des toreros repentis, en particulier Chiquilín, alias Rafael Jiménez González, torero de Cordoue, qui durant sa carrière a tué quelques 500 taureaux. Au cours d'un entretien donné le 28 octobre 2007 au périodique espagnol ABC.es, il disait notamment «Yo he visto a toros llorar» (« j’ai vu des taureaux pleurer »), et un jour il a pris conscience que les taureaux souffraient et a décidé d'arrêter (voir article http://www.flac-aquitania.org/article-13893540.html). Mais, visiblement, vous n'avez pas pris soin de le contacter et avez par contre invité un matador fier de son passé de tueur et de sa fonction de directeur de l'école tauromachique de Nîmes, ce qui dénote un certain parti pris dans l'organisation de ce colloque...

De tous les intervenants invités, seuls 3 trois ont montré que l'approche scientifique n'était pas suffisante et se sont même fait copieusement reprocher de n'avoir pas d'approche scientifique et d'être "anti-corrida" (!). Monsieur Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe, qui a fait une intervention de grande qualité, s'est vu reprocher son analyse parce qu'il a annoncé n'être pas favorable aux corridas ! Quelle imposture en effet !!

En conclusion, ce colloque n'a pas répondu à la question initiale et n'a rien apporté de positif, il a simplement confirmé que cette discussion, qui se voulait scientifique, a été réduite à une approche pseudo théorique et esthétique de la tauromachie espagnole et portugaise où le taureau est une chose abstraite ne servant qu'à valoriser l'homme et à assouvir ses divers phantasmes. Il n'a jamais été pris en compte le caractère violent et cruel de ces tauromachies. Dire que le taureau est fait pour aller et mourir dans l'arène ne relève pas particulièrement d'un niveau scientifique très élevé. Dans une arène, le taureau est un animal acculé, stressé, qui combat pour sa survie, le problème n'est pas celui de la mort mais celui de la cruauté et de la torture pour le plaisir, ainsi que celui des fraudes pratiquées sur cet animal pour que l'homme sorte vainqueur de ce combat truqué, faux et inutile. 

La corrida nous rappelle que le processus d'hominisation n'est nullement parachevé et que le chemin parsemé de cadavres humains et non-humains est décidément encore bien long (Robert Charollois). Le taureau est un paisible herbivore qui n'attaque jamais l'homme mais fuit devant lui. Il ne devient agressif qu'isolé de ses semblables et enfermé dans une arène où coups et blessures l'incitent à se défendre. La corrida est l'affirmation brutale que l'animal, même domestique, n'a aucun droit et que, contre lui, l'homme peut tout se permettre, y compris le torturer à mort pour se distraire.

Tant que torturer des bêtes à mort sera un divertissement vanté par les media et par certains "scientifiques" ou artistes, il paraîtra encore plus normal de maltraiter des animaux pour des impératifs économiques (élevage intensif), ou encore pour la recherche médicale (bien que le modèle animal ne soit pas un modèle représentatif du modèle humain). 

Dans le cas où vous décideriez d'organiser un nouveau colloque sur un thème de tauromachie, je vous demande de penser à inviter la FLAC en tant que participant actif.

Veuillez agréer, Madame, mes salutations distinguées.

Pour la FLAC (Fédération des Luttes pour l'Abolition des Corridas)

JC Laborde

 

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