LA CAMARGUE SACRIFIÉE AU PROFIT DES TAURINS

            UNE ACTIVITE INDESIRABLE A L'EMBOUCHURE DE L'AUDE

 

     Les marécages, impropres à l'agriculture et infestés de moustiques, avaient autrefois très mauvaise réputation. On s'efforçait de les assécher ou de les combler. Puis on a découvert l'extrême richesse des « zones humides» en flore et en faune. Dans l'étang de Vendres ont été recensées 45 variétés d'oiseaux inscrites dans le livre rouge des espèces menacées en France. Autour de l'étang poussent plusieurs dizaines d'espèces végétales très rares dont 8 sont légalement protégées. Les cueillir ou les détruire est interdit. Cette zone humide est un ultime refuge où subsistent des fossiles vivants. Le Conservatoire du littoral a entrepris d'acheter l'étang pour protéger cette inestimable biodiversité. La basse plaine de l'Aude a été confirmée comme zone de protection spéciale par l'arrêté ministériel du 26/10/04.

 

     Or dans ce territoire légalement protégé sont élevés des centaines de bovins destinés à la tauromachie. En broutant et piétinant, ces lourds herbivores ont fait disparaître toute végétation sur de vastes surfaces. Combien de plantes rares ont été ainsi détruites ?

 

                                         

 

     La disparition du couvert végétal a privé la faune sauvage d'abri et de nourriture.

                                                                           

     Combien d'espèces animales rares ont été ainsi acculées à l'exode ou à la disparition ?

     

 

     Le Conservatoire du littoral devrait s'opposer à ce saccage mais pour les pouvoirs publics la tauromachie est intouchable(sic!).

 

 Les prés salés qui entourent l'étang sont sillonnés par une multitude de petits fossés dont le rôle est d'évacuer les eaux résiduelles du printemps pour relancer la croissance végétale. Or le piétinement des bovins efface ce système de drainage superficiel et compromet ainsi la production fourragère.

 

 Dans nos villages viticoles, les champs sont traditionnellement toujours ouverts. Chacun, propriétaire ou non, pouvait autrefois se promener librement partout, dans les prés comme dans les vignes. Cette liberté de mouvement a disparu. L'élevage de taureaux de combat exige de fortes clôtures. Le manadier les a multipliées pour morceler les vastes surfaces qu'il utilise. Une bonne partie de la basse plaine de l'Aude, notamment le Canton et l'Estagnol, est aujourd'hui hérissée de barbelés qui font obstacle aux promeneurs, aux amoureux de la nature, à tous les villageois, provoquant conflits graves et gestes violents.

 

Incompatible avec la survie des espèces végétales et animales de l'étang, nuisible à la qualité des prés, incompatible avec les usages et la culture de la population locale, la manade Margé ferait sagement d'aller s'installer ailleurs.

 

Comité biterrois MNLE (Mouvement National de Lutte pour l'Environnement)

Association agréée membre du Haut Comité de l'environnement

 l bis rue Auber 34500 Béziers tél : 04 67 76 28 56