DOSSIER
Feria de France (juin 2002)

2003 : la récidive
Olé! Carmen !

STADE DE FRANCE

"FERIA DE FRANCE"
AU STADE DE FRANCE
EN JUIN 2002

à Monsieur le Préfet
Bernard HAGELSTEEN
Préfecture de Seine St Denis
124, rue Carnot
93007 BOBIGNY Cedex

Objet : “Feria de France”
au stade de France en juin 2002

Agde, le 2 septembre 2001
Monsieur le Préfet,

Des festivités du nom de “Feria de France” sont prévues pour le mois de juin 2002 au Stade de France.
Les ferias sont ces réjouissances hispanisantes données dans quelques villes du sud de la France au cours desquelles ont lieu des corridas dans les arènes (Nîmes, Béziers, Arles, Bayonne, Mont-de-Marsan, etc)
Or, aux termes de l’alinéa 3 de l’article 521 – 1 du Code Pénal, la corrida est simplement tolérée sur des secteurs pouvant se prévaloir d’une “tradition locale ininterrompue”. (Ce qui veut dire qu’elle est interdite sur la majeure partie du territoire français.)
Les organisateurs (dont Jean-Christophe Giletta, directeur des grands événements au Stade de France) soucieux de diversifier les spectacles, proposent donc un spectacle comportant tout à la fois des démonstrations de tauromachies autochtones (Camarguaise ou Landaise) et des tauromachies ibériques à la mode portugaise ou espagnole en prenant soin toutefois d’en supprimer les divers actes de cruauté susceptibles d’une part de heurter la sensibilité des spectateurs non avertis et, d’autre part, de tomber sous le coup de la loi.
Ainsi le lobby tauromachique lance-t-il une nouvelle offensive en direction du Stade de France cette fois, haut-lieu symbolique avec la Coupe du Monde de Foot en 98, partant, vitrine internationale.
Par ailleurs, malgré la propagande permanente dont elle bénéficie sur l’ensemble du territoire, la corrida perd régulièrement des adeptes et doit impérativement en trouver de nouveaux au risque de disparaître prématurément aux yeux de ses promoteurs.
Sans oublier le fait qu’elle est régulièrement déficitaire, même dans les villes taurines les plus importantes.
S’agissant à présent plus précisément du sentiment des Français, les chiffres rapportés par les différents sondages parlent d’eux-mêmes.
Nous citerons notamment le plus récent concernant la ville de Fréjus.
Réalisé par l’Institut Ipsos en février 2001 pour le compte de la F.L.A.C et du Collectif Anti Corrida de Fréjus, il indique :
- 62 % des Fréjusiens interrogés se prononcent contre l’organisation de corridas dans leur ville.
- 78 % désapprouvent le financement public des corridas (Ville / Département / Région)
- 86 % affirment que la corrida ne fait pas partie de leur culture.
Ces chiffres corroborent ceux du sondage Louis Harris réalisé au plan national en mai 93 pour le compte de Globe-Hebdo:

Refus absolu : 68 % + Non intéressés : 15 %
Total des deux : 83 %

Nous dirons de la corrida qu’elle est une survivance d’archaïsmes ancestraux avec lesquels il est grand temps d’établir une rupture définitive et nous ne pensons pas qu’il faille, sous couvert de festivité, donner une nouvelle tribune à la plus extrême violence consistant à placer un être vivant sensible dans des conditions telles qu’il ne puisse rien faire d’autre que de subir le bon vouloir de ses tortionnaires.
Nous poserons que les personnes sensées ne peuvent imaginer se divertir aux dépens d’un animal alors que la violence est à juste titre de plus en plus réprouvée.
Et même si pour l’heure il ne s’agit que de simulacre, c’est déjà un pas de trop sur le chemin de l’horreur. En effet, notre expérience du milieu tauromachique nous a prouvé que ces spectacles, anodins en apparence, constituent en réalité une promotion de la corrida génératrice de sévices graves et d’actes de cruauté à animal. Ils sont le tremplin qui, permet année après année, de franchir des étapes vers les corridas formelles.
En conséquence, au nom de la Civilisation et au nom du respect des divers mondes du vivant, nous nous voyons dans l’obligation de vous demander de prendre instamment toutes dispositions visant à interdire purement et simplement ces festivités du nom de “Feria de France”.
Nous serons quant à nous particulièrement vigilants et poursuivrons, en partenariat avec le GRAAL et avec toutes les associations de Protection Animale désireuses de dénoncer ce type d’exhibition, toutes démarches visant à préserver l’image du pays des Droits de l’Homme, toujours dans le cadre d’actions pacifiques et non-violentes.

Vous remerciant par avance de prêter attention à ces modestes lignes, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet de la Seine-Saint-Denis l’expression de notre considération distinguée.

Pour la F.L.A.C
La Présidente
Josyane QUERELLE

Copies à :
- Monsieur Patrick BRAOUZEC / Maire de Saint-Denis
- Monsieur Gaëtan DESRUELLES / Président du Consortium Stade de France
- Monsieur Jean-Christophe GILETTA / Directeur Grands Evénements Stade de France
- Madame Marie-Georges BUFFET / Ministre de la Jeunesse et des Sports
- Monsieur Jean GLAVANY / Ministre de l’Agriculture
- Monsieur Daniel VAILLANT / Ministre de l’Intérieur
- Monsieur Jean-Paul HUCHON / Conseiller Régional d’Ile de France

STADE DE FRANCE : Feria en juin 2002
Projet apparemment à l’eau ! … pour l’instant !

25 avril 2001 :

C’était précisément ce jour où nous menions une action en direction de l’Assemblée Nationale en partenariat avec le GRAAL que ce dernier nous informait d’un projet de festivités tauromachiques au Stade de France pour 2002.
Entre autres réjouissances “hispanisantes” étaient prévues des démonstrations des diverses tauromachies autochtones (landaise, camarguaise) et ibériques.
Pour ces dernières, Jean-Christophe Giletta, directeur des Grands Evénements au Stade de France, avait fait appel aux conseils d’un certain Robert Margé, directeur des arènes de Béziers et à ceux de Simon Casas, directeur des arènes de Nîmes.
Précision : il n’était cependant pas prévu d’utiliser les instruments de torture que sont la pique, l’épée et poignard et pas davantage les banderilles (même “non offensives” comme ils le prétendent parfois !)
Le risque étant évidemment pour les organisateurs de tomber sous le coup de l’article 521-1 du Code Pénal qui sanctionne les actes de cruauté et les sévices à animaux dans ses deux premiers alinéas mais les exonère dans son 3ème alinéa s’agissant des courses de taureaux, lorsqu’elles sont pratiquées dans un secteur pouvant se prévaloir d’une “tradition locale ininterrompue” !
A l’évidence la région parisienne ne peut se prévaloir d’une telle tradition même si Lutèce vit précisément jadis des corridas dans les arènes du même nom. Aussitôt l’alerte est donc donnée en direction des associations de Protection Animale.
Les media ne tardent pas à nous contacter et dès le 11 mai 2001, l’AFP fait état de l’indignation de la F.L.A.C, du GRAAL et de la Fondation Bardot face à un tel projet.
Le 18 mai, la Présidente de la F.L.A.C est appelée à s’exprimer en direct sur les ondes de RMC Paris face à Jean-Christophe Giletta.
Interview du journal The Independant puis c’est au tour du journal Le Monde de citer la F.L.A.C et la FBB dans un article paru le 20 juin 2001.
Par ailleurs, il convient de noter de sérieuses réticences chez certains tenants de la tauromachie qui s’interrogent sur le bien fondé de cette volonté d’un tel spectacle aux portes de la capitale.
Simon Casas lui même « reste prudent quand il s’agit “d’exporter” la corrida car ceux qui y sont opposés peuvent considérer cela comme de la provocation » confie –t-il sur Corrida.net du 16 mai.
Lors de sa confrontation aux organisateurs de “Feria en Savès” à Rieumes en date du mardi 5 juin 2001 dans les locaux de La Dépêche à Toulouse, la Présidente de la F.L.A.C a pu mesurer le peu d’enthousiasme des promoteurs de la fameuse novillada du 15 juillet pour le projet de leurs coreligionnaires en région parisienne.
Ils ont même carrément ouvertement fait part de leur peu d’enthousiasme pour les Margé, Casas et consorts. L’aficion se fissurerait-elle ?
Ils ne seront pas les seuls à s’interroger en ce sens puisque Midi Libre du 23 septembre titre : « L’UVTF : pas de corrida à Paris »
Tous les représentants de l’Union des Villes Taurines Françaises réunis à Nîmes estiment qu’ils ne faut pas cautionner ce type de projet et iraient même jusqu’à s’en désolidariser.
Pourtant le fournisseur de chevaux pour les corridas à Nîmes déclarait déjà dans Sol y Moscas d’avril 98 : « Pour survivre, il faudrait organiser des corridas à Lutèce. » ! ! Tiens, tiens, l’idée ne serait donc pas nouvelle ? !

Réactions des opposants :

Ils s’insurgent en très grand nombre contre cette volonté de faire entrer l’ignoble corrida par la grande porte, formule “light” pour commencer !
Pour sa part la F.L.A.C met en garde les personnalités suivantes :
- Le Préfet de Seine St Denis : Bernard Hagelsteen (qui répond)
- Le Maire de la ville de St Denis : Patrick Braouzec (qui répond)
- Le ministre de la Jeunesse et des Sports : Marie-Georges Buffet
- Le ministre de l’Intérieur : Daniel Vaillant (qui répond)
- Le ministre de l’Agriculture : Jean Glavany (qui répond)
- Le Conseiller Régional d’Ile de France : Jean-Paul Huchon
- Le Président du Consortium Stade de France : Gaëtan Desruelles
- Le Directeur des Grands Evénement du S. de F : Jean-Christophe Giletta.
Les adhérents sont également sollicités pour intervenir auprès des responsables.
La réponse du ministère de l’Agriculture en date du 9 octobre dernier laisse présager un dénouement plutôt favorable aux “antis” lorsque la Directrice Générale de l’Alimentation, Catherine Gestain-Lanéelle précise :
« …Je constate que cette initiative, sous des aspects de fête hispanique, risque d’imposer en région parisienne une pratique qui n’est en aucun cas conformae à la législation française… »
Et enfin ce dernier courrier en date du 17 décembre émanant du maire de Saint-Denis, M Patrick Braouzec :
« Votre courrier me faisant part de votre opposition à l’organisation d’une feria au Stade de France en juin 2002, a retenu toute mon attention. A ce propos, je souhaite vous rappeler que la ville de Saint-Denis n’intervient pas dans la programmation des manifestations qui se déroulent au Stade de France. Je tiens néanmoins à vous informer que votre courrier ainsi que les autres nombreux courriers de particuliers ou d’associations qui ont manifesté leur mécontentement à l’égard de cette feria ont finalement permis d’éclairer le Consortium Stade de France dans sa décision finale puisqu’elle n’est pas inscrite dans le calendrier des manifestations du Consortium Stade de France pour l’année 2002… »

Conclusion :

Nous ne pouvons que nous réjouir toutes et tous ensemble de ce résultat réconfortant qui est assurément le produit d’une très large et très massive opposition de la Protection Animale face à un lobby taurin toujours en quête d’événements susceptibles de lui servir de tremplin pour introduire la corrida dans des secteurs non tolérés par la loi précédemment citée.
Nous nous devons cependant de rester encore particulièrement vigilants car nous savons que les promoteurs de tauromachie ne renonceront pas aussi facilement.
Après 2002, il y a 2003 !

Composition du Collectif à l'intiative du GRAAL :

Association BOURDON, Coordination anti-taurine de Marseille, Ligue Contre la Cruauté, SPA Pyrénées Orientales, Mouvement Chrétien pour l'Écologie et la Protection Animale (MCEPA), association GORILLA, S.P.O.V., association RESPECTONS, IPA, Coordination et Information en Faveur des Animaux Martyrs (C.I.F.A.M.), Alliance Végétarienne, Ligue Française Contre la Vivisection (L.F.C.V.), Collectif anti-corrida de Fréjus, L'Homme et l'Animal dans la cité, APAP Tossa de Mar, CHEM, Oeuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoir (O.A.B.A.), Fondation Ligue Française des Droits de l'Animal (L.F.D.A.), Fédération de Liaisons Anti-Corrida (F.L.A.C., des vétérinaires, des intellectuels, des journalistes et diverses personnalités

2003 : La récidive !

On les a empêchés d'entrer par la porte en 2002,
ils veulent rentrer par la fenêtre en 2003 !
Quand nous disions qu'il fallait rester vigilants.
Cette fois, ils choisissent la voie royale de l'opéra pour nous faire, coûte que coûte, ingurgiter la corrida !
Carmen par-ci Bizet par-là !
" Images dynamiques de corrida " sur écrans géants le samedi 20 septembre

ILS N'ONT PAS LE DROIT !

Nous savons aujourd'hui ce qu'il en est de leurs collusions.
Nous savons aujourd'hui qu'ils ont investi tous les rouages de la société.
C'est une déferlante barbare mais la France n'en veut pas !
Qu'ils sachent bien que nous ne resterons pas inertes !

NON à la VIOLENCE !
NON à la CORRIDA
au Stade de France et ailleurs !

2001, Féria de France
2003, Olé ! Carmen
le Stade de France a de la suite dans les idées

Groupement de Réflexion et d'Action Animal Libération (G.R.A.A.L.),
Fédération de Liaisons Anti Corrida (F.L.A.C.),
Convention Vie et Nature pour une Écologie Radicale (C.V.N.),
Comité Radicalement Anti Corrida (C.R.A.C.)
Fédération Agissons

communiqué de presse - 18 septembre 2003
Samedi 20 septembre 2003, une représentation "inédite" de "Carmen" l'opéra de Bizet, rebaptisé pour l'occasion "Olé! Carmen", aura lieu au Stade de France. Au delà de la qualité artistique du projet sur laquelle nous ne nous prononcerons pas, nous devons dénoncer la manœuvre habile des instigateurs de ce spectacle.

Il faut se souvenir en effet que la direction du Stade de France avait en 2001 tenté d'organiser un spectacle "Feria de France" avec le concours des directeurs des arènes de Nîmes et de Béziers, où les "meilleurs toreros" devaient faire des démonstrations de corrida sur des taureaux spécialement transportés. Sous la pression des associations de défense animale, les responsables du Stade de France avaient alors déprogrammé le projet. Ils n'ont cependant pas, nous le savons et ils le déclarent d'ailleurs dans la presse, renoncé à leur idée initiale : organiser un spectacle d'inspiration tauromachique.

Aujourd'hui, en utilisant une oeuvre mondialement connue telle "un cheval de Troie", l'objectif est de faire passer le message subliminal que la corrida est un spectacle festif et convivial. Cependant, ils n'ont pu éviter d'afficher certains éléments, notamment le lien informatique avec les arènes de Nîmes, dans le site dédié au spectacle.

Or nous le rappelons avec force :
la corrida, mise en spectacle de la souffrance et de la mort d'un être vivant sensible, n'est rien d'autre qu'une barbarie.

La loi le reconnaît implicitement avec l'article 521-1 du Code Pénal, qui sanctionne par des peines de deux années d'emprisonnement assorties d'une amende de 30 000 euros les courses de taureaux comme étant des actes de cruauté sur animaux lorsqu'elles se déroulent hors des zones dites de "tradition locale ininterrompue" (sud de la France)

Nous avons averti la direction du Stade de France du risque qu'elle prenait à programmer des spectacles pouvant s'avérer litigieux. Nous avons également informé les partenaires permanents du Stade de France et les partenaires du spectacle. Nous regrettons que certains d'entre eux aient préféré garder le silence et que d'autres aient jugé bon de se retrancher derrière une neutralité de mauvais aloi.

D'autre part, en mandatant un huissier, chargé de constater tout élément étranger au livret de l'œuvre de Georges Bizet et mettant en valeur la tauromachie, nous nous réservons de donner les suites qu'il conviendrait à l'obstination du Stade de France de promouvoir la corrida en région Ile de France.

Notre action, soutenue par le Pr Albert Jacquard, qui était déjà à nos côtés cet été à Carcassonne, et les Verts d'Ile de France, s'inscrit dans la lutte que nous menons contre une pratique sanguinaire et archaïque, rejetée depuis de nombreuses années par une majorité de Français.

Samedi 20 septembre 2003, nous serons présents à St Denis, pendant toute la durée de la représentation.


Information
A l'attention des spectateurs de l'opéra "Olé! Carmen" au Stade de France

Madame, Mademoiselle, Monsieur,
Nous souhaitons vous mettre en garde au sujet des images de corrida éventuellement projetées ce soir.
De telles images pourraient être considérées comme une publicité déguisée pour la corrida, pratique cruelle où des taureaux sont torturés à mort.

Ce soir, vous allez peut-être au stade de France voir l'opéra "Olé! Carmen". Nous souhaitons vous apporter quelques informations sur ce spectacle.

Pour votre compréhension, nous devons remonter à l'année 2001. Nous apprenions alors que la direction du Stade de France organisait pour 2002 un spectacle intitulé "Féria de France", avec le concours des directeurs des arènes de Nîmes et de Béziers (respectivement Simon Casas et Robert Margé). Des taureaux devaient être amenés pour l'occasion et les "meilleurs toreros" faire des démonstrations de corrida (sans toutefois de mise à mort *).

La mobilisation des associations de protection animale a fait capoter ce projet. Nous savons cependant que la direction du Stade de France n'a pas renoncé à l'idée d'un spectacle à connotation tauromachique. M. Gilletta, responsable des grands évènements au Stade de France, l'a d'ailleurs tacitement reconnu dans une interview au quotidien "Aujourd'hui en France" du 21 août 2003 :
"Si le projet de grande féria -qui aurait été une corrida sans mise à mort- est pour l'instant abandonné, vu le déchaînement des lobbys, (...)"
Dans "Le Journal du Dimanche" du 14 septembre 2003, on peut lire que "... outre des opéras, le consortium travaille sur des projets plus inattendus comme les "jeux du cirque" ou une corrida, sans mise à mort..."

La programmation de "Olé! Carmen" nous a donc alertés. La concordance entre les intentions de la direction du Stade de France, le choix d'une œuvre dont l'action se passe en Espagne et dont l'un des personnages est toréador et la déformation du titre en "Olé! Carmen" ne pouvant être une coïncidence. En juin sur le site Internet dédié au spectacle, nous avons constaté des références claires aux pratiques taurines :
- lien avec le site Internet des arènes de Nîmes
- descriptif de mise en scène sans ambiguïté : "jeux tauromachiques des enfants" (acte I)
- les spectateurs assistent, "sous forme de gros plans suggestifs, à la corrida qui se déroule à l'intérieur de l'arène et dont la musique nous donne à entendre les vivats. Au moment du meurtre, (…) tandis que le sang du taureau recouvre les écrans." (acte IV)

La conception et la programmation de "Olé! Carmen" s'inscrit à l'évidence dans l'objectif global d'extension de la corrida de la part des professionnels du milieu taurin. De nombreuses villes, pas ou plus concernées par la corrida, comme Carcassonne l'an dernier, Toulouse, Perpignan cette année, sont ainsi visées.

Nous avons adressé un courrier à la direction du Stade de France, attirant son attention sur le risque qu'elle prendrait à programmer des spectacles pouvant s'avérer litigieux. Un autre courrier d'information a été également envoyé aux partenaires permanents du Stade de France ainsi qu'aux partenaires du spectacle.

Dans sa réponse du 11 août, la direction du Stade de France nous informait que le lien Internet avec les arènes de Nîmes "résulte d'un accord de partenariat promotionnel", et nous assurait "qu'il n'y a pas lieu de faire une analogie entre le spectacle "Olé! Carmen" et le projet non abouti de spectacle "Féria de France". Cependant fin août, sur le site internet du spectacle, les références à la corrida avaient disparu du descriptif de l'acte IV.

Il nous a paru nécessaire de vous faire connaître les "dessous" de l'opéra "Olé! Carmen".

nous tenons à vous mettre en garde contre l'aspect fallacieusement festif des images de corrida projetées.

En aucun cas la souffrance et la mort d'un animal, quel que soit l'apparat qui les entourent, ne peuvent être objets de spectacle et de divertissement.

Vous remerciant de votre attention, nous vous souhaitons une agréable soirée.

* La loi reconnaît la corrida comme acte de cruauté envers animaux, lorsqu'elle est exercée hors des zones dites "de tradition" (sud de la France) : Art. 521-1 (L. n° 99-5 du 6 janv. 1999) du Code Pénal. Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. A titre de peine complémentaire, le tribunal peut interdire la détention d'un animal, à titre définitif ou non.
Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsque une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.
Est punie des peines prévues au premier alinéa toute création d'un nouveau gallodrome.
Est également puni des mêmes peines l'abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, à l'exception des animaux destinés au repeuplement.

Tract distribué le 20 septembre 2003 aux spectateurs allant voir "Olé! Carmen" au Stade de France
Réalisation : Groupement de Réflexion et d'Action Animal Libération (G.R.A.A.L.),
Fédération de Liaisons Anti Corrida (F.L.A.C.),
Convention Vie et Nature pour une Écologie Radicale (C.V.N.),
Comité Radicalement Anti Corrida (C.R.A.C.)
Fédération Agissons


Compte-rendu de l'action
Y aurait-il quelques chose à cacher ?
Comme annoncé, notre équipe composée entre autres des représentants du GRAAL, de la FLAC, de la Convention Vie et Nature pour une écologie radicale, de la Fédération Agissons était à St Denis pour informer pacifiquement le public en lui distribuant un tract de mise en garde sur la nature des images de corrida éventuellement projetées.

Nous avons ainsi diffusé plus de 10 000 tracts auprès des personnes souvent ignorantes de cette projection d'images et qui ont bien accueilli notre information, se montrant même choquées de cette éventualité.
En revanche, l'huissier que nous avions dépêché pour constater tout élément étranger au livret de l'opéra Carmen et relevant de la promotion de la corrida, a été, par toutes sortes de moyens, gravement entravé dans sa mission par le Stade de France ; il a malgré tout rempli sa tâche mais dans de très mauvaises conditions.
Pour situer l'ambiance d'avant spectacle, il faut dire que le Stade de France avait tenu à assurer jusqu'au bout sa mission de "vulgarisation de l'art lyrique", avec l'installation autour du Stade de baraques à frites et saucisses, diffusion de musiques d'inspiration espagnole et à intervalles très réguliers, des annonces publicitaires pour telle ou telle marque de boisson rafraîchissante ou barre chocolatée ...
Quant au spectacle lui-même, peut-être l'avez-vous vu en direct samedi 20/9, ou en rediffusion dimanche après-midi 21/9, à la télévision sur une chaîne câblée, nos craintes se sont avérées fondées. Il y a bien eu promotion de la corrida, particulièrement au dernier acte (le site Internet du spectacle l'annonçait d'ailleurs, jusqu'à ce que la direction du Stade de France reçoive notre courrier car, fin août, le descriptif du site avait été étrangement "allégé" de toute mention taurine), où l'on a vu longuement un matador tuer un taureau ensanglanté.
Il n'y a maintenant plus de doute possible : après la tentative avortée du spectacle "Feria de France" en 2001, l'entreprise "promotion de la corrida" continue au Stade de France et l'opéra Carmen a été utilisé à cette fin. Nous avons donc tous motifs de mener notre action.

Valérie Sofroniadès
Secrétaire du CVA

Lire également le compte-rendu de notre délégué FLAC à Paris

Au stade de France, sous le manteau culturel, l'abaissement humain est célébré.
Ce pays tolère la férocité sublimée en spectacle ce qui prouve que nous errons encore dans les brumes d'une sombre préhistoire.
Consciences éveillez-vous , il est déjà bien tard.

Gérard CHAROLLOIS / Convention Vie et Nature pour une Ecologie Radicale

Côté GRAAL, l'affaire fut rondement menée, avec enlèvement des prospectus le matin, et distribution en fin d'après midi. Je fus chargé de garder le stock dans cette importante gare routière.
Les adhérents se sont positionnés aux points stratégiques, de sorte que les 10.000 tracts sont très vite partis.
J'ai vu des personnes en demander deux exemplaires, mais aussi d'autres qui les jetaient au panier, ce qui m'a donné l'occasion, par deux fois, de fouiller les poubelles, pour la première fois de ma vie, afin de les récupérer et les rapporter pour seconde distribution !!Il n'y a pas de petits profits !!
A 18. h 45 j'étais en faction devant le Décathlon face aux entrées G. Est et H. Est où Valérie Sofroniadès est venue me rejoindre.
Vers 19.00 heures, l'huissier de justice arrivait avec son assistante.
Nous nous sommes présentés vers 19 h 15 à la porte ' S' comme prescrit, et fûmes accueillis par un petit comité de 4 / 5 personnes, dont un responsable qui semblait tutoyer l'huissier, et une égérie un peu excitée, laquelle n'arrêtait pas de clamer ' sans ticket, ils n'entreront pas ' Tout ce monde, le portable à la main.
L'huissier appelait aussitôt le Commissaire de Police local tandis qu'apparaissait sur la place intérieure une jeune femme de rouge vêtue, le torse raide sur son cheval bai auquel elle faisait exécuter quelques figures, afin de bien montrer au peuple présent combien l'image de la corrida est après tout sympathique.
Puis on nous fit repasser le tourniquet et sortir, l'assistante et moi, l'huisier étant légalement seul autorisé à rester à cet endroit.
Puisqu'il fallait payer notre billet d'entrée, pourquoi pas, mais peut-être aurait-on pu nous le fournir tout de suite afin de calmer ce jeu devenu morbide ? Pas du tout. Il nous fallait aller porte 'N' avec ses soixante mètres de queue sur quatre rangs !
L'huissier, que j'apercevais au loin, palabrait toujours avec son responsable local et j'ai compris que le ' Conseiller technique ' avec son étiquette FLAC , subitement persona non grata, devenait le grain de sable qu'il convenait
d'éliminer à tout prix. Car si ultérieurement, l'assistante fut autorisée à rejoindre son chef, et à entrer cette fois sans ticket, il était formellement exclu que je puisse en faire autant. C'est ce qu'elle m'a laissé entendre, en me quittant précipitamment !!
Ici, la FLAC se heurte à un mur d'argent fabuleux, et ce ne sont pas la torture et les souffrances de six malheureux taureaux qui empêcheront la justice française, les médias français et les ' parrains ' du stade de France, tous gavés de prébendes, à accepter qu'un inconnu, même mandaté, vienne troubler l'ordre financier établi.
Je suis donc tristement reparti, face à cette déferlante habillée de blanc, manipulée à l'extrême, incapable de se rendre compte que l'œuvre de Bizet n'était qu'un prétexte.
Etaient-ils vraiment mélomanes, ceux qui demeureront impassibles devant cet œil noir qui les regarde et applaudiront à tout rompre ces pantins que les projecteurs du Stade revêtiront d'un habit de lumière ?
J'en doute car, examinant cette foule compacte, aux deux tiers féminine, je n'ai pu m'empêcher de répéter à plusieurs reprises le long de la rambarde qui me guidait vers la sortie, et à voix haute ' donne leur du pain et des jeux ' mais personne ne s'est retourné.
Panurge est toujours d'actualité, mais moi j'ai peur de la foule. Encore celle-ci était-elle pacifique heureusement !!

En conclusion, je suis désormais convaincu que la FLAC, ainsi que ses filiales associatives, irritent fortement les instances en place. Elle fait obstacle à tous ceux qui, de plus en plus nombreux, veulent gagner cet argent facile, sans même se préoccuper de la Loi, laquelle est réservée aux Français d'en bas. La phénoménale promotion de la corrida et son ascension hors des territoires qui lui ont été scandaleusement concédés, en est, aujourd'hui encore, la preuve la plus formelle. A mon humble avis, le ver a déjà fait trop de dégâts dans le fruit septentrional, et il va vous falloir frapper beaucoup plus haut, pour mettre un terme à leurs prétentions. Et vite !!!