Dans la lutte que nous menons toutes et tous contre la corrida, il est un domaine particulièrement complexe : c'est celui du juridique.
Il faut en effet savoir que l'article 521-1 du Code Pénal qui régit la pratique de la corrida sur le territoire français est l'un des plus contradictoires qui soit. Il condamne dans son premier alinéa, ce qu'il tolère dans le troisième !
Cette tolérance concerne uniquement les courses de taureaux et les combats de coqs. Ainsi, les taureaux (dits "de combats" !) peuvent subir des actes de cruauté et sévices graves là où une "tradition locale ininterrompue" peut être revendiquée.
A l'origine le législateur qui avait amendé la loi Grammont en avril 1951, l'avait fait dans le but de restreindre géographiquement la pratique de la corrida.
Or, depuis une dizaine d'années, le lobby tauromachique ultraminoritaire mais particulièrement influent a réussi à investir toutes les sphères de la société.
Ainsi, les diverses procédures entamées par la Protection Animale pour dénoncer les dérives de la tauromachie furent à peu près toutes vouées à l'échec.
Les jugements se basant sur une interprétation extensive du texte en question, le terme de "locale" ne sous-entend donc plus une localité mais un "ensemble démographique" et la "tradition" reste par ailleurs vivace alors même qu'aucune corrida formelle n'a lieu mais que des festivités du type danse, expos photos, peintures faisant la promotion de la corrida sont organisées par les inconditionnels de la torture.
Désormais, les pleins pouvoirs sont accordés à une frange de la population qui prospère sur l'exaltation du sadisme et de la perversion.
S'agissant à présent des villes de Rieumes et Carcassonne, deux villes symboliques d'un changement fondamental de l'évolution de la corrida sur le territoire français, la F.L.A.C a opté pour des plaintes au Pénal.
Un délit devant être constitué pour être sanctionné, toute démarche préventive s'avère quasiment vaine.
Bref historique : RIEUMES (Haute-Garonne) : dimanche 4 juillet 99. C'est là que tout a commencé. La SNDA (Société Nationale de Défense des Animaux) avait alors intenté une action en référé contre les organisateurs de la "becerrada" (acte de tauromachie mettant en scène des veaux de 1 à 2 ans, toréés par des adolescents). Elle avait obtenu l'interdiction de la pause de banderilles dites "offensives" ! sous astreinte de 100.000 F. Les organisateurs avaient immédiatement relevé appel de cette décision. L'appel étant suspensif, ils avaient pu faire leur spectacle qui ne comportait pas de mise à mort cette fois-là. (Nous avions sur place des observateurs qui avaient filmé). Le 3 avril 2000, la Cour d'Appel de Toulouse leur donnait raison, reconnaissant entre autre une indéniable "tradition" allant de Bordeaux en Arles (voire Fréjus !) et de la garrigue à la mer ! La SNDA avait aussitôt porté l'affaire en Cassation. En date du 22 novembre 2001, le Cour de Cassation déboutait la SNDA, considérant que l'appel du 3 avril 2000 était conforme. Cet arrêt renforçait donc les tauromaniaques dans leur volonté de reconquête des places en sommeil. (Précision : Dans un même temps, la F.L.A.C avait pour sa part porté plainte au Pénal mais l'acte de cruauté n'étant pas avéré au sens légal, il avait fallu opter pour un désistement.) |
2002 :
il en va tout autrement. Des corridas formelles ayant hélas désormais eu lieu à Carcassonne et à Rieumes, les actes de cruauté étant avérés, nous allons travailler à démontrer que les promoteurs de ces exhibitions scandaleuses ne peuvent bénéficier d'aucune immunité.
CARCASSONNE : (Aude) Dimanche 1er septembre 2002.
RIEUMES : (Hte- Garonne) Dimanche 22 septembre 2002. Josyane Querelle
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