Les dossiers de la Commission Economique

Rappelons en préambule que la commission économique a pour rôle de collecter les informations concernant les aspects économiques, de les traiter et de présenter des travaux d'interprétation et d'analyse.
Pour clore cette année 2002, nous aborderons un premier aspect du financement public de la torture tauromachique : le financement municipal à travers l'exemple de la ville d'Alès
Situation à Alès en 2002

Le financement des activités tauromachiques à Alès

L'action du comité local " Alès-Nîmes " de la FLAC a permis d'obtenir non seulement les subventions directes pour la corrida de 1997 à 2000, mais aussi la copie complète du contrat de délégation qui lie la ville d'Alès à la SARL portugaise " Sociedad Agricola Dos Arinhos " dirigée par Joao Folque de Mendoça. Ces documents n'ont pu être obtenus qu'en faisant intervenir la CADA (Commission d'Accès aux Documents Administratifs qui dépend directement du premier ministre).
Après de nombreux déboires liés à une simple convention signée entre la mairie d'Alès et la société Luc Jalabert jusqu'en 2000, les pouvoirs publics locaux déploraient une forte baisse de fréquentation et un déficit croissant. Ainsi en quatre ans (1997-2000), 469190 francs (71527 euros) ont été versés par la mairie en subvention directe.
A partir de 2001, et pour une période de 4 ans, Joao Folque de Mendoça est donc le prestataire de service pour les spectacles tauromachiques. Sa rémunération annuelle est de 200000 francs (30489 euros). En quatre ans, on passera donc logiquement à 800 000 francs, soit près du double des quatre années précédentes : la gestion de la corrida ne s'améliore pas à Alès pour le pauvre contribuable !
Mais ce n'est pas tout ! Car le prestataire de services perçoit également 50% des droits de retransmission TV, les arènes sont mises gratuitement à sa disposition pendant 8 jours, ainsi qu'une sonorisation. Par ailleurs, la préparation de la piste des arènes avant chaque spectacle, ainsi que le nettoyage des arènes et des abords après chaque spectacle est à la charge de la ville. Du personnel municipal, badgé, est donc mis à disposition du délégataire. Et il y a en tout 5 spectacles (une corrida, une corrida de rejon, une novillada, une capea et une course camarguaise) ! La ville met également à disposition, à ses frais, une ambulance de pompiers et du personnel médical.
Enfin le prestataire empoche 100% des recettes de billeterie et 100% des recettes de la buvette des arènes. La recette de la vente des dépouilles des taureaux lui revient également

C'est ce que l'on appelle un pont d'or !
Le type de contrat s'appelle d'ailleurs de la " Régie intéressée " !
Cela ne s'invente pas !

Nous tentons d'obtenir des informations sur un autre aspect de l'économie de la corrida : le financement public de la commission taurine extra-municipale… Qui paye les déplacements en Andalousie ou ailleurs des membres de la commission quand ces derniers vont choisir les taureaux sur place ? Les contribuables pour changer ?
En définitive, l'ensemble des frais directs ou indirects que doivent payer les contribuables alésiens (n'oublions pas l'entretien des arènes) dépassent largement les 400 000 francs (60978 euros) annuels. Le cas de la ville d'Alès est représentatif du financement public de cette activité si particulière : on annonce un chiffre de subvention directe à un prestataire de service et on multiplie les subventions à des structures " écrans " (commission taurine extra-municipale, clubs taurins…) et les aides indirectes à travers des mises à disposition de bâtiments et /ou de personnel municipal…
Petit détail : l'ensemble des "spectacles" de torture sont gratuits pour les enfants de moins de 10 ans. On fait bien les choses à Alès !
Que soit ici très sincèrement remercié M. Alain Bensakoun, directeur général des services de la ville d'Alès, dont les services, une fois saisis du dossier, ont fait preuve d'une grande efficacité pour nous fournir les informations demandées.

Très important :

Cette action auprès de la mairie d'Alès a été possible en demandant les informations en tant que contribuable de la ville. Si vous habitez une ville taurine, contactez nous ! Vous pourrez nous servir de relais pour entreprendre la même démarche. L'objectif à terme étant d'estimer précisément les financements publics dont bénéficie la corrida dans toutes les villes taurines.

Pour la commission économique, le 31 décembre 2002
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