Monsieur Yves JALABERT
Bureau de l’Urbanisme
Marseille le 30 mai 2005
Madame, Monsieur,
Par lettre en date du 2 mai 2005, en votre qualité de Présidente de « Conscience Animale » vous manifestez votre opposition au projet de construction d’arènes dans le 16ème arrondissement de Marseille.
J’ai l’honneur de vous faire connaître que toute construction, quel qu’en soit l’usage, doit faire l’objet d’un permis de construire qui, depuis les lois de décentralisation, est délivré par le maire, dans le respect des règles d’urbanisme en vigueur.
Pour ce qui concerne les spectacles taurins et notamment les corridas, leur organisation n’est possible que dans le champ juridique défini par l’ordonnance du 13 octobre 1945 et la jurisprudence tant administrative que pénale qui a précisé la notion de tradition taurine ininterrompue.
Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de ma considération distinguée
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L’ADJOINTE au Maire
Déléguée aux permis de construire et aux droits des sols, à l’exercice des droits de préemption, l’habitat, le logement, les relations avec les organismes HLM, la protection des animaux
Mercredi 1er juin 2005
Madame Paquettre PECORARO
Présidente de l’Association
Conscience Animale
Cité des Associations
93 La Canebière
13001 Marseille
Madame la Présidente,
Monsieur le Maire a bien reçu vos correspondances des 9 et 19 mai derniers, concernant votre ferme opposition à voir s’implanter des arènes à Marseille. Ce sujet avait effectivement été abordé il y a quelques années et déjà, Monsieur Jean Claude GAUDIN s’était fortement opposé à la pratique de la tauromachie à Marseille dont ce n’est pas la tradition.
Je vous assure donc de toute la vigilance de Monsieur le Maire sur toute demande d’autorisation qui pourrait lui être adressée. Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Madame la Présidente, à l’assurance de ma considération distinguée.
Danielle SERVANT
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| Christophe MASSE, Député des Bouches-du-rhône, Vice-président du Conseil Général 13, Délégué à l’économie et à l’Aménagement du territoire.
Marseille, le 5 septembre 2005
Madame Paquerette Pécoraro
Madame,
J’ai bien reçu votre correspondance du 6 juillet dernier.
Après lecture, je voudrais tout d’abord vous adresser mes excuses pour le retard accumulé pour vous transmettre une réponse.
J’ai pris connaissance de son contenu et note les arguments nourrissant essentiellement votre opposition résolue aux courses de toros.
Sans aller remarquer le choix d’un vocabulaire savamment sélectionné, je ne peux partager une position aussi tranchée que la votre. Je connais la Provence, son histoire, son passé, ses traditions. Ma famille en est originaire depuis de très nombreuses générations, les traditions séculaires qui jalonnent son histoire ont toujours permis à ses habitants une entière liberté de choix pour apprécier telle ou telle autre pratique. C’est au sein de chaque famille que ces choix s’opèrent et que les traditions sont transmises par les voix coutumières.
Un principe général guide l’évolution de ces traditions, c’est celui du RESPECT DE L’AUTRE. Le respect mutuel du libre choix d’appréciation des différentes pratiques culturelles, sportives, sans aucune oppression : je crois d’ailleurs que nous devons maintenir cette conception pour l’avenir.
C’est à la suite de ce qui précède, que, en ma qualité d’élu local mais aussi de parlementaire, que je ne vois aucune raison à choisir un « camp » dans cette querelle quasi ancestrale et pour laquelle aucune solution n’est à mon avis trouvable. Tout individu dispose du libre choix de se rendre aux arènes pour assister ou nom à des spectacles tauromachiques.
Avant d’oeuvrer ou d’agir pour « une conscience animale », mes actes d’homme responsable me conduisent pour l’immédiat à agir pour que cette liberté que tout être humain possède lui soit préservée avec bien évidemment le respect du devoir lié à tous les citoyens d’une république une et indivisible. Je déplore de nos jours hélas de graves manquements dans notre société à ces principes généraux et constitutionnels.
Je vous prie de croire, Madame, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Cordialement
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Ah ! ils sont costauds les taurins et surtout très influents dans toutes les sphères de la société et notamment auprès des politiques toujours prêts à les satisfaire par crainte de perdre quelques suffrages au moment des élections. Mais ils sont aussi très malins. Ainsi, au lieu de revendiquer la construction d’arènes uniquement réservées à des spectacles tauromachiques détestés par la majorité des Français, ils prennent le problème à l’envers en suggérant l’édification de salles polyvalentes conçues de telle façon que des corridas puissent «éventuellement » y être organisées. Plutôt futé non !. Alors çà et là de nombreux projets fleurissent dans le midi. Voyons de plus près.
Sont menacées: Carcassonne (Aude/11), Marseille (Bouches-du- Rhône/13), Floirac (Gironde/33), La Brède (Gironde/33), Fenouillet (Haute-Garonne/31) Millas (Pyrénées-Orientales/66), Villeneuve les Maguelone (Hérault/34), etc.
« Un jour tu verras, nous irons aux arènes de Marseille… » écrivait Bernard Aubert Président de la Fiesta des Suds de Marseille dans le dépliant éponyme 2005.
« Posséder des arènes c’est enrichir le patrimoine architectural et développer la vie culturelle de Marseille et sa région » (Arènes-Infos-Arles N°1 / mars 2005)
Mieux encore : « Vous pouvez prétendre à bénéficier d’un équipement culturel supplémentaire bâti dans le style d’arènes » (Toros Méditerranée / club taurin qui entend réintroduire les corridas à Marseille)
Et enfin : « Des arènes à Marseille : c’est pas une galéjade ! » (La Provence du 28/03/05)
On aura très certainement compris qu’il y a comme un danger sur la ville !
Mais pas seulement à Marseille…hélas !
Et si la France n’a pas suffisamment de logements sociaux, elle pourrait bien avoir pléthore d’arènes tous acabits !
Voyons un peu :
MARSEILLE (Bouches-du-Rhône/13)
Des arènes à l’Estaque. Le projet date de mars 2005.
« Un projet culturel à ciel ouvert là où s’est tourné le film « Marius et Jeannette» disait la pub ! Le club taurin Toros-Méditérranée lance une campagne pour le retour de la corrida à Marseille. « Avec la plus belle vue cézanienne au monde » précise la revue spécialisée Toros N° 1766 du 25/11/05.
Capacité : 15000 places
Coût : entre 30 et 40 millions d’euros
Particularités : avec en plus un centre de formation aux métiers du spectacle et un parking attenant de 6000 places.
Le projet a été présenté à des représentants de la presse, de la culture, au directeur de la communication de l’OM, au directeur général du cercle des nageurs de Marseille (ah bon ?), au président du concours de boules « Le Provençal » à la longue, et à quantité d’institutions et d’associations qui illustrent d’autres traditions de poids de la vie marseillaise. (Toujours selon « Toros»)
Outre les interventions du Comité FLAC Marseille, nous noterons aussi celle de Estelle Lambert, présidente de Veg’Animaux 83 et surtout celle de Paquerette Pecoraro, présidente de Conscience Animale qui a reçu de nombreuses réponses dont nous reproduisons ci-joint quelques extraits. (à gauche)
CARCASSONNE (Aude/11)
A l’espace Jean Cau sur les berges de l’Aude
Capacité : 8000 places
Coût : 45 millions d’euros
En 2003, feu le maire Raymond Chesa disait alors qu’il fallait « Faire mûrir la réflexion et évoluer les mentalités » (si, si !)
(Actuellement : arènes démontables de 3000 places)
FENOUILLET (Haute- Garonne/ 31)
« Un palais de la culture »
Capacité : entre 10 000 et 15 000 places
Coût : 12 millions d’euros
Particularités : arènes couvertes en hiver
Sur un site de 15 hectares (éloigné de la Garonne, près du lac du Bocage (L’actuel site des Ramiers est en zone inondable)
Selon la dépêche du 30 juin 2003 : la région se dirait prête à aider au financement. Un peu plus tard, dans sa réponse au Comité FLAC Toulouse en date du 23 septembre 2004, le Vice-président du Conseil Régional indiquait que « le financement d’un projet de construction d’arènes en dur à Fenouillet ou aux alentours n’entre pas dans les compétences du Conseil Régional mais relève plutôt d’un financement par la Communauté d’Agglomération du grand Toulouse ».
Faudrait peut-être qu’ils accordent leurs violons !
RIEUMES (Haute-Garonne /31)
A l’étude : achat d’arènes mobiles intercommunales par les municipalités de Rieumes, Fenouillet, Carcassonne, La Brède, Millas, Saint- Martin-de-Crau.
FLOIRAC (Gironde / 33)
En projet depuis l’an 2000
Capacité : 8000 à 9000 spectateurs
Coût : 15 millions d’euros
Particularité : Les arènes actuellement en place sont démontables mais jamais démontées !
Parmi les protagonistes on trouve, l’ex avocat Alain Lartigue, entrepreneur de business taurin (également associé à la gestion des arènes d’Arles) et Victoriano del Rio, entrepreneur de bâtiment.
Après l’annonce d’ennuis de santé d’un des deux concepteurs, ce projet est en veilleuse depuis novembre 2004.
Le COGICA (collectif Girondin Contre les Arènes à Bordeaux) a alerté Christian Tamarelle Président de la communauté de communes de Montesquieu, Philippe Madrelle Conseiller Régional de Gironde, Alain Géhin Préfet de la Région Aquitaine et Gironde. Il a notamment été demandé qu’un appel d’offres soit lancé pour la construction d’une salle «multifonctions » de 10 000 places avec une clause restrictive « contre toute maltraitance animale »
LA BREDE (Gironde /33)
Capacité : 4900 places
Particularité : Il n’y a pas de nécessité d’une enquête publique pour une capacité inférieure à 5000 places.
Les financeurs sont espagnols et néerlandais fédérés par l’homme d’affaires espagnol Antonio Sainz Ruiz qui anime une société consulting juridiquement basée au Luxembourg.
Soutien : Christian Tamarelle, Président de la communauté de communes du « pays de Montesquieu. »
Les constructeurs du projet FLOIRAC ont revendu à la SCI du « Bien Vivre » mise en place par Antonio Sainz Ruiz les terrains dont ils s’étaient rendus acquéreurs à la Brède. Par ailleurs la commune s’est rendue acquéreur d’un terrain proche de la RN 113 et de l’autoroute pour un montant de 450 000 euros.
MILLAS (Pyrénées-Orientales / 66)
Projet de réhabilitation de l’ancienne distillerie dont la cour accueille actuellement les arènes démontables.
VILLENEUVE LES MAGUELONE (Hérault / 34)
Sa prison ne lui suffit pas, il lui faut aussi des arènes !
Comme les Français dans leur immense majorité se disent hostiles aux corridas, les concepteurs ne manquent pas d’imagination pour noyer…les arènes !
Voyez plutôt : Constructions multipolaires / Arènes polyvalentes/ Salles de spectacles multidisciplinaires / Enceintes multi
usages / Lieux scéniques importants / Complexes Multiculturels / Palais de la culture (si, si) / Pôles de loisirs de tourisme et d’hôtellerie (rien que ça) et ils ajoutent « dont les « plazas » constituent le pôle central » !
Equipements culturels, le tout avec des toits rétractables ou des couvertures amovibles, des parking contigus
de grande superficie, des parcs d’exposition accolés aux arènes, et toujours avec une « dimension multifonctionnelle ». On finissait par s’en douter !
Mais c’est pas tout !
Voyez encore ce qu’ils prévoient d’y faire, pêle-mêle:
Grands concerts / Manifestations sportives / Concours de pétanque / Cirque/ Squash / Galas de boxe / Karaté/ Escalade (si,si)/ Arts Lyriques (enfin si l’acoustique est bonne !)/ Patinage sur glace / Expositions / Taureaux piscine (évidemment)/ Escrime, Tennis / Judo / Gymnastique/ Super Cross / Festival international de blue-jean (si, si)/ Théâtre / Vente de produits gastronomiques / Opéras / Jumping international / Beach rugby / Taekwondo / Trial / Catch / Salons de la B.D/

Temples de la torture d'hier... |

...et de demain ! |
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