DOSSIER NÎMES
2004

Manifestation du 11 septembre 2004
Galerie photos
(cliquez dessus pour agrandir)
Photos M Lévy

Lettre ouverte au maire de la ville (remise le jour de la manifestation par une délégation)

Pour une feria sans corrida

2006

La bulle, c'est fini !

Samedi 3 juin 2006 : Les courageux antis au cœur de la Feria

11 septembre 2004
250 manifestants

Défilé dans les rues de la ville
1ème halte: la mairie où nous avons été reçus en délégation après lecture publique de la lettre ouverte au maire Jean-Paul FOURNIER (voir).
2ème halte: L’hôtel Imperator avec remise d’une lettre à Giuseppe DELLE FONTANE le nouveau propriétaire (voir)
3ème halte: la Maison Carrée avec déploiement des banderoles sur l’escalier d’accès (voir photos).
4ème halte: sur le pourtour des Arènes (l’amphithéâtre) avec prise de parole par les responsables des structures participantes.
Ont participé:
Associations:
- Conscience Animale : pdte: Paquie Pecoraro
- CLAN : pdte Marie-Jo Durand
- CRAC: pdt Jean Pierre Garrigues
- FAC Fenouillet: pdte Nathalie Milhas(représentée)
- SPA Paris (représentée) - SPA d’Arles et de la vallée des Baux.
- Des adhérents de l’Alliance pour la Suppression des Corridas
Comités locaux:
- Marseille (Alain Camisuli)
- Carcassonne (Denis Boulbès)
- Perpignan (Jean-Pierre Dunyach)
- Tarascon (Joël Lunel)
- Toulouse (Françoise Latapie).
Lettre ouverte au maire de la ville
À l'attention de :
Monsieur Jean-Paul FOURNIER
Maire de la ville
Mesdames et Messieurs
les membres du Conseil Municipal
Place de l'Hôtel de Ville
30033 Nîmes Cedex 9

Objet : Lettre ouverte

Nîmes le 11 septembre 2004

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs membres du Conseil Municipal,

Nous tenons à rappeler qu'aujourd'hui comme hier, des voix s'élèvent contre la violence, contre toute forme de violence.
Nous tenons à rappeler qu'aujourd'hui comme hier, les citoyennes et les citoyens du monde entendent dénoncer les exactions, toutes les exactions, la corrida n'étant rien d'autre que l'une d'entre elles.
En effet, cette pratique scandaleuse ici ou là perdure grâce à des réseaux mafieux et nous nous appliquons à faire émerger peu à peu la partie cachée de l'iceberg.
Comment peut-on encore aujourd'hui oser affirmer que des mœurs dévoyées sont artistiques !
Elles ne sont rien d'autre que condamnables.
La corrida n'est rien d'autre que condamnable.
Et nous n'avons que faire de pratiques tribales sanglantes habilement qualifiées d'"exception culturelle".
Nous n'avons que faire des discriminations arbitraires au nom desquelles des êtres vivants sensibles sont torturés à mort.
Nous n'avons que faire de la loi du plus fort qui depuis des millénaires fait des victimes innombrables, humaines ou animales.
Nous n'avons que faire d'un fanatisme tauromachique où toutes les valeurs s'inversent et où le héros est un tueur.
Nous n'avons que faire des vues mercantiles à court terme qui utilisent la naïveté des uns et la duplicité des autres.
Nous n'avons que faire de tous les mensonges, de toutes les hypocrisies qui voudraient faire du sadisme un art, une culture !

De tout cela nous n'en voulons plus !
Nous ne voulons plus d'exceptions, de dérogations, de passe-droits pour un acte particulière-ment condamnable.
Nous ne voulons plus que l'argent public serve au financement de la torture, fût-elle d'animaux, et nous demandons des comptes aux municipalités organisatrices.
Nous ne voulons plus d'un commerce qui sponsorise la cruauté et nous demandons le boycott de toutes les entreprises qui la cautionnent.
Nous ne voulons plus de l'embrigadement de la jeunesse, notamment dans les "écoles (dites) de tauromachie" dont nous demandons la fermeture immédiate et définitive.
Nous ne voulons plus de propagande tauromachique en milieu scolaire et nous demandons à ce que la voix des opposants y soit désormais entendue.
Nous ne voulons plus voir des enfants et des adolescents dans les arènes les jours de corridas et nous demandons que leur accès en soit interdit aux moins de 16 ans dans l'attente d'une abolition définitive de la corrida.
Nous ne voulons plus que des amphithéâtres servent à glorifier des pratiques immondes et nous demandons que leurs portes soient désormais fermées aux promoteurs de corrida.

En un mot comme en cent, nous ne voulons plus tolérer l'intolérable.
Ce que nous voulons :

Nous voulons une rupture définitive avec un archaïsme sanglant.
Nous voulons une éducation qui redonne toute sa place au respect des divers mondes du vivant.
Nous voulons une loi débarrassée de ses contradictions et qui retrouve enfin toute sa cohérence.
Nous voulons tout à la fois démythifier et démystifier la corrida car il ne saurait y avoir d'apport culturel ou civilisationnel là où la violence devient la référence.

En conclusion :
Nous dirons qu'aujourd'hui comme hier, nous, précurseurs, sommes là pour dire à celles et ceux qui ont en charge les affaires publiques, de faire preuve de la plus extrême vigilance car aujourd'hui comme hier, nous entendons obtenir l'abolition définitive de la corrida qui fut et reste une honte pour notre nation tout entière et une honte pour notre Humanité.
Nous poursuivrons donc sans relâche jusqu'à ce que la cause légitime que nous avons entrepris de défendre soit définitivement entendue.
Nous savons en cela être désormais aidés par la ville de Barcelone qui a su faire preuve de bon sens en se déclarant ville antitaurine le 6 avril dernier au cours d'un vote historique.
Intimement persuadés que vous aurez à cœur d'aider à l'avancée d'une civilisation digne de ce nom et vous souhaitant bonne réception de cette lettre ouverte, nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillères et Conseillers Municipaux, en l'expression de nos respectueuses salutations.

Pour la F.L.A.C
le Bureau

Lettre de la FLAC à M. Giuseppe DELLE FONTANE
Propriétaire de l’Hôtel Imperator à Nîmes

Monsieur le Directeur,

Vous êtes récemment devenu le nouveau propriétaire de l’Hôtel Imperator, cet établissement cher au cœur des Nîmois.

Nous découvrions également dans le Midi Libre du 22 juin dernier que vous envisagiez sa remise à niveau tout en préservant son âme, d’autant que vous n’êtes pas, ajoutiez-vous, un adepte de l’aseptisation des lieux.

Tout ceci nous amène à évoquer les ferias qui sont tout à la fois des moments très particuliers d’effervescence festive et un lieu de promotion tauromachique.

Or si nous comprenons la nécessité pour les entreprises commerciales d’événements susceptibles de leur donner de l’élan, nous souhaiterions que la forme et le fond soient en adéquation dans une démarche prenant en compte la dimension éthique.

S’agissant de la corrida, elle est une pratique controversée qui ne contribue pas forcément au rayonnement d’une ville civilisée.
Elle fait en effet partie des archaïsmes sanglants dont il conviendra sans tarder de se défaire car l’immense majorité des visiteurs n’est plus guère en phase avec ce type d’exhibitions.

Nous en voulons pour preuve la réaction du voyagiste canadien Mac Donald Tours qui, découvrant récemment que les villes d’Arles et de St Rémy de Provence s’adonnaient aux corridas, a décidé de ne plus y amener de touristes tant qu’elles poursuivraient en ce sens. Il a d’ailleurs également informé ses homologues de sa démarche.

Il ne fait donc aucun doute que des établissements tel que le votre se doivent de donner l’exemple en offrant des services plus en accord avec des principes respectueux du monde animal.

Nous tenons à ajouter enfin que les ferias pourraient se dérouler sans corridas. Car nous savons pertinemment que c’est la corrida qui a besoin des ferias et non l’inverse.

Vous remerciant par avance de prendre en considération ces quelques lignes et espérant vivement qu’il vous soit donné d’aller dans le sens de la Civilisation, nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur, en l’assurance de nos sentiments choisis.

La bulle, c'est fini !

La suppression de la bulle des arènes a eu pour heureuse conséquence, la suppression de la Feria de Primavera ( de Printemps).

Explications :
Afin de permettre une meilleure utilisation des arènes pendant la période hivernale, l’ex-maire de la ville de Nîmes, Jean Bousquet, avait fait couvrir l’amphithéâtre dès 1988 par une « bulle ».
Cette bulle était une immense bâche en PVC étanche d’une surface d’environ 4000 m2 , montée sur une structure gigantesque entièrement télescopique.
En 2005, soit quelque 17 ans plus tard, l’actuel maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, prend la décision de ne plus « monter la bulle ».
Les raisons invoquées :
Des problèmes d’écoulement d’eau de pluie et le poids de l’installation qui dégrade les pierres du monument.
En réalité, la raison probablement plus décisive reste le coût exorbitant des opérations annuelles de montage et démontage : entre 1M € et 1,5M € par exercice !
Quand on sait par ailleurs que les recettes générées par les divers spectacles étaient plutôt maigrelettes, les comptes auront été vite vus !
Très peu de spectacles étaient en effet programmés en hiver :
1 spectacle de glace, 1 spectacle équestre, 2 salons, 1 artiste et…la Feria de Primavera ( autrement dit de printemps) avec ses inévitables corridas !
Or le Midi Libre du 12 octobre 2005 précise que cette feria « ne déclenchait plus d’euphorie aux guichets » Tant mieux !

En conclusion :
Fin des corridas de début de printemps, c’est déjà ça !
Pourvu qu’il fasse trop chaud en été !
Peut-être une météo contrastée sera-t-elle dans le futur une alliée de poids pour notre cause !

Samedi 3 juin 2006 : Les courageux antis au cœur de la Feria

« Nîmes ou le triomphe de la tauromachie à la française » titrait l’Indépendant du mardi 6 juin 2006 montrant à la une un cheval et le picador renversés par le taureau.
Voilà un bien étrange triomphe !
C’est hélas surtout et avant tout celui de la stupidité de ces individus qui continuent à nous imposer leurs cruautés. Et lorsqu’ils écrivent que « les anticorridas ont aussi fait leur féria », qu’ils se rassurent, les antis continueront à être présents dans la rue pour dénoncer une pratique qui relève tout entière d’une espèce d’hystérie collective.
Ainsi, les quelque 150 participants se sont-ils retrouvés au Jardin de la Fontaine d’où ils sont partis pour parcourir les rues de la ville en faisant une halte à hauteur des arènes dans un sit-in silencieux, particulièrement bien gardés par une police qui barrait l’accès aux arènes, sauf pour les spectateurs évidemment.! Finalement arrivés place de la Maison Carrée devant le Carré d’Art où se déroulaient diverses festivités devant un public nombreux, les antis ont également fait leur show grâce au groupe de percussionnistes marseillais qui les ont accompagnés tout au long de leur périple dans l’Ecusson (centre historique nîmois).
Qu’ils en soient ici remerciés.
Que soient aussi remerciés toutes celles et tous ceux qui ne se découragent pas et qui, année après année, viennent arpenter les rues de la première ville taurine de France pour dire NON à la folie des arènes.
La fête oui! La corrida non !
Grand merci enfin à toutes les structures qui étaient présentes et à toutes celles qui ont relayé cette action sur leur site et dans leur bulletin.

Colette Coste

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