1951 - 2001

50e anniversaire de la triste loi du 24 avril 1951
qui introduit dans la législation française
la tolérance en faveur des corridas
(et des combats de coqs)

  • Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les députés de l'Assemblée Nationale
  • Pétition pour la réforme des articles de loi tolérant les corridas.
2004

2005

LETTRE OUVERTE
à Mesdames et Messieurs les Députés
ASSEMBLEE NATIONALE FRANÇAISE

Paris, le 12 avril 2001
Madame la Députée,
Monsieur le Député,

Depuis cinquante ans, il est dans la Législation Française une loi injuste, en contradiction avec le principe même de la République "Une et Indivisible".
C'est la loi du 24 avril 1951, dite Ramarony-Sourbet (51-461).

Ce texte a, en effet, initié l'alinea 3 de l'article 521-1 du Code Pénal ci-contre ainsi que les articles R 654-1 et R 655-1, introduisant une tolérance en faveur de la pratique de la tauromachie lorsque "UNE TRADITION LOCALE ININTERROMPUE PEUT ETRE INVOQUEE".

L'utilisation abusive de cette "tolérance" par les procorrida, ainsi que son interprétation exagérément extensive par de nombreux magistrats font que les organisateurs de ces spectacles peuvent tout se permettre et ce, en dépit de la condamnation formelle des actes de cruauté et des sévices graves envers les animaux mentionnée à l'alinea 1 de ce même article.

Cette contradiction législative est une iniquité qu'un pays profondément démocratique comme le nôtre se doit d'abolir, sachant de surcroît qu'une large majorité de Françaises et de Français ne supporte plus la pratique de ce type de cruauté destinée au seul divertissement de quelques inconditionnels. (Les récents sondages en sont la preuve évidente : Toulouse / Fréjus.)

Il nous paraît donc essentiel et urgent de voir les élus de la nation se pencher sur ce cas et œuvrer dans le sens d'une ABROGATION DE L'ALINEA 3 de l'article 521-1 du Code Pénal et des dispositions analogues reprises dans les articles R 654-1 et R 655-1 de ce même code.

C'est là notre légitime revendication, et nous souhaitons votre intervention parlementaire en interpellant officiellement le Gouvernement par le dépôt d'une question écrite ci-jointe pour le 25 avril 2001.

Par ailleurs, et afin de bien marquer notre détermination, nous entendons commémorer le cinquantième anniversaire de la loi Ramarony-Sourbet à notre façon, en organisant un rassemblement symbolique pacifique et non violent des opposants aux tauromachies ibériques, LE MERCREDI 25 AVRIL PROCHAIN, A PARTIR DE 13 HEURES 30 SUR LA PLACE EDOUARD HERRIOT PRES DU PALAIS BOURBON.

Nous serions très heureux et très honorés si vous acceptiez à cette occasion de répondre favorablement à notre invitation au dialogue.

Avant de clore ce courrier, nous tenons à vous dire aussi que non seulement nos actions visent à protéger les taureaux et les chevaux victimes expiatoires de la corrida, mais visent également à faire évoluer les mentalités vers une plus large prise de conscience de la nécessité d'une Civilisation digne de ce nom, d'une "HOMINISATION" si chère à Théodore Monod, notre regretté Président d'Honneur, disparu en novembre dernier, qui était cet éminent savant, cet humaniste militant, combattant toutes les exclusions.

Son absence sera tristement ressentie ce 25 avril car nul doute que, là aussi, il eût été des nôtres.

Vous remerciant par avance de bien vouloir prendre en compte notre requête nous vous prions de croire, Madame la Députée, Monsieur le Député, en l'assurance de notre considération distinguée.

G.R.A.A.L : Co-organisateur
Présidente :
Marie-Françoise LHEUREUX
Pour la FLAC : Organisatrice
Présidente :
Josyane QUERELLE

Communiqués de presse

1951 - 2001
50e anniversaire de la triste loi du 24 avril 1951 qui introduit dans la législation française
la tolérance en faveur des corridas (et des combats de coqs)

La F.L.A.C (Fédération de Liaisons Anti Corrida) et le G.R.AA.L. (Groupement de Réflexion et d’Action Animal Libération) appellent tous les opposants aux tauromachies ibériques à un rassemblement pacifique.

Mercredi 25 avril à partir de 13 h 30 place Edouard Herriot Paris 7e,
à proximité de l’Assemblée Nationale,

pour une commémoration du 50e anniversaire de la loi du 24 avril 1951. Ce texte a initié l’alinéa 3 des articles 521 – 1, R 654 – 1 et R 655 - 1 du Code Pénal ci-après, introduisant dans la législation une tolérance en faveur des courses de taureaux “lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée.”

Pour une abrogation totale (puisque la tolérance concerne aussi les combats de coqs) de l’alinéa 3 des articles ci-dessus par une lettre adressée à tous les députés, Présidents de groupes et partis politiques.
Une telle tolérance est exploitée abusivement par les organisateurs de ces spectacles. Ils sont “aidés” en cela par de nombreux magistrats qui interprètent la loi de manière exagérément extensive.
La F.L.A.C et le G.R.A.A.L dénoncent cette contradiction législative, inique dans un pays profondément démocratique comme le nôtre. Comme en témoigne le film réalisé par un membre de la F.L.A.C à l’été 2000, ces pratiques cruelles rejetées par une large majorité de Français, sont destinées au seul divertissement de quelques inconditionnels.

Article 521 –1 du Code Pénal
IV – Sévices graves, actes de cruauté

Alinéa 1 : « Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 200 000 F d’amende.»
Alinéa 2 :« A titre de peine complémentaire, le tribunal peut interdire la détention d’un animal, à titre définitif ou non. »
Alinéa 3 : « Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie. »
Alinéa 4 : « Est punie des peines prévues au premier alinéa toute création d’un nouveau gallodrome. »
Alinéa 5 : « Est également puni des mêmes peines l’abandon d’un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, à l’exception des animaux destinés au repeuplement. ». (Idem pour les articles R 654 – 1 et R 655 – 1)

Paris, le 18 avril 2001

G.R.A.A.L : Co-organisateur
Présidente :
Marie-Françoise LHEUREUX
Pour la FLAC : Organisatrice
Présidente :
Josyane QUERELLE


LE BILAN DE LA COMMEMORATION
DU CINQUANTIEME ANNIVERSAIRE
DE LA LOI RAMARONY - SOURBET

A l’appel de la F.L.A.C (Fédération de Liaisons Anti Corrida) et du G.R.A.A.L. (Groupement de Réflexion et d’Action Animal Libération) un rassemblement symbolique pacifique et non violent d’opposants à la tauromachie a eu lieu à Paris place Edouard Herriot près de l’Assemblée Nationale.

Ce rassemblement avait pour but d’attirer l’attention des parlementaires sur la loi du 24 avril 1951 qui a introduit la tolérance en faveur des courses de taureaux lorsqu’une TRADITION LOCALE ININTERROMPUE peut être invoquée. Il convient donc de rappeler que la corrida n’est que tolérée et non légale sur une partie du territoire français.

La F.L.A.C qui représente 25 associations françaises et européennes ainsi que le G.R.A.A.L. ont voulu commémorer le cinquantième anniversaire de cette loi inique en demandant officiellement aux députés l’abrogation totale de l’alinéa 3 de l’article 521 – 1 du Code Pénal ainsi que les dispositions analogues reprises dans les articles R 654 – 1 et R 655 – 1 du même Code initiés par la dite loi du 24 avril 1951 (Ramarony – Sourbet)

De nombreuses associations de défense des animaux ont tenu à participer à ce rassemblement qui fut un succès.
Par ailleurs une délégation a été reçue à l’Assemblée Nationale successivement par des représentants des groupes politiques : U.D.F., Verts et P.S. qui ont manifesté un grand intérêt pour les actions qui leurs ont été présentées et qui ont, en fait, découvert qu’une immense majorité de Français est opposée à la corrida alors que la législation favorise une infime minorité “d’inconditionnels” de la violence et de la torture.

Confortés par le succès obtenu la F.L.A.C et le G.R.A.A.L. poursuivront leur travail d’information des citoyens afin de contrebalancer le matraquage médiatique incessant dont bénéficie actuellement la corrida.

En ce début de siècle et de millénaire, les mentalités évoluant vers plus de respect du monde du vivant et plus de compassion envers les animaux, la violence et la torture ne doivent plus être données en spectacle et cela sur tout le territoire français.

Pour le G.R.A.A.L. Co-organisateur
La Présidente Marie Françoise LHEUREUX
Pour la F.L.A.C. Organisatrice
La Présidente Josyane QUERELLE

Paris, le 27 avril 2001

Action "ALINEA 3"
Présence pacifique
devant l'Assemblée Nationale
(Place Edouard Herriot)
Mercredi 28 avril 2004
à partir de 12 h 30
Lire aussi les communiqués de presse :
Le Conseil d'Administration de la F.L.A.C réuni en séance du samedi 27 mars 2004 a défini les axes suivants pour la mise en œuvre de cette action :

A Paris :

  • Constitution d'une délégation comprenant les représentants-es des diverses structures membres de la F.L.A.C d'une part et les représentants-es des associations travaillant en partenariat ponctuel avec la Fédération d'autre part, chargés de rencontrer les députés-es qui nous soutiennent.
  • Constitution d'un dossier de revendication comportant notamment la demande réitérée de l'abrogation de l'alinéa 3 de l'article 521-1 du Code Pénal.
  • Communiqués de presse communs envoyés à tous les media.
  • Action décentralisée : cette action sera relayée en province par tous les comités et les délégations des diverses associations qui seront chargés-es de remettre le dossier de revendication auprès des députés en allant les rencontrer directement dans leurs permanences.
  • Diffusion d'un tract commun

Cette action fait suite à l'action initiée par la F.L.A.C en partenariat avec le GRAAL en date du 25 avril 2001. Elle visait à réitérer la demande d'abrogation de l'alinéa en question.

(Pour leur part, les promoteurs de corrida commémoraient le cinquantième anniversaire de la loi dite Ramarony-Sourbet, avec la diffusion d'un Manifeste cosigné par toutes les entités taurines nationales.)

Merci de soutenir et de relayer cette action d'une importance capitale afin de dénoncer les agissements du groupe d'études parlementaire sur la tauromachie qui tente par tous les moyens d'imposer une pratique abjecte à l'ensemble du territoire.

Question écrite au Gouvernement
document remis
à tous les députés
Monsieur ou Madame
appelle l'attention de Monsieur le Premier Ministre sur la nécessité de réviser la loi Ramarony-Sourbet.
En effet, cette loi du 24 avril 1951 a modifié le Code Pénal en introduisant une tolérance en faveur de la pratique de la tauromachie. Ainsi, l'alinéa 3 de l'article 521-1 (comme l'alinéa 3 des articles R 654-1 et R 655-1) du Code Pénal précise qu' "une tradition locale ininterrompue peut être invoquée" permettant la tenue de corridas ou de combats de coqs. Ces traditions ne sauraient justifier la répétition d'actes de cruauté.
D'autre part, il apparaît que dans ces villes de tradition taurine, le spectacle de la corrida est enseigné et promu dans les établissements scolaires.
Aussi, il lui demande de lui indiquer s'il entend prendre des mesures afin de mettre fin à ce type de pratiques.
Proposition de loi
par la députée
Muriel Marland-Militello

Modification de la loi
Pour l'abrogation de l'alinéa 3
de l'article 521-1 du Code Pénal


Photo: Assemblée Nationale

Pour écrire à la députée
Depuis cinquante ans, il est dans la Législation Française une loi injuste, en contradiction avec le principe même de la République "Une et Indivisible".
C'est la loi du 24 avril 1951, dite Ramarony-Sourbet (51-461).
Ce texte a, en effet, initié l'alinéa 3 de l'article 521-1 du Code Pénal ci-contre ainsi que les articles R 654-1 et R 655-1, introduisant une tolérance en faveur de la pratique de la tauromachie lorsque
"UNE TRADITION LOCALE ININTERROMPUE PEUT ETRE INVOQUEE".
L'utilisation abusive de cette "tolérance" par les procorrida, ainsi que son interprétation exagérément extensive par de nombreux magistrats font que les organisateurs de ces spectacles peuvent tout se permettre et ce, en dépit de la condamnation formelle des actes de cruauté et des sévices graves envers les animaux mentionnée à l'alinéa 1 de ce même article.
Cette contradiction législative est une iniquité qu'un pays profondément démocratique comme le nôtre se doit d'abolir, sachant de surcroît qu'une large majorité de Françaises et de Français ne supporte plus la pratique de ce type de cruauté destinée au seul divertissement de quelques inconditionnels.
Il nous paraît donc essentiel et urgent de voir les élus de la nation se pencher sur ce cas et œuvrer dans le sens d'une ABROGATION DE L'ALINEA 3 de l'article 521-1 du Code Pénal et des dispositions analogues reprises dans les articles R 654-1 et R 655-1 de ce même code.

Lettre F.L.A.C à Mme Marland-Militello

Madame la Députée,

Ayant récemment appris votre proposition de loi déposée le 8 juin dernier, nous tenons à vous faire part de notre joie et de notre émotion de voir que la lutte des opposants à la corrida pourrait enfin trouver la réponse tant attendue. En effet, seule une modification de la loi avec l'abrogation de l'alinéa 3 de l'article 521-1 du Code Pénal peut venir à bout d'une pratique éhontée sur le territoire français.
Il n'y a pas d'autre alternative que de criminaliser la corrida, car il faut, en plus de l'abolir, la condamner. Nous avons pour notre part élaboré en ce sens de nombreux dossiers adressés à tous les députés depuis 2001 qui fut une année particulière avec le cinquantenaire du fameux alinéa voté le 24 avril 1951.
Nous étions également à l'Assemblée Nationale le 25 avril 2001 et le 28 avril 2004 et nous n'avons eu de cesse de poursuivre ces démarches dans l'espoir de voir notre demande trouver enfin un écho favorable.
Nous savons par ailleurs qu'il existe un profond décalage entre les élus et les électeurs en matière de corrida. Alors que tous les sondages effectués depuis de nombreuses années tant au plan local que national donnent des résultats tournant autour de 80 % de Français qui se déclarent hostiles aux corridas, de très nombreux députés de tous horizons politiques soutiennent cette ignominie.
Nous savons qu'il y a une véritable mafia tauromachique en France, en Europe, dans le monde.
Ainsi, s'il advenait que le geste hautement symbolique de la ville de Barcelone en Espagne soit suivi en France d'un geste significatif fort, c'est tout le lobby taurin qui tremblerait.
Certes, nous ne nous faisons guère d'illusions et nous ne doutons pas que l'entreprise soit périlleuse. Les tenants de la corrida vont se défendre bec et ongles et ne consentiront à perdre aucune parcelle de leurs privilèges et autres passe-droits.
C'est pourquoi nous saluons votre courage et votre détermination et souhaitons convenir avec vous de la façon dont nous pourrions contribuer au soutien de votre initiative, celui-ci étant déjà potentiel chez une grande partie de nos concitoyens..
Sachez que très nombreuses et très nombreux sont désormais celles et ceux qui vous soutiendront dans votre démarche. Recevez ce jour Madame la Députée, au nom des taureaux et des chevaux martyrisés et estropiés dans les arènes du Sud de la France, l'expression de notre immense gratitude.

Le Bureau

Rappel : il est président du groupe parlementaire défendant la corrida

Mercredi 6 octobre 2004

Madame la Députée,

Pourriez-vous infirmer ou confirmer les faits qui sont rapportés dans la presse spécialisée (Planète Corrida n° 22 / août 2004 page 12) indiquant que le député-maire de Bayonne aurait eu avec vous un tête à tête courtois mais ferme visant à vous faire abandonner votre proposition de loi.
L'article affirme que Jean Grenet a été entendu après en avoir appelé au Président du groupe UMP.

Merci infiniment de votre réponse.

Josyane Querelle
Présidente

Réponse de l'attachée parlementaire

Madame la Présidente,

Il n'en est rien !
Madame Marland a attendu la fin de la période estivale avant de trop médiatiser sa proposition de Loi car ce n'est pas un conflit de personne. Monsieur Grenet est un homme courtois, et la volonté de Madame Marland de voir la pratique des corridas disparaître de notre territoire français n'a rien à voir avec l'homme. Toutefois, il est légitime qu'il défende ses opinions comme Madame Marland les siennes.

Si Monsieur Grenet pense que cette "lubie" n'était que passagère, rassurez-vous il ne tardera pas à être surpris.
Madame Marland a des convictions qu'elle défend au-delà de toute considération politique et la cruauté pratiquée envers les animaux ne doit plus être tolérée en France.
Aujourd'hui la proposition de loi totalise 42 co-signataires. Mais Madame Marland ne compte pas en rester là. Elle sollicitera à nouveau la semaine prochaine les députés afin d'obtenir un appui plus grand dans l'objectif ambitieux que lui soit accordé une niche parlementaire afin qu'elle puisse présenter ses arguments devant l'Assemblée Nationale.
Merci pour votre soutien.

Je vous prie de recevoir, Madame la Présidente, l'assurance de mes respectueuses salutations.

Amandine ARNAUD
Attachée parlementaire
Madame Muriel MARLAND-MILITELLO
Député 2ème circonscription des Alpes Maritimes
Tel: 01 40 63 76 84 Fax: 01 40 63 92 82
Port: 06 32 39 38 43

du Député-Maire de Nîmes (Gard) Jean-Paul FOURNIER :
(Lettre qu'il a adressée à tous les députés cosignataires de la proposition de loi)

Monsieur le Député Maire,

Je viens d’apprendre que vous avez choisi de cosigner la proposition de loi présentée par Madame Muriel Marland-Militello, Députée des Alpes-Maritimes, concernant la suppression des corridas.

En matière de tauromachie, comme dans bien d’autres sujets, il faut en la circonstance dépassionner le débat et revenir à l’essentiel. Vous semblez en effet ignorer que le rapport au taureau est inscrit de façon fondamentale dans la réalité, l’imaginaire et la métaphysique des sociétés humaines depuis la nuit des temps.
Il n’est que de parcourir les départements du Louvre pour rencontrer la puissance du mythe, depuis Sumer jusqu’aux rives de notre mère méditerranée.

Les civilisations, notamment du Sud, sont passées au fil des temps d’une relation au taureau d’ordre religieux (toujours inconsciemment présente) à une “sécularisation” protéiforme qui se développe dans de nombreux domaines. Il en va ainsi de la création de centaines d’élevages de taureaux et de chevaux qui sont un modèle d’écologie, des innombrables manifestations culturelles, la Tauromachie fertilisant toutes les formes de création, de l’impact économique dans la centaine de villes qui organisent des férias - des fêtes, qui comptent parmi les plus grands rendez-vous du calendrier européen.
Au plan réglementaire, la course de taureaux a toujours été légale, dans sa sagesse, le législateur, dès le XIX siècle positiviste, a reconnu la légitimité et la réalité des cultures nées et enracinées dans des territoires spécifiques.
Les populations ont, au sens fort du terme, le droit de vivre leur passion, ce que les juges réaffirment chaque fois qu’ils sont saisis.
Redoutons et rejetons le soi-disant “culturellement correct” qui est synonyme de sclérose et de castration de créativité !

La tauromachie ne s’impose à personne. Elle est l’une des plus anciennes formes de culture à laquelle chacun peut adhérer ou non, dans le respect des convictions de chacun. Cette liberté m’apparaît fondamentale. Elle doit en outre transcender toutes les démagogies notamment politiques…

J’informerai bien évidemment l’ensemble des clubs taurins de France de votre position et vous prie de croire, Monsieur le Député Maire, à l’assurance de ma parfaite considération.


Réponse de Jean Marsaudon, député-Maire de Savigny sur Orge

Monsieur le Maire,

Je vous remercie infiniment du cours d’histoire tauromachique que vous avez bien voulu me dispenser dans le courrier que vous m’avez adressé le 1er octobre à la suite de mon soutien à la proposition de loi de ma collègue Muriel Marland-Militello, députée des Alpes-Maritimes.

Croyez bien que j’ai tout à fait conscience du plaisir que peuvent ressentir certains de mes contemporains au spectacle de l’agonie et de la mise à mort d’un taureau ; comme autrefois certains se réjouissaient des combats de gladiateurs, des supplices de sorcières ou des exécutions publiques de condamnés. De tous temps, la vue du sang, de la souffrance et de la mort a attiré des foules enthousiastes venues exorciser leurs peurs ou satisfaire des pulsions intérieures.

Pour autant, la plupart de ces pratiques d’un autre âge a fort heureusement disparu, sans que cela ait suscité d’ailleurs beaucoup de manifestations. Il demeure malgré tout dans notre pays, au nom de la “tradition culturelle”, la coutume tauromachique, comme dans d’autres les combats de coqs, de chiens ou que sais-je encore. Peut-être prochainement les cités de nos villes réclameront-elles aussi la légalisation des combats de pittbulls au nom de leur culture de quartier ?

Toutefois, peu à peu, ces massacres gratuits d’animaux sont interdits par les civilisations avancées : la chasse à courre vient d’être abolie au Royaume-Uni comme les corridas le furent dans les villes de Barcelone ou Torello. Ces “traditions” héritées des temps reculés s’effacent progressivement face à l’esprit d’humanisme. Cela n’a rien à voir avec le “culturellement correct”, bien au contraire ; sinon je ne crois pas que le Parlement britannique ou les mairies espagnoles citées ci-dessus auraient pris d’aussi courageuses décisions. Je suis également persuadé qu’il n’a pas été facile à ma collègue Muriel Marland-Militello, élue d’un département méridional, de prendre cette position. Il semble évident que le “culturellement correct” n’est pas forcément celui que vous pensez.

Cette proposition de loi n’a pas davantage à voir avec la démagogie. Pour ma part, c’est en toute conscience que je soutiens ce texte, n’étant pas soumis aux pressions des lobbies d’un côté ou de l’autre. J’imagine en revanche qu’un candidat à la mairie de Nîmes aurait peu de chance d’obtenir la confiance des électeurs sans afficher une âme d’aficionado de bon aloi. Sur ce point aussi, le démagogue n’est pas forcément celui que vous pensez.

C’est la raison pour laquelle vous pouvez informer de ma position tous les clubs taurins de France et de Navarre. Je ne suis sensible ni aux pressions, ni aux menaces, mais il me surprend à cet égard que vous prôniez, pour reprendre votre expression, le “respect des convictions de chacun”. J’en conclurai que, là encore, le plus respectueux des autres n’est manifestement pas celui que vous pensez.

Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’assurance de ma parfaite considération.

Communiqués de presse
24 avril
Action "Alinéa 3"

En partenariat avec les associations-membres de la Fédération ainsi qu'avec des structures non affiliées, la F.L.A.C poursuit son action en direction des députés.
Intitulée "Alinéa 3" cette action a pour but d'obtenir l'abrogation de l'alinéa 3 de l'article 521-1 du Code Pénal.
En effet, depuis cinquante ans, il est dans la Législation Française une loi injuste, en contradiction avec le principe même de la République "Une et Indivisible".
C'est la loi du 24 avril 1951, dite Ramarony-Sourbet (51-461).
Ce texte a initié l'alinéa 3 de l'article 521-1 du Code Pénal ci-contre ainsi que les articles R 654-1 et R 655-1, introduisant une tolérance en faveur de la pratique de la tauromachie lorsque "UNE TRADITION LOCALE ININTERROMPUE PEUT ETRE INVOQUEE".
L'utilisation abusive de cette "tolérance" par les procorrida, ainsi que son interprétation exagérément extensive par de nombreux magistrats font que les organisateurs de ces spectacles peuvent tout se permettre et ce, en dépit de la condamnation formelle des actes de cruauté et des sévices graves envers les animaux mentionnée à l'alinéa 1 de ce même article.
Cette contradiction législative est une iniquité qu'un pays profondément démocratique comme le nôtre se doit d'abolir, sachant de surcroît qu'une large majorité de Françaises et de Français ne supporte plus la pratique de ce type de cruauté destinée au seul divertissement de quelques inconditionnels. Il nous paraît donc essentiel et urgent de voir les élus de la nation se pencher sur ce cas et œuvrer dans le sens d'une ABROGATION DE L'ALINEA 3 de l'article 521-1 du Code Pénal et des dispositions analogues reprises dans les articles R 654-1 et R 655-1 de ce même code.
C'est là notre légitime revendication, et nous souhaitons une intervention parlementaire en interpellant officiellement le Gouvernement par le dépôt d'une question écrite.
Par ailleurs, et afin de bien marquer notre détermination, nous entendons poursuivre notre action du 25 avril 2001 en organisant un rassemblement symbolique pacifique et non violent des opposants aux tauromachies ibériques, LE MERCREDI 28 AVRIL PROCHAIN, A PARTIR DE 13 HEURES 30 SUR LA PLACE EDOUARD HERRIOT PRES DU PALAIS BOURBON.

Liste des associations partenaires :
A.C.P.A.: ASSOCIATION COMBAT POUR LE PEUPLE ANIMAL
A.D.D.A. ESPAGNE : ASOCIACION PARA LA DEFENSA DE LOS DERECHOS DEL ANIMAL.
A.L.A. ESPAGNE : ALTERNATIVA PARA LA LIBERACION ANIMAL
A.P.A.P. ESPAGNE : ASSOCIATION DE PROTECTION DES ANIMAUX ET DES PLANTES
AFIPA : ASSOCIATION FRANÇAISE ET INTERNATIONALE DE PROTECTION ANIMALE
ANTI BULLFIGTING COMMITTEE BELGIUM
APMA BELGIQUE : ACTION PREVENTIVE CONTRE LE MARTYRE DES ANIMAUX
ASSOCIATION STEPHANE LAMART
C.C.C.C : COMITE CARCASSONNAIS CONTRE LA CORRIDA
C.V.A. : COMITE DE VIGILANCE ET D'ACTION POUR LE BIEN-ETRE ANIMAL
CAC 83 : COLLECTIF ANTI CORRIDA DE FREJUS
CENTRE DE SECOURS ANIMALIERS
COLBAC : COMITE DE LIAISON BITERROIS ANTICORRIDA
COMITE ANTI STIERENVECHTEN HOLLANDE
CONSCIENCE ANIMALE
F.A.C : FENOUILLET ANTI CORRIDA
F.B.B : FONDATION BRIGITTE BARDOT
FEDERATION AGISSONS
FONDATION BOURDON
FONDATION CHARI CRUZ ESPAGNE
G.R.A.A.L : GROUPEMENT DE REFLEXION ET D'ACTION ANIMAL LIBERATION
H. I. C. : HALTE A L'INDIFERENCE ET A LA CRUAUTE
L.F.C.V. : LIGUE FRANÇAISE CONTRE LA VIVISECTION
LES EXCLUS SAUVAGES
LES GAMELLES DU COEUR
PRO DIGNIDAD HUMANA ESPAGNE S.P.A. BEZIERS : SOCIETE PROTECTRICE DES ANIMAUX DE BEZIERS
S.P.A. BORDEAUX : SOCIETE PROTECTRICE DES ANIMAUX DE BORDEAUX
S.P.A. MONTPELLIER : SOCIETE PROTECTRICE DES ANIMAUX DE MONTPELLIER
S.P.A.PARIS : SOCIETE PROTECTRICE DES ANIMAUX DE PARIS
S.R.P.A. DE CHARLEROI BELGIQUE : SOCIETE ROYALE PROTECTRICE DES ANIMAUX DE CHARLEROI
TIERVERSUCHSGEGNER MÜNCHEN E.V ALLEMAGNE

Action "Alinéa 3"
Post-action du 28 avril à Paris

L'action intitulée "Alinéa 3" menée par la F.L.A.C (Fédération de Liaisons Anti Corrida) en partenariat avec les associations-membres et des structures non affiliées s'est déroulée sous les meilleurs auspices ce mercredi 28 avril aux portes de l'Assemblée Nationale.

Une délégation menée par Josyane Querelle présidente de la F.L.A.C, avec Michèle Descamps (SPA Paris), Alain Perret (les Exclus Sauvages), Jean-Marie Denut (le COLBAC / Béziers / Hérault), Christian Baloy (CAC 83 / Fréjus / Var), Monique Leroux (GRAAL / Paris) était reçue par Geneviève Perrin-Gaillard, députée des Deux-Sèvres et son attaché parlementaire Marc-William Millereau.

Cette rencontre fructueuse a permis d'évoquer l'ambiguïté de la loi et d'insister sur la nécessité d'une abrogation du fameux alinéa 3 qui tolère la corrida sur une partie du territoire français au nom d'une "tradition locale ininterrompue".
Furent également évoquées la propagande dans les établissements scolaires, les subventions des collectivités territoriales aux écoles de tauromachie, la TVA sur les exhibitions actuellement au taux de 19,60 % et que leurs promoteurs voudraient voir ramenée à 5,5 %, etc.

L'accent fut enfin mis sur le décalage très important entre les électeurs et les élus sur ce sujet très souvent qualifiée de secondaire mais qui remplit les pages des quotidiens régionaux.
Fort heureusement, les citoyens français se déclarent à plus de 80 % hostiles à la corrida.
Le thème du referendum d'initiative populaire a donné tout naturellement pris le relais sachant que les chiffres concernant les villes organisatrices corroborent les résultats des sondages nationaux.
Rappelons ici que la ville de Béziers qui compte 70 000 habitants voit la pétition du COLBAC recueillir à ce jour pas moins de 23 000 signatures contre la corrida !

En conclusion : la députée souhaite être tenue informée au plus près des divers dossiers, notamment économiques et juridiques.
Quant aux militants, il se séparèrent en se promettant d'œuvrer à la mise en place des Etats Généraux de l'Anticorrida dans la Capitale en 2006 avec la participation de l'Europe.

À l'attention de :
Monsieur Jean-Louis DEBRE
Président de l'Assemblée Nationale
128, rue de l'Université
75355 PARIS 07 SP

Thézan, le vendredi 17 décembre 2004

Monsieur le Président,

C'est en ma qualité de Thézanaise et de présidente de la F.L.A.C (Fédération de Liaisons Anti Corrida) que je souhaite vous adresser ici ces quelques lignes.

Dans quelques heures, vous honorerez de votre présence le village de Thézan-les-Béziers dans l'Hérault. Ce village dont je suis originaire, est en effet le premier en France à avoir érigé un monument aux morts de la guerre de 14-18.

Et c'est ce dimanche 19 décembre que vous viendrez commémorer la mémoire de ceux qui tombèrent alors "pour la France".
Parmi ces hommes il en est un du nom de Etienne Querelle. C'était mon grand-père paternel. Tombé sous la mitraille à la Veuve Châlon sur Marne, il est mort le 4 mai 1917 à l'âge de 33 ans et son nom est désormais gravé dans la pierre de ce premier Monument aux Morts.

Ainsi tombèrent des humains. Par centaines de milliers. Civils ou militaires.
Ainsi tombèrent des hommes mais pas seulement, car comme le décrit si bien Alice Ferney dans son roman intitulé "Dans la guerre" tombèrent aussi des milliers de chevaux.
(Extrait des pages 32/33) " (…) Et la guerre, quant à elle, suivait son cours cruel. Depuis sa déclaration jusqu'à son achèvement elle échapperait à ceux qui la feraient mais tous mourraient pour elle : soldats tués, civils désespérés, animaux enrôlés ou cuisinés…
Par milliers tirés des écuries et des champs, les chevaux étaient saisis. Pour démentir l'idée qu'ils n'en reviendraient pas, on leur peignait au balai un matricule de sorte à pouvoir à la fois les incorporer et les rendre plus tard à leur propriétaire.
La place de l'église raisonnait du bruit de leurs sabots. Leurs hennissements s'emmêlaient aux appels des vétérinaires en blouse et aux injonctions des valets d'écurie suspendus aux longes. Ce monde-là connaissait les bêtes et les choses allaient son train. Tout ce qui marchait était pris dans la guerre. Les mulets, les ânes, les chevaux, les masses musclées de cette chair vivante et chaude, de n'importe quel poil, marcheraient bientôt sous la mitraille.
Ce qui séparait ceux-là des hommes c'était qu'ils n'en savaient rien. Ou bien était-ce que seuls les hommes, qui n'avaient ni crocs pour mordre, ni sabots pour ruer, avaient su concevoir des armes plus puissantes que les crocs et les sabots ?
Quand l'homme imite la nature, c'est étrange comme il sait à la fois la surpasser et la détruire.
"

Ainsi le monde humain et le monde animal sont-ils étroitement soudés, leurs destins les uns aux autres liés.
Et d'ajouter :
(Extrait des pages 23/24 )
" (...) Là où Jules était né, la chaleur du corps des bêtes était accessible à chaque instant d'un jour. Depuis sa première enfance, les sensations vitales mêlaient pour lui l'humain et l'animal : douceur et rugosité des toisons, souffle chaud des chevaux, dureté dangereuse des sabots, humidité des museaux… L'homme ne régnait pas sur les bêtes, il partageait le monde avec elles. Jules était l'incarnation de ce lieu ancestral. Pétri par la nature, enchanté dans sa splendeur bruissante, grandi et gaillard grâce à elle, il faisait aux animaux la grâce de son humanité. Il murmurait de petites flatteries à l'oreille des vaches, sifflotait des chansons aux veaux sous leurs mères et parlait aux taureaux comme à des hommes. "
Malheureusement ça n'est pas ainsi que l'on parle ici aux taureaux. On les met au cœur des arènes-abattoirs pour les y estropier avant de les occire. Sans oublier leurs compagnons d'infortune que sont les chevaux tantôt évoqués.
C'est la permanence d'une terrible guerre du monde humain au monde animal, contrairement à Jules qui dans " sa communion avec le monde naturel avait haussé en lui le sens de l'humanité : sous les yeux des bêtes, les hommes se devaient de donner la meilleure image d'eux-mêmes. Voilà ce que Jules pensait.
Les bêtes n'étaient-elles pas devenues muettes devant le spectacle que nous leur offrions ? Oui, se disait-il parfois, elles avaient peut-être été saisies d'horreur, de honte ou de crainte (…)
Jules voulait être digne de ces silences qui partout l'épiaient (…)
Il s'était civilisé selon les meilleures consignes humaines : la parole plutôt que la violence, l'émerveillement et la gratitude devant la vie, la justice et l'équité plutôt que l'exercice de la force, la vertu en chaque action et, mieux encore, l'amour de son prochain.
"

En nous rendant aux arènes pour y voir torturer des animaux, nous perdons le sens de notre humanité.
J'ajoute que cette pratique inqualifiable est actuellement soutenue à l'Assemblée Nationale par le groupe parlementaire "Tauromachie" alias "Elevage et Tradition" initié en 97 par Michel Vauzelle Président de la Région PACA, au nom d'une "identité culturelle méditerranéenne".
Ce groupe est aujourd'hui présidé par le député-maire de Bayonne, Jean Grenet.
Quant au député de l'Hérault, le chirurgien Paul-Henri Cugnenc, (originaire de Thézan-les-Béziers), adjoint au maire de Béziers, il en est pour sa part l'un des vice-présidents avec Etienne Mourrut (député-maire du Grau-du-Roi dans le Gard) et Alain Marleix, (député-maire de Massiac dans le Cantal.)

J'entends ici dénoncer les agissements d'un groupe de pression ultraminoritaire qui bénéficie cependant de l'appui des collectivités territoriales, notamment en matière de financement grâce aux deniers publics.

Fort heureusement, des députées courageuses comme Geneviève Perrin-Gaillard qui me recevait ce 28 avril 2004 à l'Assemblée Nationale ou Muriel Marland-Militello qui déposait ce 8 juin 2004 une proposition de loivisant à une modification de l'article 521-1 du Code Pénal avec l'abrogation du fameux alinéa qui tolère les actes de cruauté et les sévices graves à animaux là où une "tradition locale ininterrompue" peut être invoquée, nous ouvrent de nouveaux horizons vers moins de violence.
Car si la mort est inéluctable, la cruauté et la souffrance infligées qui plus est pour le lucre et pour le divertissement, à l'inverse ne le sont pas.

Sachez enfin, Monsieur le Président, que contrairement à ce que prétendent les promoteurs de corrida, les opposants à une telle abjection sont bel et bien aussi "les gens d'ici".
J'en veux pour preuve la lettre du professeur de philosophie Henri Callat né au pied des remparts de Carcassonne.
J'espère vivement à présent que toutes les bonnes volontés réussiront bientôt à supprimer de cette terre de lumière qu'est le sud, sa part d'ombre qu'est la corrida comme autant de salissure afin que bêtes et gens ne soient plus jamais réduits au silence face à l'injustice et à la cruauté.
Vous remerciant par avance de votre attention bienveillante, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale, l'expression de mes respectueuses salutations.

Josyane QUERELLE-RIQUIER
Présidente de la FLAC

Copie à :
- Monsieur Jean DELHON, maire de Thézan-les-Béziers
- Madame Geneviève Perrin-Gaillard, députée PS des Deux Sèvres
- Madame Muriel Marland-Militello députée UMP des Alpes Maritimes.
- Monsieur Henri Callat professeur de philosophie

L'ouvrage intitulé "Dans la guerre" de l'auteur Alice Ferney a été publié en 2003 chez Actes Sud

A propos de torture tauromachique et
d'un commentaire politicien sur France CULTURE

Texte de Gérard Charollois, Président de la CVN en date du 29 août 2005

Pour abolir la torture tauromachique ?

La CONVENTION VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE RADICALE s'affirme en faveur de l'abolition totale de la chasse loisir et de la torture tauromachique, pratiques ludiques, récréationnelles et distractives unissant la souffrance, l'effroi et la mort d'un être doté de sensibilité et la jouissance malsaine de certains hommes inquiétants.

Dès à présent, des majorités relative ou absolue de nos contemporains s'expriment en faveur de ces abolitions, mais les politiciens, singulièrement dans les partis totalitaires ou conservateurs servent docilement les infimes minorités sanguinaires DE CEUX QUI trompent leur ennui et leur médiocrité par l'exaltation de la mort de l'autre.

Tout débat au parlement français vire au délire anti-écologiste et anti-animaux et il faut méconnaître profondément la classe politique pour espérer la moindre réforme de progrès des mœurs et des manières émanant de ces élus fossilisés, prisonniers d'une vision passéiste et populiste de la société contemporaine.

Par voie référendaire, de manière très démocratique, la chasse loisir et la torture tauromachique pourraient être immédiatement abolies, mais qu'est-ce qu'un sénat de notables ruraux et une assemblée nationale dans laquelle un parti ne recueillant que 20% des voix détient 70% des sièges, ont à voir avec la démocratie ?

Madame MARLANT MILITELO, élue des ALPES MARITIMES, membre du parti libéral conservateur UMP, déposa une Proposition de loi visant à abolir la corrida en France.

J'ai exposé, à ceux qui me consultèrent, que deux obstacles interdisaient de nourrir le moindre espoir de voir adopter cette Proposition de loi.

Un premier obstacle juridique :
Dans le système institutionnel de la 5ème république, le parlement est abaissé, réduit au rang de chambre d'enregistrement. Les lois sont d'origine gouvernementale, sous forme de Projet de loi. Un Projet de loi émane du gouvernement. Une Proposition de loi émane d'un député. Pour qu'une Proposition de loi soit adoptée, il faut, en pratique, que le gouvernement l'accepte et l'inscrive à l'ordre du jour des débats de l'assemblée.
Il y a des milliers de Propositions de lois dormant dans les tiroirs de l'assemblée' nationale, déposées uniquement pour faire plaisir à tel ou tel groupe d'électeurs potentiels. Leurs auteurs, membres du parlement, en connaissant donc les dysfonctionnements, savent parfaitement que leur œuvre ne sera jamais examinée par leurs honorables collègues, mais ils ont fait du bien à ceux qui ont espéré.
Il n'y a pas que la proposition de loi de madame MARLANT MILITELO qui subit ce sort peu enviable et peu conforme à une véritable démocratie. Les textes à portée symbolique sont plus nombreux que l'ensemble de nos codes et lois effectifs. Or, un gouvernement réactionnaire, ne saurait soutenir une Proposition de loi en faveur des animaux et contrariant les intérêts des fronts-bas, des féroces, des traditionalistes pesants constituant sa base électorale de prédilection.

Un second obstacle politique :
De droite ou de gauche, mais surtout de droite, un parlement français n'abolira pas la corrida avant des décennies. Ceux qui connaissent le degré de mépris des parlementaires pour le peuple qu'ils prétendent représenter, savent que ces individus auraient le sentiment d'agir contre la volonté "démocratique" s'ils contrariaient les jeux et loisirs des tortionnaires d'animaux. Pour les politiciens, le peuple aime le sang, tuer l'oiseau et le cerf, voir tourmenter un puissant bovidé, en un mot le peuple est stupide, cruel, hermétique à la compassion et à l'intelligence.
Pour ces politiciens français, seuls des intellectuels délicats et décalés et des mémés à chiens-chiens, des urbains déracinés et acculturés peuvent s'insurger devant la chasse loisir et la corrida, glorieuses traditions solidement implantées dans nos terroirs qui ne mentent pas.

Bien sûr, ils se trompent lourdement en confondant le peuple avec la lie, en ignorant la volonté démocratique que traduisent les sondages, en n'entendant pas les aspirations nouvelles au respect des animaux, de la Nature et donc de la dignité humaine avilie par la chasse et la torture tauromachique.
Mais ils sont ainsi et il faut que chacun mesure la profondeur du gouffre d'insensibilité des élus français.
D'ailleurs, sont-ce les députés et sénateurs qui se trompent de peuple, ou le peuple qui se trompe d'élus ?

Que ceux qui doutent et rêvent encore à un sursaut de "conscience" et de sensibilité du législateur français, daignent bien lire un débat parlementaire sur ces sujets pour apprécier le degré d'arriération de la classe politique de ce pays.

Certains de nos amis découvrent la problématique suite aux propos peu aimables de M. François BAYROU, l'homme qui mange dans la main de ST-JOS, (selon les propos du patron du CPNT), à l'encontre de la Proposition de loi de madame MARLANT MILITELO, propos tenus sur France CULTURE le 26 août.

En aucun cas, ce fait établi, ce constat de la situation politique, ne doivent devenir sources de querelles au sein des mouvements divers et multiples oeuvrant contre la torture des animaux et donc contre l'avilissement de l'homme qui s'y adonne.
Bien au contraire, l'unité, la détermination, l'esprit de rassemblement, l'addition des énergies et des initiatives s'imposent face à la gravité de la problématique politique et au blocage institutionnel.

Deux remarques complémentaires méritent d'être énoncées :
D'une part, la Proposition de loi anticorrida n'a jamais eu la moindre chance d'aboutir pour les raisons juridiques et politiques que je viens d'exposer ;
D'autre part, cette Proposition de loi n'est pas vaine, a l'immense mérite d'exister, de faire date au même titre que les propositions avortées d'abolition de l'esclavage aux colonies, sous la 1ère République.

Lors du désastreux débat sur la construction européenne, au printemps dernier, fleurirent en Hollande des affiches représentant une corrida et ce slogan : votez Non à l'EUROPE pour ne pas être avec ces peuples cruels.
En France, les politiciens imaginaient rassurer la populace en affirmant que l'EUROPE n'abolirait pas la corrida.

Quelle indigence morale et intellectuelle !

Inversement à ces politiciens dinosaures, j'affirme que l'Europe sera, un jour trop lointain sans doute, formidable, puisqu'elle et elle seule pourra abolir toutes ces pratiques nauséabondes qui pèsent si lourdement localement et qui horrifient le peuple européen.

En conséquence, félicitons sincèrement Madame MARLANT MILITELO pour son geste symbolique de courage et de vérité démocratique, mais ne soyons pas dupes d'un espoir interdit par un divorce absolu entre des citoyens généreux et éclairés et une classe politique aux ordres de quelques dizaines de milliers de tueurs insatiables.

Assemblée Nationale, Paris, 1er février 2005:
Audit par la députée Geneviève Perrin-Gaillard
La députée PS des Deux-Sèvres (1ère circonscription) nous a assuré que la pertinence du maintien des corridas et des combats de coqs comme exception au principe de pénalisation des actes de cruauté envers les animaux, tel qu’il est institué dans notre droit, fait partie des investigations du groupe qu’elle anime.

Vétérinaire de formation, Geneviève Perrin-Gaillard a mis sur pied, début 2003, un groupe d’études parlementaire à l’Assemblée Nationale sur la protection des animaux. Ce groupe qu’elle préside a vocation à appréhender un certain nombre de dossiers et de problématiques dont la tauromachie fait partie. Actuellement composé d’une quarantaine de députés, toutes les familles politiques sont appelées à y être représentées.

Liste des participants(es):
Geneviève Perrin-Gaillard: députée PS des Deux-Sèvres.
Muriel Marland-Militello: députée UMP des Alpes-Maritime. (Elle n’a pu hélas rester jusqu’à la fin des entretiens étant appelée par ailleurs à d’autres obligations)
Marc-William Millereau: attaché parlementaire de Geneviève Perrin-Gaillard.
Présence du député UMP Michel Roumegoux: Vétérinaire (d’autres députés n’ont fait qu’une brève apparition)
Elisabeth Hardouin-Fugier: historienne des mentalités (co-auteur avec E. Baratay du Que sais-je intitulé «La Corrida»).
Maître Eva Souplet: avocate Pdte de l’IJIPA (Inst. Jurid. Internat. Prot. Animale)

Délégation de la FLAC:
Josyane Querelle: Pdte.
Alain Camisuli: Vice-Pdt
Jean Poignet: Délégué Paris
Dominique Joron: Webmaster

Délégation du CRAC:
Jean-Pierre Garrigues: Pdt
Delphine Simon: Secrétaire

Délégation CVA( Comité de Vigilance Animale):
Valérie Sofroniadés: Secrétaire Générale

Délégation du GRAAL(Group. Reflex. Action pour l’Animal):
Christophe Barbero: Vice-Pdt.

Propositions faisant suite à cet audit
- Axer plus particulièrement le travail sur les divers financements de la tauromachie notamment en ce qui concerne les villes organisatrices de corridas
- Travailler à l’évolution du statut de l’animal rendant à terme la corrida obsolète.
- Dissocier feria et corrida.
- Travailler sur des questions écrites en direction des ministres concernés (Agriculture/Culture/Jeunesse et sports/Justice).
- Envisager la mise en place d’un référendum d’initiative populaire.

Etaient tour à tour abordés les points suivants:

  • Axe juridique: La loi
    Les jugements: problème de laxisme des juges ayant pour conséquence l’extension territoriale des corridas car en 20 ans, soit de 1985 à 2005, nous sommes passés de 41 villes à 71 villes organisatrices de corridas.
  • Axe protection de la jeunesse: Les écoles de tauromachie
  • Axe économique: Financement de la tauromachie par les régions, les départements, les municipalités (Action CADA). Les sponsors (ex: Le groupe Pernod-Ricard)
    Les corridas dites de «bienfaisance» qui bénéficient d’une TVA au taux réduit (5.5% au lieu de 19.60%), ou exemptes de TVA
  • Axe médiatique:Complicité des médias sur l’ensemble du territoire français (les antis commencent toutefois à être un peu mieux relayés). Congrès des villes taurines à Cherbourg! Axe vétérinaire: Les fraudes (sciage des cornes:«afeitado»/ etc…)
    La langue bleue: circulation des animaux dans la communauté européenne.
  • Axe européen :La fameuse «exception culturelle».
    Les villes qui se déclarent antitaurines: 17 villes dont Barcelone en Catalogne espagnole à ce jour et Mouans-Sartoux première ville en France (le 1/02/05).

Par ailleurs, nous avons eu confirmation du fait que certains parlementaires sont membres de 2 groupes diamétralement opposés, à savoir le groupe d’études préoccupé du bien-être animal d’une part et le groupe d’études sur la tauromachie d’autre part, ce dernier étant présidé par le député-maire UMP de Bayonne Jean Grenet. Ajoutons que certains députés fraîchement élus se retrouvent inscrits dans le groupe d’études sur la tauromachie sans avoir été préalablement sollicités. Lorsqu’ils l’apprennent, certains s’en étonnent et demandent à en être aussitôt radiés.


au 1er plan : Maître Eva Souplet

De gauche à droite : Josyane Querelle, Alain Camisuli, Jean Poignet

De gauche à droite : Marc-William Millereau,
Jean-Pierre Garrigues, Delphine Simon, A Camisuli, Dominique Joron

Au premier plan: Valérie Sofroniadès, ensuite Christophe Barbero et pour finir Elisabeth Hardouin-Fugier

Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous écrire aujourd’hui pour attirer votre attention sur la corrida, pratique barbare qui a néanmoins cours dans onze départements.
Alertée par l’Alliance pour la suppression des corridas, l’Association française et internationale de protection animale (AFIPA), le COLBAC, Fenouillet anticorrida (FAC), la Fédération des luttes pour l’abolition de la corrida (FLAC), OLGA France et One Voice, j’ai décidé de soutenir Muriel Marland-Militello, députée des Alpes-Maritimes qui a déposé, le 8 juin 2004, une proposition de loi pour demander l’abrogation de l’alinéa 3 de l’article 521-1 du code pénal qui autorise les corridas et les combats de coqs sur le territoire français.
On voit ces dernières années s’implanter de plus en plus de corridas dans le sud de la France. Pourtant, ces spectacles d’un autre âge sont cruels et inégaux et, bien que la majorité de la population s’oppose à ces pratiques, les pro-corrida ont les faveurs des municipalités et des pouvoirs publics qui subventionnent les corridas à hauteur de plusieurs millions d’euros.
Je ne puis qu’essayer de vous transmettre ma tristesse et ma déception pour cette France qui accepte trop facilement la souffrance, que ce soit celle des humains ou celle des animaux.
Il est grand temps d’agir pour expurger les pratiques barbares qui peuvent subsister dans notre société qui a déjà son lot de souffrances quotidiennes.
Vous êtes l’une des seules personnes, à l’intérieur du schéma législatif, à pouvoir mettre cette proposition de loi à l’ordre du jour et c’est aujourd’hui, vous vous en doutez, l’objet de mon courrier.
C’est pourquoi je vous demande de mettre à l’ordre du jour ce texte, lequel donnera de notre pays une image un peu plus civilisée aux yeux de tous les Européens qui nous regardent.
Espérant que vous entendrez ma requête, permettez-moi de vous demander de me tenir informée par le biais de cette coalition d’associations.

Dans cette attente, veuillez croire, Monsieur le Président, à l’expression de toute ma gratitude.
Stéphane Audran.

Ca vaut le détour !
Un adhérent de la FLAC a demandé à son député de cosigner la proposition de loi déposée par Mme Marland-Militello visant à l’abolition de la corrida. Ci-dessous la réponse intégrale:

Assemblée Nationale
François LIBERTI- Député de l’Hérault

Sète le 06 janvier 2005

Monsieur,

J’accuse réception de votre courrier relatif à votre positionnement d’anti-corrida et par la même occasion, vous me demandez mon avis sur cette question qui, certes, semble être primordiale à certains mais qui est à mon sens très secondaire par rapport aux lourdes conséquences de la politique menée par le gouvernement actuel sur la vie des personnes.
Mais puisque la question m’est posée autant y répondre avec le plus de sincérité possible.
Certains demandent l’interdiction des corridas, en effet il existe en Europe tout un lobby visant au même but.
Je peux comprendre ceux que le sort de l’animal préoccupe sincèrement. On pourrait leur faire observer que les charges furieuses du taureau contre le picador ou le torero ne sont pas le comportement d’une victime épouvantée et dolente. La bête n’est faite que de pulsions. C’est la première constatation que je voulais vous faire entrevoir.
S’agissant de ceux qui demandent l’interdiction des corridas, ils font partie, toujours plus nombreux, des demandeurs d’interdictions. Ils trouvent normal d’interdire aux autres ce qui ne leur plaît pas. Ils ne veulent pas convaincre mais interdire. Pourtant ils se disent démocrates, mais cette interdiction ne les trouble pas.
En deuxième lieu, il ne leur vient pas à l’idée que l’homme ait pu inventer la course de taureaux pour une autre raison que par bêtise et par méchanceté et que ce spectacle sacrificiel puisse incarner des vues profondes sur la condition humaine. Pour eux le passé n’est que barbarie. Ils ne s’imaginent pas qu’il puisse se trouver de l’art, de la beauté, dans le travail du torero.
Sur une affiche de corrida, il y a toujours inscrit "mise à mort". Mais on ne dit pas de qui !
Le taureau est tout de même le seul animal à qui l’homme donne encore en ce début du XXIème siècle le droit de tuer.
Je pense sincèrement que les corridas sont très solidement ancrées dans l’histoire de nos terroirs et de nos traditions régionales ; tout comme les chasses traditionnelles telle la chasse à la palombe. Dans un autre domaine à titre d’exemple, les joutes languedociennes peuvent être interdites car dangereuses elles aussi à l’homme, ce chevalier des tintaines.
Vous voyez jusqu’où les interdictions peuvent nous mener.
Il y a quelques années, un commissaire européen demanda lui aussi la suppression des corridas, rappelant que la seule méthode autorisée d’abattage des bovins dans l’union était "l’étourdissement mécanique". C’est un point de vue. L’étourdissement mécanique des masses populaires par quatre heures de télé quotidiennes n’est pas, encore heureusement merci, à la veille d’être interdit en Europe.
Telles sont les raisons majeures qui me font soutenir ceux qui organisent des corridas dans les villes où il y a une réelle culture des corridas dans leurs régions.
J’espère avoir répondu à votre préoccupation et restant tout de même à votre disposition, je vous prie de recevoir, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués

Alors qu’ils ne sont jamais d’accord sur rien, la plupart des politiques de toutes tendances se retrouvent unis pour encenser la corrida. Monsieur François Liberti, député communiste de la 7éme circonscription de l’Hérault est de ceux-là. Il est vrai qu’étant du même bord que Jean-Claude Gayssot et Robert Hue, habitués des « Callejons »(1) la contamination a pu s’opérer. Faudra-t-il déménager l’Assemblée Nationale du Palais Bourbon aux arènes de Nîmes, ou d’ailleurs, pour réaliser l’Union Nationale ?.....

(1)Callejon: Ce couloir situé autour de la piste est occupé par tous les acteurs potentiels du spectacle et aussi par les invités d’honneur ou de déshonneur dirons nous.

Helgé

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