Affaire "Caubère"
Le discours tauromachique,

"RECOUVRE-LE DU SILENCE DES BÊTES !"

Historique
Théâtre imposture ou éloge du mensonge et de la turpitude
Communiqué de presse : Le discours tauromachique, "Recouvre-le du silence des bêtes !"
Vendredi 14 novembre 2003 au Théâtre du Rond-Point à 19 heures : Diffusion de tracts / Présence silencieuse / Chaîne humaine
Lettre ouverte à M. Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point.

Historique
par Alain Camisuli
10 septembre 1989 :

le torero Christian Montcouquiol (alias Nimeño II), est blessé par Pañolero un taureau qu'il persécutait dans les arènes de Nîmes. Il en restera tétraplégique.

Novembre 1991 :

ne pouvant plus toréer, il met fin à ses jours par pendaison.

Juin 2002 : feria de Pentecôte à Nîmes - Cloître des Jésuites

Dans le cadre du cinquantième anniversaire de la feria de Nîmes et dans le cadre des Rencontres Tauromachie et Culture (organisées par le Comité Régional de la Culture) une proposition de lectures publiques amène l'acteur Philippe Caubère à rendre hommage à Nimeño II en donnant lecture d'un extrait de "Recouvre-le de lumière", le livre écrit par l'ex-torero Alain Montcouquiol, frère aîné de Christian.

2003 :

Caubère transforme ses lectures en spectacle et d'arènes en théâtres colporte tout au long de l'année sa propagande pour la tauromachie en général et la corrida en particulier. Ainsi de Nîmes à Paris en passant par Arles, Carcassonne, Fréjus, Cannes, Lyon, etc, va-t-il sous couvert "d'amour fraternel", se faire l'ambassadeur conscient d'un acte sadique et vil.

Arènes de Fréjus : dimanche 17 août 2003 - Action F.L.A.C / CAC 83

Ayant réussi à atteindre le haut d'un pylône électrique situé dans l'enceinte des arènes, juché à une vingtaine de mètres de haut, un militant de la F.L.A.C a interpellé l'acteur dans le but d'instaurer un dialogue autour d'un spectacle qui, en occultant les réalités de la corrida, contribue à banaliser la violence et la cruauté.
Particulièrement excédé par une situation aussi inhabituelle, l'acteur a finalement décidé d'annuler son spectacle et de porter plainte contre le militant. (Affaire à suivre…)

Il a dit : du texte de Moncouquiol :

que " c'est l'un des plus beaux récits sur la peur, le courage, le théâtre, la mort et la fraternité qui nous ait été depuis longtemps donné. "

Il a écrit :

dans son article publié dans Le Monde du jeudi 28 août 2003 sous le titre "Il est interdit d'interdire" : (…) J'avais jusqu'alors choisi la position de déclarer mon respect à l'égard de cette cause débile (" la cause débile " : la lutte anticorrida !) ä Je me suis senti ce soir-là bien puni de ma démagogie. Je ne ressens plus pour ses "défenseurs" que dégoût et, je le dis ouvertement, haine irréductible.
Plus jamais je n'écouterai leurs misérables arguments, leurs explications amphigouriques, leurs pleurnicheries pétainistes.
Du temps de ma jeunesse, à Aix-en-Provence, les militants de la ligue communiste m'ont appris qu'avec les nazis ou les fascistes on ne discute pas. Dans mes bagages de tournée, en vue des prochaines soirées consacrées aux frères Montcouquiol, je crois bien que je vais glisser sans le dire à personne une batte de base-ball que mon petit frère à moi, David, a laissé traîner chez moi. Le problème - mais ne le répétez pas non plus - c'est que je n'ai toujours pas bien compris par quel bout ça se tenait.
"

Après Nîmes (le vendredi 5 juin dans les arènes en pleine feria de Pentecôte) et Avignon (le 24 mai au Théâtre du Chêne Noir) l'acteur Philippe Caubère choisit Carcassonne et sa Cité pour rendre un hommage au torero Nimeño II (alias Christian Montcouquiol) qui après avoir été blessé dans les arènes en 1989, se suicida en 1991 parce qu'il ne pouvait plus toréer. L'acteur Caubère colporte de ville en ville, d'arène en théâtre, la parole tauromachique bien plus et bien mieux que n'importe quelle autre propagande dès lors qu'il joue de l'espace fraternel en reprenant le texte de Alain Montcouquiol, frère du premier et ancien torero lui-même, dans son livre : "Recouvre-le de lumière".
Caubère prévoit 20 représentations au Théâtre du Rond-Point à Paris fin 2003 avant de partir pour la Suisse en 2004. Il va tenter de convertir les Helvètes !
Théâtre imposture
ou éloge du mensonge
et de la turpitude
- Faire taire la nécessaire rébellion face au délit
- Faire taire la légitime indignation face à la torture
- Anesthésier les consciences
C'est inventer l'irresponsabilité et devenir l'un des vecteurs de la décadence et de l'obscurantisme.

La corrida n'est pas une FATALITE

ENSEMBLE disons NON à la désinformation
ENSEMBLE disons NON à la propagande tous azimuts pour une pratique sanguinaire qu'implicitement la loi condamne.
ENSEMBLE redevenons des citoyens libres et émancipés face à l'intégrisme et au fanatisme des zélateurs de la corrida et au dithyrambe grandiloquent des media à la botte du lobby tauromachique
.

NON à la sous-culture !
NON à l'inculture !
NON à la corrida
Ici et ailleurs !

Le discours tauromachique,
"RECOUVRE-LE DU SILENCE DES BÊTES !"
Communiqué de presse
du 6 novembre 2003

Le journaliste Jean-Marc Stricker a déclaré sur les ondes de France Inter être totalement solidaire de ce communiqué.
Dimanche 9 novembre 2003 France Inter - 8 h 40 Dans le 5/9 la chronique hebdomadaire de Jean-Marc STRICKER
"(...)Pour conclure cette chronique, une information plus importante que tout ce qui précède. J’ai reçu de la Fédération de Liaisons Anti Corrida un communiqué dont je suis totalement solidaire. Ce communiqué dénonce avec calme et arguments irréfutables la pièce actuellement en tournée, intitulée "Recouvre-le de lumière", un spectacle de Philippe Caubère, en hommage au matador Nimeño II. Encore une entreprise artistico-intello-médiatique qui ne fait que valoriser la pratique barbare et dégradante qu’est la corrida. Beaucoup moins diplomate que la Fédération Anti Corrida, je n’aurai qu’un mot : "BOYCOTTONS CE SPECTACLE ! " Pour ma part, à l’invitation pour sa première à Paris, j’ai déjà répondu que je n’irais pas assister à l’apologie d’un bourreau ! "


Nous, associations-membres de la F.L.A.C et associations sympathisantes réagissons à la banalisation et plus encore à la valorisation de la CORRIDA, générées par la tournée de l'œuvre théâtrale :

"Recouvre-le de lumière"
texte d'Alain Montcouquiol, adapté, mis en scène et joué par Philippe Caubère en hommage au matador Nimeño II (Christian Montcouquiol).
Histoire de ces deux frères toreros et de leur passion commune, que l'auteur écrivit après le suicide de son frère cadet. Ce dernier n'ayant pas supporté de ne plus pouvoir toréer après une blessure dans l'arène qui l'avait laissé handicapé.

  • Nous sommes sensibles au drame humain vécu par l'auteur. Nous respectons le principe de son témoignage mais en revanche nous en dénonçons les éléments condamnables.
  • Nous dénonçons tout ce qui, dans et autour de ce spectacle et sa tournée, concourt à innocenter, défendre, valoriser la pratique barbare qu'est la corrida et qui s'inscrit dans un ensemble plus vaste de complaisances et de complicités artistiques, intellectuelles et médiatiques, ensemble qui confine à la propagande et contribue à :
    - renforcer l'implantation de la corrida dans tout le sud de la France (où elle ne devrait être tolérée - en vertu de la loi de 1951 - que dans ses localités historiques à défaut d'être interdite),
    - en faire la promotion plus au nord.

    Plus précisément :
    - la genèse de l'œuvre et l'intention affichée par Philippe Caubère, ses déclarations dans les programmes et les media, le fait qu'invité par des clubs taurins, il les honore de sa présence,

    - la mise en scène,

    - le contexte des représentations (arènes dans le cadre programmé des ferias, théâtres) et notamment le fait, qu'à ce jour, aucun théâtre hôte n'ait affiché un avertissement aux spectateurs, une réserve, un simple rappel de la loi. (article 521-1 du Code Pénal et son alinéa 3),

    - les complaisances médiatiques,

En conséquence :

  • nous demandons :

    - aux théâtres hôtes d'afficher dans les programmes et à l'accueil un avertissement comportant en particulier un rappel de la loi.

    - Aux journalistes et critiques spécialisés d'avoir le même souci déontologique.

    - Nous nous référons ici au manifeste "Protéger la liberté de l'artiste" publié à l'automne 2002 par l'observatoire de la liberté d'expression en matière de création, sous l'égide de la Ligue des droits de l'Homme, selon lequel : " Il revient aux médiateurs que sont notamment les éditeurs, les directeurs de publication, les commissaires d'exposition, les producteurs, les diffuseurs, les critiques, de prendre leurs responsabilités à la fois vis-à-vis des auteurs et vis-à-vis du public : l'information du public sur le contexte (historique, esthétique, politique) et sur l'impact du contenu de l'œuvre, quand il pose problème, doit remplacer toute forme d'interdiction ou toute forme de sanction en raison du contenu de l'œuvre. "

  • Nous appelons à manifester cette réprobation devant les théâtres hôtes, avant et après les représentations, par une présence silencieuse et respectueuse des spectateurs (avec qui nous pourrons converser après le spectacle.)

Pour la F.L.A.C
Le Vice-Président
Alain Camisuli

Le discours tauromachique
Recouvre-le du silence des bêtes !

"Recouvre-le de lumière" est un texte d'Alain Moncouquiol, adapté et joué par Philippe Caubère "en hommage à Nimeño II" (Christian Montcouquiol). C'est l'histoire de ces deux frères toreros et de leur passion commune, que l'auteur écrivit après le suicide de son frère cadet. Ce dernier n'avait pas supporté de ne plus pouvoir toréer après une blessure dans l'arène qui l'avait laissé handicapé en 1989.

Sensibles au drame humain vécu par Alain Montcouquiol, qu'il a le droit de raconter, nous dénonçons en revanche tout ce qui, dans son témoignage, et plus encore, dans et autour du spectacle de Caubère et de sa tournée constitue une :

APOLOGIE DE LA CORRIDA !

APOLOGIE !

Nimeño II n'est pas un personnage fictif. Lui et son frère ont réellement fait souffrir des animaux jusqu'à la mort.
Mais ici, aucune réserve, par même une allusion, sur cette responsabilité coupable (même si non condamnable légalement à ce jour).
Au contraire, le spectacle est "en hommage à Nimeño II" et non "en mémoire de Christian".
Caubère, aficionado n'a cure de la souffrance animale. Admirateur, depuis 1976, de Nimeño II " ce jeune homme fragile dansant devant des monstres, devant la mort ", il lui dédiera des spectacles après son suicide (1991) et assistera à la promotion du livre "Recouvre-le de lumière" (1997) devant les clubs taurins parisiens.
Malgré les premières manifestations contre son spectacle, il accepte avec Alain Montcouquiol, un trophée d'un club taurin pro-corrida, cela chez un éleveur de "toros bravos" et en présence de matadors qui toréent à cette occasion.(5 octobre 2003 - Istres)
.
APOLOGIE !

Le spectacle est joué dans les arènes du sud, inscrit au programme des ferias (Nîmes, Fréjus, Arles etc.)
Mais aussi dans les théâtres de toute la France et jusqu'en Suisse.
Car au delà de l'éloge d'un torero, Caubère veut valoriser la corrida en la rapprochant du théâtre : il prétend qu'elle est " ancêtre du théâtre, de la tragédie " mais surtout " une vraie dramaturgie " dont " la beauté, la vraie, celle de l'homme et de la nature, pas celle qui est le fruit d'une recherche esthétique " tient à " sa vérité, sa force " et selon lui au risque encouru par cet acteur, cet artiste particulier qu'est le torero.

Objectif : Faire passer plus facilement que n'importe quel tauromaniaque l'argument de la corrida comme catharsis, comme exutoire à la violence. Alors qu'elle est violence réelle et surtout mensonge sur cette violence !

APOLOGIE !

Seul au centre d'un cercle de lumière (braseros et bougies) Caubère s'emploie " à faire imaginer l'arène dans un théâtre conventionnel," (et combien de fois n'a-t-on pas lu, à propos d'une telle représentation : " Caubère seul dans l'arène." !)

La scénographie engendre chez le spectateur une image mentale mensongère qui restera intériorisée : celle, inhérente à son apologie, de la corrida comme combat dangereux d'un homme seul contre un "fauve".
Si la mort de ce dernier est évoquée - et non pas sa souffrance qui, elle, est éludée - ce n'est que pour mieux mettre en exergue celle risquée par l'homme.

Cette rouerie est accentuée en fin de spectacle : l'acteur enflamme le contour d'une tête de taureau, silhouette agrandie et surélevée, comme idolâtrée.
Idéalité (la dangerosité) ou symbole (la passion brûlante de la "lidia"), le taureau est ainsi dépourvu de réalité corporelle susceptible de renvoyer à son sort véritable : sa domination par les hommes, son supplice.


Le crime de la corrida :
DECOUVRE-LE DE L'ALIBI DE LUMIERE !

La corrida est le piège savamment tendu par toute une équipe expérimentée (picadors, banderilleros, matadors et ses assistants) dans lequel le taureau, élevé et sélectionné à cet effet, est placé après avoir été extrait de son environnement naturel et où il ne peut que subir, jusqu'à la mort, la quasi-toute puissance de ses bourreaux.
Les chevaux sont, eux, maltraités et peuvent être grièvement blessés. Dans la corrida à pied, le cheval du picador, caparaçonné, reçoit les charges du taureau. Dans la corrida équestre, le cheval du rejoneador est très mobile mais sans aucune protection.
S'agissant de l'entraînement et à fortiori de l'apprentissage, indispensables, les souffrances infligées aux taurillons (et aux chevaux en corrida équestre) sont probablement les pires, innombrables et bien cachées au public.
C'est dans ces écoles taurines et ces "festivals" que se produit l'autre violence grave de la corrida : celle, psychique, qui atteint les enfants et les adolescents apprentis toreros ; mélange plus ou moins pervers de banalisation, de négation et de dénégation de la cruauté de leurs actes. Enfants que l'on trouve aussi par ailleurs en plus grand nombre sur les gradins, comme spectateurs, plus ou moins bien intégrés au phénomène de groupe propre à l'aficion, qui facilite la transgression de l'interdit moral.

En France, cette prétendue tradition est anachronique dès son introduction il y a 150 ans.
Illégale au début, elle subsiste grâce à une triste loi de 1951 selon laquelle le Code Pénal sanctionne les " sévices graves et actes de cruauté " sur l'animal mais exclut " les courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. " (article 521-1, alinéa 3)
Depuis, cette tolérance exceptionnelle est souvent dévoyée en apologie !
Le spectacle de Philippe Caubère s'inscrit dans cet ensemble qui confine à la propagande, avec ses complaisances et ses complicités artistiques, intellectuelles et médiatiques (sans parler des intérêts économiques opaques). Il contribue à renforcer l'implantation de la corrida dans tout le sud de la France (où, à défaut d'être interdite elle devrait n'être tolérée que dans ses localités historiques en vertu du Code Pénal) et à la promouvoir au nord.


Liberté mais responsabilité de l'artiste et des diffuseurs !

Cette apologie pourrait être, sinon dévoilée, du moins bridée de la part des responsables des théâtres hôtes, par un avertissement au public marquant une distance critique, qu'il leur appartient de rédiger mais comportant au moins un rappel de la loi.
Nous leur demandons, ainsi qu'aux journalistes et critiques spécialisés, d'avoir ce souci déontologique qui n'est pas censure "politiquement correcte" mais au contraire ouverture au débat.
Nous nous référons ici au manifeste "Protéger la liberté de l'artiste" publié à l'automne 2002 par l'observatoire de la liberté d'expression en matière de création, sous l'égide de la Ligue des droits de l'Homme, selon lequel : " Il revient aux médiateurs que sont notamment les éditeurs, les directeurs de publication, les commissaires d'exposition, les producteurs, les diffuseurs, les critiques, de prendre leurs responsabilités à la fois vis-à-vis des auteurs et vis-à-vis du public : l'information du public sur le contexte (historique, esthétique, politique) et sur l'impact du contenu de l'œuvre, quand il pose problème, doit remplacer toute forme d'interdiction ou toute forme de sanction en raison du contenu de l'œuvre. "
NE CAUTIONNEZ PAS CETTE APOLOGIE

Nous en appelons aussi au discernement et à la responsabilité des citoyens, spectateurs potentiels, afin qu'ils ne se laissent pas berner par le "on aime ou on n'aime pas", relativisme dangereux qui voudrait anesthésier leur conscience, en plaçant au même niveau éthique les complices (aficionados) d'un crime et ceux qui ne le sont pas.

Lettre ouverte à M. Jean-Michel Ribes,
directeur du Théâtre du Rond-Point
Associations signataires :
Association Française et Internationale de Protection Animale (A.F.I.P.A.),
Collectif Anti Corrida de Fréjus (C.A.C. 83),
Comité Radicalement Anti Corrida (C.R.A.C.),
Convention Vie et Nature pour une Écologie Radicale (C.V.N.),
Fédération Agissons,
Fédération de Liaison Anti Corrida (F.L.A.C.),
Groupement de Réflexion et d'Action Animal Libération (G.R.A.A.L.),
Mouvement Chrétien pour l'Écologie et la Protection Animale (M.C.E.P.A.),
Olga France

Associations soutiens :
Association Bourdon,
S.O.S Grand Bleu.

Monsieur Ribes,

Aux soirs des 13 et 14 novembre, des groupes de bénévoles représentant les associations signataires se sont réunis devant votre théâtre pour une distribution PACIFIQUE de tracts d'information sur le spectacle prosélyte de Philippe Caubère "Recouvre-le de lumière", accueilli par vos soins après avoir fait le tour des arènes de France.

A chaque fois vous êtes venu, non pas pour discuter bien que vous vous disiez "ouvert au dialogue", mais pour nous agresser verbalement. En ressassant les vieux clichés des aficionados, vous nous avez servi une variante de leur question habituelle "Comment pouvez-vous critiquer la corrida puisque vous n'y êtes jamais allé ?" en nous demandant "Comment pouvez-vous critiquer un spectacle que vous n'avez pas vu ? Cela ne parle pas de corrida."

M. Ribes, si nous n'avons peut-être pas vu, nous avons lu.
Nous avons lu le livre d'Alain Montcouquiol, le sous titre du spectacle "hommage au toréador Nimeño II", les critiques théâtrales "Recouvre-le de lumière est sans doute le grand récit tauromachique de langue française" d'après Le Canard Enchaîné 9 juillet 2003, Philippe Caubère lui-même qui fait sans cesse référence à la corrida dans ses interviews. Nous avons lu ses déclarations à la presse tauromachique. Nous avons lu ses propos scandaleux et diffamatoires dans Le Monde du 28 août 2003 "J'avais jusqu'alors choisi la position de déclarer mon respect à l'égard de cette cause débile. Je me suis senti ce soir-là bien puni de ma démagogie. Je ne ressens plus pour ses "défenseurs" que dégoût et, je le dis ouvertement, haine irréductible. Plus jamais je n'écouterai leurs misérables arguments, leurs explications amphigouriques, leurs pleurnicheries pétainistes. (...)Les militants de la Ligue communiste m'ont appris qu'avec les nazis ou les fascistes on ne discute pas."

Nous avons aussi entendu. Nous vous avons entendu, M. Ribes, jeudi 13 novembre, avouer ne pas connaître l'histoire du Tibet à l'une des bénévoles qui vous expliquait être aussi engagée pour la cause tibétaine, et déclarer publiquement :
"Il y a des causes bien plus importantes que le peuple tibétain qui n'est pas le plus à plaindre. Il y a des peuples supérieurs aux autres. Il n'y a qu'à faire une corrida avec les tibétains."
Nous vous avons entendu faire fi de la loi condamnant les actes de cruauté que nous vous rappelions.

Vous avez ainsi clairement fait acte de ségrégation. Vous diffamez, vous insultez, vous déniez à qui ne pense pas comme vous le droit de s'exprimer.
Par votre attitude et vos propos, M. Ribes, vous vous rangez dans le camp de ceux que vous prétendez combattre : le camp des totalitaires.

Devons-nous vous rappeler, à vous "homme de culture", que c'est par la volonté de Franco, qui recevait les matadors, que la corrida a repris de l'ampleur en Espagne. Qu'elle fait florès en Colombie, pays pas particulièrement démocratique ?
Et si Hemingway et Picasso étaient amateurs de la barbarie tauromachique, pour notre part nous préférons Victor Hugo, Émile Zola, Romain Gary, Théodore Monod, Albert Jacquard, Jacques Derrida qui s'y sont opposés et s'y opposent.

Avec eux, 73 % des Français se prononcent CONTRE la corrida, comme le montre un récent sondage SOFRES réalisé dans 6 pays européens pour la Fondation Weber.

Rien ne nous empêchera de nous exprimer car nous en avons le droit et le devoir, pour dire que jouir de la torture, de la souffrance et de la mort d'un être vivant, homme ou animal, est tout simplement obscène et monstrueux.
Pour dire, à vous qui prétendez inviter les enfants dans votre théâtre, que les enfants amenés aux corridas lors "d'études sur la culture hispanique" en subissent le traumatisme, les spécialistes s'accordant d'ailleurs pour dire que la corrida est une perversité et se range dans les spectacles violents donc traumatisants et nocifs pour l'enfant.

Nous ne vous parlerons pas des fonds publics abusivement attribués au financement des corridas pour combler les déficits ni des fraudes diverses, nous nous contenterons pour l'heure de vous parler d'éthique.

Nous serons donc là autant de fois qu'il le faudra, pour informer le public sur ces réalités.

Si nous ne pouvons que respecter l'histoire douloureuse relatée par A. Montcouquiol, nous dénonçons cependant le double discours de Philippe Caubère qui prend prétexte de ce drame pour glorifier la corrida. Et nous déplorons qu'avec certains médias, vous participiez à cette sinistre mascarade et lui prêtiez un lieu prestigieux comme le théâtre du Rond-Point.
Nous voulons pourtant vous donner une chance de vous racheter. Nous vous proposons, ainsi qu'à Philippe Caubère, un débat public et démocratique, autour de la projection du film documentaire "Juste pour le plaisir, le film de la honte" réalisé par Thierry Hély en août 2000, témoignage édifiant sur la torture tauromachique.

Et nous vous invitons tous les deux à suivre avec nous à Bruxelles, le lundi 24 novembre 2003, la session du Tribunal Pénal International des droits de l'animal contre la corrida en Europe. D'ores et déjà le député français européen Yann Wehrling a accepté de venir témoigner à la tribune. Tous les pays d'Europe seront représentés. Les associations Groupement de Réflexion et d'Action Animal Libération (G.R.A.A.L.), Fédération Agissons seront présentes, le Comité Radicalement Anti Corrida (C.R.A.C.) et la Fédération de Liaisons Anti Corrida (F.L.A.C.) porteront plainte contre les ministères concernés français complices du lobby taurin.

Pour conclure nous citerons le Professeur Théodore Monod, qui reprenant la célèbre maxime d'Alphonse de Lamartine (1), disait : "Ce ne sont pas les Animaux ou les Hommes, ce sont les Animaux ET les Hommes. Ce n'est pas A ou B, c'est A + B. Et je crains que pour ceux qui nous reprochent notre action ce ne soit ni A, ni B".

Ne vous trompez pas d'adversaire Monsieur Ribes et reprenez-vous, car l'homme que vous nous avez donné à voir ces deux soirs là n'était pas bien glorieux ...

"On peut aussi juger de la grandeur d'une Nation à la manière dont elle traite ses animaux" (Mahatma Gandhi). Sans commentaire...
(1) "On n'a pas un cœur pour les humains et un cœur pour les animaux, on a un cœur ou on n'en a pas".