Pendant la commémoration du 55
ème anniversaire de la République Populaire à Shangaï et dans le cadre de la semaine culturelle espagnole étaient organisées, par des privés nous dit-on, deux corridas au stade omnisport.
Explications :La corrida dite formelle comporte 3 temps (« tercios ») : la pique , les banderilles, l’épée. Curieusement, cette dernière séquence n’a pas eu lieu, tout au moins en public, ce type d’exhibition pouvant heurter la sensibilité des Chinois, qui, soit dit en passant, ne sont pourtant pas réputés pour être des tendres avec le monde animal ! Inutile de préciser que les taureaux mexicains n’allaient pas faire dans l’autre sens le voyage après avoir été copieusement massacrés ! L’abattage aura donc eu lieu loin des regards indiscrets. C’est dire si la corrida est une partie de plaisir pour les taureaux et les chevaux ! Surtout pour le taureau qui « aimerait ça » aux dires de ses fervents protecteurs que sont les éleveurs et les organisateurs de corridas. Plus cynique tu meurs ! Précisons en outre que les taureaux en question devaient en principe provenir d’élevages espagnols mais, E.S.B. oblige, la Chine, déjà bien embarrassée du S.R.A.S et de la grippe aviaire, a préféré éviter de devoir faire face à une éventuelle épizootie supplémentaire, sur les ovins et les bovins cette fois!
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| Photo : INTERNATIONAL WEB AGAINST BULLFIGHTS |
Volet économique :Prix des places: de 17 à 268 euros ! Une paille !
Arènes démontables : capacité 10 000 places. Les corridas : deux sur deux journées avec 3 taureaux chacune.
Malins, les organisateurs ont fait une entorse à la tradition qui veut qu’il y ait en principe 6 taureaux massacrés au cours d’une seule et même exhibition. Ils ont fait leurs comptes et se sont dit que les Chinois n’y verraient que du feu si on divisait par deux les taureaux histoire de multiplier les bénefs ! Et ainsi, les spectateurs vinrent-ils par deux fois remplir les gradins. L’investisseur Gabriel de la Casa a investi 1,4 million d’euros dans cette opération.
Ils on dit :Zhu Waifeng, organisateur de la manifestation dans le cadre de cette semaine culturelle espagnole : « Notre objectif était de montrer à nos compatriotes en direct la beauté de cette partie de la culture espagnole que nous connaissons depuis plus d’un siècle à travers l’opéra, la peinture ou la musique » (source : l’Indépendant du 11 novembre 2004). Pour sa part ; la Dépêche du 24 octobre 2004 montre une photo où l’on peut voir des inscriptions chinoises sur les planches du « callejon ».
Nos commentaires :Décidément leur sacro-sainte « exception culturelle » n’est plus ce qu’elle était puisqu’elle s’exporte à présent du côté de l’Empire du Milieu ! Ajoutons encore que selon la revue spécialisée « Toros » n° 1741 du 25 novembre 2004, les autorités officielles espagnoles auraient fait preuve d’une discrétion remarquable eu égard à l’organisation de ce type de manifestation « festive » qui est loin de faire l’unanimité même en Espagne ! (la corrida tendant même à devenir la « Honte Nationale » en lieu et place de la « Fête Nationale » et c’est tant mieux !). Mais le 24 octobre, sentant que l’affaire se révélait positive, le consulat général espagnol au grand complet s’est déplacé dans les arènes du Yangpu Stadium.
Et le chroniqueur de conclure :« Le pouvoir politique n’aime pas la « Fiesta » (Fête Nationale). Elle dérange. Il la tolère mais il ne l’aime pas, nous sommes seuls ».
Nos commentaires :Que serait-ce si le pouvoir politique aimait la corrida?!
Autre point : Puisque nous sommes en Chine restons y ! De source EFE du 10 mai 2004, Pekin informe qu’une loi est en cours d’élaboration qui préconise un abattage plus « humain », c’est-à-dire comportant le moins possible de souffrances physiques et morales pour les animaux sacrifiés, jamais devant un autre animal et en un lieu isolé.
Pour notre part nous ne débattrons pas ici ide ce qui reste une hypocrisie dès lors qu’un animal destiné à la consommation humaine ou animale passe forcément où que ce soit dans le monde, non seulement un sale quart d’heure avant que d’être définitivement occis, mais doit également subir tous les transports dans les conditions que l’on sait, sans parler des conditions d’élevage, toutes choses qui font que de la naissance jusqu’à l’abattage, la vie des animaux dits « de boucherie » est une vie infernale.