"Graines de toreros"


Photos © Jérôme Lescure (prises à St-Gilles) |
LE C.F.T (Centre Français de la Tauromachie) a imaginé une sorte de compétition réservée aux « jeunes talents » afin de faire émerger les futurs toreros. Compétition intitulée « Graines de toreros ».
Elle a eu lieu du 13 juillet au 25 septembre 2004 dans une dizaine de villages situés tout autour de Nîmes la Madrid française (Poulx/ Caveirac/ Marguerittes/ Milhaud/ La Calmette/ Saint-Gilles/ Caissargues/ Bezouce/ Générac). Les jeunes apprentis-tueurs ont donc participé à un tournoi de « becerradas * » avec mise à mort pour la plupart.
Curieusement ces exhibitions étaient gratuites mais il fallait cependant aller retirer les billets d’entrée dans les mairies respectives. S’agissait-il alors d’opérer un tri des spectateurs afin d’éviter que d’éventuels opposants réussissent à perturber ces prestations particulièrement cruelles ?
Une fois encore nous constatons la volonté toujours plus affirmée des promoteurs de corrida de s’adresser à la jeunesse qui représente pour eux « l’aficion » de demain en disant : « vous ne deviendrez peut-être pas tous des toreros mais devenez tous des aficionados » .
*Becerrada : Exhibition au cours de laquelle des veaux de 2 ans sont toréés (torturés et mis à mort)
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Quand un psy fait son show !
Selon un certain docteur Jacques Besson, psy à l’unité de pédopsychiatrie du CHU de Béziers (Hérault), «il faut expliquer à l’enfant dans les arènes le rituel de la corrida» (Midi-Libre du 14 Août 2004, c’est-à-dire pendant la Féria)
Et Midi-Libre d’interroger : «Les voisins de gradin sont parfois des bouts de chou. Que se passe-t-il dans leur petite tête ?».
Dans son chapeau , l’article précise également que le psychiatre « ne prétend par asséner des vérités mais simplement apporter son avis de professionnel et son regard d’ « aficionado » sur ce que peut éprouver un enfant dans les gradins, quand la vie et la mort se jouent en bas, sous ses yeux, dans le ruedo » (la piste/NDLR).
Bon, on voit déjà combien l’avis du « spécialiste (en psycho ou en taureau ?) va être objectif !
Jugez plutôt :
Midi-Libre : Peut-on amener un enfant à une corrida ?
J. Besson : On voit de plus en plus d’enfants qui assistent à ces spectacles -si on peut appeler une corrida ainsi- à ces événements, en tout cas, dont on dit qu’ils sont plus ou moins traumatisants. On considère que les paramètres d’un traumatisme sont l’intensité du choc, la brutalité, quelque chose auquel on ne s’attend pas, et hors des capacités de contrôle de l’individu et enfin l’absence de sens. Est-ce qu’une corrida entre dans cette définition ? La question reste posée.
Cela étant, un enfant va toujours à la corrida accompagné et il est plus soumis qu’un adulte à des phénomènes d’identification. D’eux vont dépendre sa réaction face à une corrida.
ML : A qui s’identifie-t-il ?
JB : D’abord, il va calquer ses réactions sur celles de son papa ou de sa maman, il va aussi s’identifier aux acteurs de la corrida. Et on ne peut prévoir à qui. Au torero, au toro, ou au cheval ? Selon le personnage auquel il va s’identifier, il verra les choses de façon tout à fait différente Je connais une petite fille qui avait été complètement fascinée par l’habit de lumière, qui était tombée amoureuse du torero à l’age de 4 ans. Elle n’avait pas du tout réagi à la mort du toro. Une autre qui faisait de l’équitation ne supportait pas que le cheval soit mis à mal par le toro. Françoise Dolto disait que dans un dessin d’enfant, il étai très important de savoir où il se situait dans son dessin. Une corrida est une mise en scène. Il y a un jeu d’identifications croisées qui fait que les émotions de l’enfant sont contenues.
ML : Faut-il préparer l’enfant à ce qu’il va voir ?
JB : Tout à fait. Il faut que les parents proposent un sens à ce qui se passe dans l’arène, expliquer pour que l’enfant puisse surmonter ses émotions. La mort du taureau est quelque chose de ritualisé. Que l’on soit d’accord ou non avec ce rite n’est pas le sujet. C’est beaucoup moins traumatisant que de voir la violence à la télévision sans filtre. Quand les enfants vivent quelque chose dans la réalité, ils en éprouvent de la souffrance, de la douleur . Dans les fermes les enfants voyaient tuer le cochon. Mais c’était une souffrance vécue dans le corps, rendue charnelle, incorporée. Quand il regarde un jeu vidéo ou la télé, il n’éprouve pas de souffrance. Les enfants sont décalés par rapport à la réalité et c’est vrai qu’il y a un danger. C’est beaucoup plus dommageable pour la construction de sa personnalité.
ML : On serine aux enfants qu’il ne faut pas faire de mal aux animaux. N’y-t-il pas un risque de reproduction ?
JB : L’enfant passe par des phases pulsionnelles, dont certaines sadiques. Un spectacle comme la corrida peut effectivement titiller ses pulsions sadiques. Mais en même temps on lui propose une mise en scène où cette violence est contenue dans un ensemble de règles. D’ailleurs l’éducation en général consiste à lier leurs pulsions à des règles, à leur apprendre à ne pas les exprimer de façon sauvage.
ML : A quel âge un enfant peut comprendre ce rituel ?
JB : A chaque chose de la vie on peut donner une explication. On peut parler aux enfants, leur expliquer le sens que nous donnons à la corrida. On peut tout expliquer aux enfants très jeunes à condition de faire confiance en leurs capacités de compréhension. Bien sûr à 3 ans ils n’ont pas les mêmes facultés que nous. Mais ce qui est important, c’est qu’ils sentent qu’il y a quelque chose à comprendre. On pourra y revenir plus tard.
ML : Comment peut-on expliquer une corrida ?
JB : Là, c’est l’aficionado qui parle. Dans une corrida, il y a plusieurs niveaux de lecture. On peut y voir un spectacle barbare, la lutte de l’humanité contre la bestialité. On peut aussi y distinguer les deux éléments structurants d’une personnalité. La sexualité, à travers l’émoi que provoque le torero chez les dames. Et la mort bien évidemment. Eros et Thanatos.
Nos commentaires :
De toute évidence ce praticien est aficionado avant même d’être médecin, C’est grave.
Il ne se pose pas de question : hors la corrida point de salut ! Pour lui, elle est obligatoire, nécessaire, incontournable, ce qui évidemment oriente son discours tout entier. Heureusement qu’il prend le soin de préciser qu’il ne prétend pas asséner de vérités. OUF !
Il avance que la corrida n’est pas un spectacle mais un rituel. Cela lui facilite bien les choses car, il est hélas vrai que les pires exactions sont commises depuis la nuit des temps et partout dans le monde, y compris sur des humains, sous les fallacieux prétextes du respect de rituels de toutes sortes.
Malgré son statut de praticien, son argumentaire assorti de quelques notions de base (référence à Françoise Dolto), ne diffère pas fondamentalement des arguties habituelles récitées par les adeptes de la tauromachie ibérique, notamment en ce qui concerne l’ «éducation » à donner aux individus, et pas seulement aux enfants, pour les « former » (déformer dirons-nous) à l’aficion. Les pies ne faisant pas des moineaux, les parents et amis aficionados s’avèrent être de bons éducateurs. Plus effarant, à la question : «faut-il préparer l’enfant à ce qu’il va voir ? », réponse péremptoire : « Tout à fait ! » et revenant au rite : «Que l’on soit d’accord ou non avec ce rite, là n’est pas le sujet».Paf ! on ne discute pas !
Un aveu qui n’est pas pour nous déplaire : « Un spectacle comme la corrida peut effectivement titiller les pulsions sadiques de l’enfant ».Certes les termes utilisés sont quelque peu édulcorés par rapport aux nôtres mais quand même…! Par contre prétendre que « les émotions de l’enfant sont contenues » nous parait inexact. Pour nous, elles sont «formatées». « Humanité contre bestialité »: encore un poncif d’autant plus navrant qu’il est utilisé par un thérapeute. C’est fou ce que la passion peut dépasser la raison, même chez un médecin de l’âme.
Passeport pour les arènes (2005)
AU SECOURS !
NOS ENFANTS SONT EN DANGER !
Les tauromaniaques se rendent bien compte que de génération en génération la barbarie des arènes est de moins en moins prisée du public. Pour la rentabilité de leur sinistre commerce il leur est donc nécessaire de former, dès l’enfance et l’adolescence, les futurs aficionados. Et ils y mettent les moyens ! Voyez un peu :
A Arles sur Rhône (Bouches du Rhône/13), ville de sang de tradition, les organisateurs de corridas ont mis en place une opération de promotion en plusieurs parties auprès des jeunes. La revue « Arènes-Infos » dans son N° 17 de mars 2005 décrit en détail les modalités de cette offensive de séduction. Nous en transcrivons ci-dessous l’essentiel.
« PASSEPORT POUR LES ARENES »
Favoriser l’aficion de demain.
Pour la première fois, une opération globale en faveur du public de demain sera mise en place à Arles à l’occasion de la prochaine temporada. Au programme, initiation à grande échelle et « passeport pour les arènes ».
Arles innove et fédère.
Comment imaginer que la culture taurine puisse se perpétuer, si ceux à qui il incombera de reprendre un jour le flambeau sont laissés à la porte des arènes ? Or le spectacle taurin, uniquement financé par les recettes qu’il génère (1), a un prix élevé qui le rend inabordable pour les plus jeunes parmi lesquels se trouve le public et les décideurs de demain. Dans le monde des « toros », innover est parfois difficile en raison du poids des habitudes mais cela devient une nécessité. Qu’une des grandes arènes françaises se lance dans un ambitieux projet, lequel à pour objet de permettre aux jeunes d’aborder la tauromachie de manière privilégiée, est d’autant plus important que pour le mener à bien ont été réunies autour de « l’empresa » (2) et de la ville diverses entités, dont l’école taurine (1) qui prendra en charge les démonstrations pratiques qui auront lieu à l’Espace Toro, mais aussi les collectivités publiques (1),les associations, les aficionados, les ganaderos et les toreros appelés à travailler ensemble pour défendre le projet.
Le public de demain.
Les jeunes scolaires, qui participeront, entreront gratuitement aux arènes à l’occasion de plusieurs spectacles de la féria, tandis que grâce au « passeport pour les arènes » tous les moins de 20 ans qui le souhaitent pourront pour une somme forfaitaire équivalente à un billet d’entrée, assister à la presque totalité de la saison : 20 spectacles pour les moins de 20 ans pour 35 euros, telle est l’initiative prise par l’empresa (2) avec le soutien de la ville (1).
Autrement dit pour 1.75 euro par spectacle, les jeunes pourront assister à la majeure partie de la saison arlésienne. Par ailleurs, tout au long de l’inter saison, des activités diverses seront proposées aux détenteurs du passeport pour les arènes afin de leur faire découvrir l’écosystème des ganaderias (3), les coulisses du monde de la tauromachie et tous les métiers qui la composent. Ces dernières activités compteront avec le soutien de la Région PACA (1) ainsi que celui de diverses organisations professionnelles.
Combien de jeunes répondront-ils à l’offre qui leur est faite ?
On est dans l’inconnu. Dix, cent, mille ? nul ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que celui-ci s’inscrit dans la durée et que de cette manière l’empresa et la ville ont entrepris un travail de longue haleine dont les fruits seront cueillis dans quelques années. Ce qui est sûr aussi, c’est que cette opération pilote est appelée à faire des émules, les villes de Nîmes et Béziers ayant déjà manifesté leur intérêt. Il en va de l’avenir de la tauromachie, ce que Arles, ville du Taureau a parfaitement compris.
La culture taurine (4) au quotidien
Des relais doivent maintenant se mettre en place pour accélérer le succès : pourquoi ne pas imaginer par exemple que les cercles taurins diffusent l’info auprès de leurs jeunes adhérents, ou auprès des enfants de leurs adhérents, et prennent en charge pour eux les formalités simplifiées d’inscription ? Pourquoi ne pas imaginer aussi que le « passeport pour les arènes » intègre dans chaque région la liste des activités proposées par les organismes sociaux éducatifs ? Les pistes sont nombreuses et les développements infinis. A chacun d’imaginer et de mettre en place ceux qui lui correspondent le mieux. Désormais, avec le « passeport pour les arènes », l’outil de travail existe, il suffit de se l’approprier pour que dans dix ans une nouvelle génération d’aficionados remplisse nos arènes.
L’ACCES DES JEUNES A LA CULTURE TAURINE.
La survivance des cultures taurines dépend des futures générations, ce que les antitaurins ont parfaitement compris puisqu’ils prônent l’interdiction pure et simple de tout enseignement relatif à l’art taurin (4) dans les établissements scolaires, n’hésitant pas à faire pression sur les Inspecteurs d’Académie comme ce fut le cas à Saint-Sever en novembre dernier.
Notes de la FLAC :
(1) On a la preuve du contraire tout au long de l’article puisqu’il y est question de soutiens de l’école taurine, de la ville, de la région PACA, des organismes sociaux éducatifs, soit à chaque fois l’argent public. Ces gens là ne sont pas à quelques mensonges près, c’est bien connu.
(2) En Français : entreprise. (comprendre: entreprise organisatrice de corridas).
(3) Elevages de taureaux dits de «combat» par opposition à «Manades» élevages de taureaux de Camargue.
(4) « Art et Culture » sont des vocables derrière lesquels les défenseurs de la pourtant cruelle et barbare corrida se retranchent régulièrement.

Commentaires :
C’est incontestable, les taurins sentent bien que notre combat monte en puissance.
Les succès obtenus à Saint-Sever (Landes) et à Labarthe-sur-Lèze (Hte-Garonne) où, rappelons le, les Inspecteurs d’Académie suite à nos requêtes, ont fermement demandé aux enseignants de ne plus apporter leur concours aux manifestations taurines quelles qu’elles soient les inquiète énormément. Dans leurs textes le constat d’un déclin de la tauromachie est manifestement présent . Et nous pensons qu’ils sont réalistes, à leur manière bien sûr. Certaines personnalités du « petit monde de la corrida » et non des moindres reconnaissant qu’il s’agit là d’une pratique cruelle et indéfendable. (Jalabert, Baratchart etc ..). Toujours est-il qu’en ce qui nous concerne nous devons plus que jamais nous mobiliser pour faire obstacle à ces manœuvres immorales. Il nous faut par tous les moyens nous opposer aux tenants de la violence et du lucre qui ne se soucient aucunement de la santé mentale des jeunes qu’ils essayent de racoler honteusement.
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Question au gouvernement par Valérie Pécresse
Députée UMP de la 2ème circonscription des Yvelines Valérie PECRESSE est également rapporteur de la mission d’information sur la famille et les droits des enfants.
En date du 4 janvier 2005 la députée a questionné le ministre de l’Intérieur sur l’extension des corridas en France et sur la fréquentation des arènes par les mineurs (Voir ci-dessous). Sa question a finalement été attribuée au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice qui lui a répondu le 23 août 2005 en ignorant complètement la deuxième partie de sa demande qui concerne l’entrée des mineurs aux spectacles de corrida. Une fois de plus nous posons la question: « Pourquoi la corrida bénéficie-t-elle toujours d’un régime de faveur »?. En effet, si la législation en vigueur (article 521/1 du code pénal) ne nous permet pas d’obtenir de réelles avancées en direction de l’abolition pure et simple de cette ignoble pratique, il nous semble prépondérant de pouvoir au moins agir pour la protection de l’enfance et de l’adolescence. Hé bien non ! Le Ministre de la Justice ne retient que la jurisprudence favorisant la tauromachie ibérique. Devons-nous lui faire remarquer que des restrictions, concernant les mineurs, existent pour les spectacles de violence et de pornographie? Sans doute. Et nous ne manquerons pas de reprendre contact avec Madame Valérie PECRESSE pour que cette question ne tombe pas dans l’oubli…. gouvernemental en l’occurrence.
Mais tous les espoirs ne sont pas perdus. Pour preuve la lettre de soutien que nous avons reçue de Madame Claire BRISSET, la Défenseure des Enfants, suite à la démarche de Jean Poignet coresponsable avec Joël Lunel de la commission Protection de la Jeunesse.
Nous affirmons depuis toujours que l’évolution des mentalités sera une des causes de la disparition de la corrida. C’est donc avec beaucoup de satisfaction que nous relevons cette déclaration de Madame Claire Brisset:
« La révolution des mentalités doit encore avoir lieu. »
Ministère interrogé : Intérieur
Ministère attributaire : Justice
Question publiée au JO le : 04/01/2005 page : 28
Réponse publiée au JO le : 23/08/2005 page : 8047
Date de changement d'attribution : 23/08/2005
Rubrique : arts et spectacles.
Tête d'analyse : tauromachie. Analyse : interdiction |
| Texte de la QUESTION : MmeValérie Pecresse attire l'attention de M.le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales sur les conditions dans lesquelles se déroulent les corridas en France. Chaque année, plusieurs centaines de taureaux sont mis à mort dans les arènes de France. Ce spectacle est ouvert à toutes les personnes, même aux enfants, contrairement à ce qui se passe dans certaines provinces d'Espagne qui ont limité l'entrée aux arènes aux plus de dix-huit ans. Elle souhaite savoir si l'État français pense prendre des mesures pour contrôler le nombre de taureaux mis à mort chaque année, ainsi que pour limiter l'âge d'accès à ces manifestations dont la violence peut heurter la sensibilité des plus jeunes.- Question transmise à M.le garde des sceaux, ministre de la justice.
Texte de la REPONSE : Le garde des sceaux, ministre de la justice, entend apporter à l'honorable parlementaire les éléments de réponse suivants : la France s'est dotée depuis de nombreuses années d'un arsenal législatif et réglementaire spécifique en matière de protection animale, notamment sur le fondement de deux articles du code rural : l'articleL. 214-1 qui considère l'animal comme un être sensible et l'articleL. 214-3 qui prescrit l'interdiction des mauvais traitements envers les animaux domestiques ou sauvages, apprivoisés ou tenus en captivité. Ces principes fondateurs de la protection animale ont été suivis de nombreux textes réglementaires applicables selon les espèces animales et les utilisations auxquelles elles sont éventuellement destinées. Les articles521-1 et R.654-1 du code pénal prévoient une exception aux incriminations des mauvais traitements, des sévices graves et des actes de cruauté commis à l'encontre des animaux, s'agissant des courses de taureaux et des combats de coqs qui s'inscrivent dans le cadre d'une tradition locale ininterrompue. L'interprétation de ces articles, en particulier en ce qui concerne l'aire géographique d'une tradition locale, n'est pas du ressort du pouvoir réglementaire mais appartient aux tribunaux.
La deuxième chambre civile de la Cour de cassation a encore fait une application stricte de ce texte dans un arrêt du 10juin2004 en rappelant que « seule l'existence d'une tradition locale ininterrompue fait obstacle à ce que s'appliquent à une course de taureaux les dispositions pénales qui sanctionnent le fait d'exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé ou tenu en captivité ». Cependant, cette exception s'inscrit dans le cadre d'un dispositif rigoureux concernant la protection des animaux, assorti de dispositions répressives renforcées dont la mise en oeuvre fait l'objet d'une attention particulière. Il convient en effet de rappeler que la loi n°99-5 du 6janvier1999 a porté les peines réprimant les sévices graves dont sont victimes les animaux de six mois à deux ans d'emprisonnement et de 7 622 à 30 000euros d'amende. Elle a en outre permis aux tribunaux de prononcer, à titre de peine complémentaire, l'interdiction de détenir un animal à titre définitif ou temporaire. Enfin, la loi n°2004-204 du 9mars2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité est venue renforcer les dispositions existantes en modifiant l'article521-1 du code pénal, afin que les sévices de nature sexuelle commis à l'encontre des animaux soient réprimés comme des sévices graves pour une meilleure protection des animaux soumis à des actes zoophiles. La législation en place et son application ferme par les magistrats paraissent donc en l'état suffisantes pour assurer la protection animale et aucun projet n'est en cours actuellement à la chancellerie pour modifier le cadre juridique existant. |
Les niños dans l'arène
Dans quel monde vivons-nous ?
LA HONTE! A ARLES, la passion imbécile de certains, l’appât du gain pour d’autres et la peur de perdre quelques suffrages pour les politiques font qu’on est en train de conditionner les enfants au mépris de le morale, de l’éthique et du respect du monde du vivant en utilisant des méthodes d’endoctrinement dignes des régimes totalitaires. La honte !
Chez les taurins on ne se cache plus. On affirme haut et fort la volonté d’embrigader la jeunesse pour «formater» les aficionados de demain.
Francis Espéjo, membre du conseil d’administration de l’école taurine d’Arles déclare dans le quotidien La Provence du 24 mars 2005: « La féria des niños, il faut la faire, sinon l’aficion meurt et, dans les arènes, il n’y a plus que des vieux ».
Le Maire d’ARLES, Hervé SCHIAVETTI en personne, cautionne cette infamie. N’a-t-il pas donné le départ du défilé de près de 300 enfants des centres aérés qui ont participé à la féria des niños, dans les rues, aux arènes et à l’Espace-Toro.
Ajoutez à cela le « Passeport pour les arènes », que nous avons dénoncé, et vous vous rendez compte de la gravité de la situation. Il y a danger quand tout ce qui est administratif, politique, médiatique, juridique et associatif se ligue dans des « organisations » de ce type.
Tout aussi préoccupante est l’attitude des parents qui ne se rendent pas compte de la nocivité et de la dangerosité de ces enrôlements. Car ils ont les dents longues les fanatiques de la « muleta » ! Voyez plutôt: « Ce qui est important c’est qu’on fasse venir les gamins de l’extérieur, estime Paquito LEAL, directeur de l’école taurine. Ils ne vivent pas la féria comme les petits Arlésiens. Il faut créer une aficion pour plus tard ». Selon le directeur, cette féria des niños va s’inscrire dans le calendrier. Samedi les enfants vont revenir, pour assister à la novillada. Nul doute qu’ils devraient entraîner leurs parents les autres jours, au moins pour les animations taurines dans la ville. (La Provence du 24 mars 2005).
Extraite de la chanson de Francis CABREL: « La Corrida », une question prend ici toute son importance:
« Est-ce que ce monde est sérieux ? »
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