Les actions
UNESCO :
souhait des promoteurs de la corrida de son inscription au Patrimone Culturel de l'Humanité

Exposition de peinture au Mas d'Artigny à St Paul de Vence
Le directeur joue la parité

Compte-rendu de la remise des signatures au Parlement de Catalogne pour la campagne anti-corrida organisée par ADDA et WSPA.
Lire également notre dossier sur les villes antitaurines

Corrida à la télé : pour une signalétique en attendant l'interdiction de sa diffusion Réponse de Dominique Baudis, Pdt du CSA

Lettre ouverte au maire de Gimont

Rémich (Luxembourg) jumelée avec une commune taurine (Bessan / 34)
Notre réponse au bourgmestre de Rémich

Lettre de sensibilisation aux associations caritatives susceptibles de recevoir des dons du lobby taurin

La "Traviata" mise en scène par Henry-Jean Servat
Non à la corrida ! Oui à la Traviata !

"Course humaine" de Pampelune organisée par Peta le 5 juillet

Villeneuve-lès-Maguelone
Sa prison.....ses arènes

Lettre de félicitations à "Cheval-Magazine"

Le gavage bientôt protégé comme la corrida ?

Colloque international :
" Ethique et Esthétique de la corrida " par les protaurins les 16 et 17 décembre 2005 à l'Ecole Normale Supérieure.
Nous y étions et nous pouvons témoigner du délire intello qui entoure la corrida.

2005

Affaire UNESCO

Alerte !

La F.L.A.C informée de la démarche discrète des défenseurs de la corrida en vue de la faire inscrire au Patrimoine Culturel de l'Humanité par l'UNESCO, intervient auprès de cette organisation et lance un plan d'action international pour rendre vaine cette tentative de pérenniser une pratique criminelle dont certains aspects à prétention culturelle n'empêcheront pas son abolition inéluctable.

Affaire en cours


Exposition de peinture au Mas d'Artigny à St Paul de Vence
Le directeur joue la parité

À l'attention de :
Monsieur Gorand BRKIC
Directeur du Mas d'Artigny
Route de la Colle
06570 Saint-Paul-de-Vence

Agde, le 21 février 2005

Monsieur le Directeur,

Permettez-moi de venir par la présente vous dire combien nous avons été sensibles au fait que vous ayez, au cours de l'exposition d'œuvres se rapportant à la tauromachie ibérique sur la période du 7 janvier au 3 février 2005, exposé le texte de notre ami le philosophe Henri Callat.
Nous tenons également à redire ici que nous ne souhaitons pas entrer dans un système de censure réductrice, mais il nous paraît de la plus haute importance de faire en sorte qu'il ne puisse en aucune façon y avoir de prosélytisme autour d'une pratique condamnable à tous égards.
Ainsi, restons-nous à votre entière disposition pour, le cas échéant, évoquer ensemble une démarche qui nous paraît plus que jamais nécessaire et vous adressons ce jour, Monsieur le Directeur, l'expression de nos respectueuses salutations.

Pour la F.L.A.C
La Présidente
Josyane QUERELLE-RIQUIER

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Photo CAC 83


Corrida à la télé :
pour une signalétique en attendant l'interdiction de sa diffusion

À l'attention de :
MONSIEUR DOMINIQUE BAUDIS
PRESIDENT DU CSA
TOUR MIRABEAU
39 - 43 QUAI ANDRE CITROËN
75739 PARIS CEDEX 15

Agde, le 21 mars 2005.

Monsieur le Président,

Nous souhaitons porter à votre connaissance le fait que, très régulièrement, des téléspectateurs nous interpellent sur la programmation de magazines ou de reportages sur la corrida qui sont présentés au public comme s'il s'agissait tout au plus d'un spectacle banal et nous font part de leur indignation.

Les responsables de ces programmations font, pour leur part, valoir que ces reportages visent essentiellement des zones dites de " tradition " et qu'à ce titre, les spectateurs ne devraient donc pas être " surpris " de découvrir, ici ou là, des images de taureaux ensanglantés.

Nous pouvons cependant vous dire que si ces personnes ne sont pas à proprement parler " surprises ", elles n'en sont pas moins choquées et avouent changer de chaîne ou éteindre leur téléviseur. Nous ajouterons aussi que ces personnes sont bien plus nombreuses qu'on imagine puisque tous les sondages font apparaître que plus de 4 Français sur 5 sont hostiles à la corrida.

Nous souhaiterions, en outre, dire qu'à nos yeux, l'information ne doit pas être synonyme de propagande.

Or, les divers magazines consacrés au lobby tauromachique sont le lieu d'un indéniable prosélytisme, notamment en direction de la jeunesse, cible privilégiée des promoteurs de corrida.

Il convient donc de prendre au plus tôt toutes les mesures susceptibles de restreindre la dangerosité de ces images en attendant l'interdiction de leur diffusion..

S'agissant d'émissions de "fictions", une signalétique d'avertissement a été mise en place. Elle permet ainsi aux parents vigilants de mieux cerner le type de spectacle proposé.

Certes, un reportage ou un magazine ne sont pas une fiction et, à ce titre, devraient être doublement soumis à la même signalétique car il ne s'agit plus de virtuel, les images de corrida étant hélas le reflet d'une réalité d'une brutalité sans nom.

Nous n'ignorons pas non plus, que de tels magazines ont pour but d'ancrer plus solidement encore la corrida dans les zones où elle sévit déjà. Et ce type de promotion perdurera tout autant que la corrida en question ne sera pas sérieusement criminalisée et sanctionnée par la Loi.

Nous vous avons ainsi sollicité de très nombreuses fois pour vous faire part de nos inquiétudes et vous nous avez toujours fort aimablement répondu, ce dont nous vous remercions bien vivement.

C'est donc en comptant résolument, une fois encore, sur votre bienveillante attention que nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président du CSA, l'expression de nos respectueuses salutations.

Pour la F.L.A.C
La Présidente
Josyane QUERELLE-RIQUIER


Réponse de Dominique BAUDIS, Président du CSA
Extrait de sa lettre en date du 15 septembre 2005

(...) Je tenais à vous indiquer également que le Conseil est bien conscient que les programmes de corrida contiennent des scènes susceptibles de heurter la sensibilité des enfants et des les angoisser. Ces séquences, lorsqu'elles sont diffusées sans signalétique, sont suceptibles en outre de banaliser des actes de cruauté envers les animaux dans l'esprit des jeunes téléspecteurs.

Pour cette raison, et suite à plusieurs plaintes de téléspectateurs, le Conseil a envoyé un courrier à Monsieur Marc Tessier, alors Président de France Télévisions, lui demandant d'accompagner le magazine "Tiercios", programmé sur France 3 Aquitaine, d'une signalétique "- de 10 ans". Le Conseil préconise également d'éviter, dans la mesure du possible, une diffusion le dimanche matin, qui correspond à une tranche horaire où les enfants peuvent être seul devant la télévision.(...)


LETTRE OUVERTE AU MAIRE DE GIMONT (GERS)

À l'attention de :
Monsieur Pierre Duffaut
Maire de Gimont
85 rue Nationale
32340 GIMONT

Agde, le 23 mai 2005

Monsieur le Maire,

L'avancée morale, intellectuelle, d'un individu, d'une collectivité, est une nécessité pour faire peu à peu émerger une civilisation qui ne soit pas qu'un simple creuset des pensées sclérosées ou du maintien coûte que coûte de pratiques indéfendables.
Or, s'il est un domaine qui va très précisément à l'encontre d'une telle avancée, c'est bien celui des tauromachies ibériques qui tentent par tous les moyens de légitimer un acte qu'implicitement la loi condamne.
La corrida reste en effet le lieu de toutes les transgressions dès lors que sa violence est aujourd'hui très largement valorisée et que ses acteurs en sont perçus comme les héros des temps modernes.
Nous n'ignorons pas que les tenants d'une telle pratique évoquent la tradition, l'art ou la culture pour mieux pérenniser ce dont par ailleurs ils ne nient plus la cruauté.
Alors comment peut-on au nom d'on ne sait quelle durée dans le temps, cautionner un acte aussi insensé ?
Il en va de la responsabilité de chaque citoyen et plus encore de chaque élu. Ainsi êtes-vous ce citoyen garant des valeurs préservant le lien social, ce dernier ne pouvant en aucune façon s'accommoder de la violence et moins encore de la violence codifiée, ritualisée, de la violence sacrificielle.

A ce titre, nous menons campagne partout où sévit la corrida afin d'apporter une information auprès des personnes désireuses de mieux comprendre les mécanismes qui permettent le maintien d'une telle ignominie sur votre territoire ainsi qu'auprès des jeunes qui font l'objet d'un intense prosélytisme de la part de ceux qui font la promotion de la corrida jusques et y compris dans les établissement scolaires. Nous informons également les contribuables sachant que pour la plupart ils ignorent encore que des municipalités, des conseils généraux ou régionaux soutiennent financièrement la corrida avec l'utilisation de fonds publics.

Pour toutes ces raisons, nous entendons pareillement intervenir à hauteur de la ville de Gimont en Midi-Pyrénées où travaille notre antenne toulousaine qui mène des interventions pacifiques, faut-il le préciser !

C'est donc en espérant vivement que les temps à venir soient porteurs d'une réflexion prenant en compte la dimension éthique dans l'espace économique et festif que nous vous prions d'agréer, Monsieur le Maire de la ville de Gimont, l'expression de nos salutations distinguées.

Pour la F.L.A.C
La Présidente
Josyane QUERELLE


Rémich (Luxembourg) jumelée avec
une commune taurine (Bessan / 34)

Monsieur le MAIRE
de la Ville de REMICH
BP 9
L-5501- REMICH
LUXEMBOURG

Agde, le 24 mai 2005

Objet : Jumelage avec la ville de BESSAN dans l'Hérault (34)

Monsieur le Maire,

Depuis 1993 notre Fédération, qui regroupe la plupart des associations de défense des animaux en France et dans plusieurs pays européens, combat la cruauté et les sévices graves infligés aux animaux dans le cadre spécifique de la tauromachie d'origine ibérique c'est-à-dire les corridas.

Tout en nous réjouissant du rapprochement de votre ville avec celle de Bessan, car nous sommes parfaitement convaincus que les échanges culturels entre les peuples sont une avancée considérable pour la civilisation, nous nous devons de vous dire que cette cité fait malheureusement partie des villes tauromachiques de France.

En effet, chaque année, un ou plusieurs spectacles de torture et de mise à mort de taureaux y sont organisés.

Le fait que l'on trouve à Bessan un club taurin ainsi que la Société PERNOD-RICARD , principal sponsor de la tauromachie en France, qui y exploite un site de production, ne fait qu'accentuer le caractère procorrida.

Cependant à Bessan, comme partout ailleurs, les "aficionados" (passionnés de corrida) ne représentant qu'une infime minorité de la population nous avons considéré qu'il était nécessaire de vous informer de cette caractéristique. En effet n'est-t-il pas évident que mieux on se connaît, mieux on s'apprécie !

Par ailleurs des villes taurines du Sud de la France sont également jumelées avec des cités du Nord de l'Europe et nous savons que les Maires de ces dernières ne se privent pas de reprocher à leurs homologues leur soutien à des traditions éculées, sans pour autant remettre en cause les relations créées.

Persuadés que la ville de Rémich fera bon usage de nos informations et en vous remerciant de l'attention que vous avez portée à notre courrier, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de notre meilleure considération.

Pour la F.L.A.C
La Présidente
Josyane QUERELLE

Lire également notre dossier : Jumelage avec des villes taurines

Notre lettre du 24 mai 2005
Votre réponse du 13 juin 2005

Monsieur le Bourgmestre,

Nous avons bien reçu en son temps votre lettre du 13 juin et vous remercions vivement de votre réponse. En effet, votre intention dont vous nous faites part, d'évoquer avec les personnalités bessanaises la problématique tauromachique que nous vous avons signalée, nous rend particulièrement heureux.

Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour le retard avec lequel nous reprenons contact avec vous.

Ce délai nous a permis de constater qu'il n'y avait pas eu de spectacle taurin pendant les festivités annuelles de Bessan qui se sont déroulées du 7 au 10 août et nous nous apprêtions à vous faire part de notre satisfaction.

Malgré nos craintes nous espérions qu'il n'y aurait pas de cruauté cette année à Bessan. Malheureusement une "novillada" (corrida avec des taureaux de 3 ans) a eu lieu le 21 Août dernier ce qui nous a particulièrement peinés et déçus.

Notre combat est très dur et très difficile dans le Sud de la France où perdurent ces traditions héritées des temps reculés indignes d'une civilisation digne de ce nom. Mais notre détermination à combattre ces archaïsmes est grande et nous sommes certains que grâce à la lente mais inévitable évolution des mentalités nous finirons par l'emporter. En ce sens nous fondons de grandes espérances dans les Européens du Nord qui nous paraissent civilement plus évolués et plus respectueux des différents aspects du monde du vivant.

Avec nos remerciements réitérés,
Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Bourgmestre, l'expression de notre meilleure considération.

Pour la F.L.A.C
La Présidente
Josyane QUERELLE


Lettre de sensibilisation aux associations caritatives
susceptibles de recevoir des dons du lobby taurin

Madame la Présidente, Monsieur le Président,

Vous lancez régulièrement des campagnes de collecte de dons afin de financer vos actions. Bon nombre de nos adhérents y répondent généreusement.
Par ailleurs et pour sa part, le lobby tauromachique propose de plus en plus souvent à des structures associatives ayant un agrément dans les domaines humanitaire, caritatif, solidarité sociale, les bénéfices éventuels de corridas dites "de bienfaisance". Il est possible que votre siège ou l'une de vos délégations du Sud de la France, d'Espagne, du Portugal ou de certains pays d'Amérique Latine soient un jour contactés, même en l'absence d'une connivence "tauromachiste" au sein de votre équipe.

Sachez que le véritable but des promoteurs de corrida n'est pas de faire dans la philanthropie mais de servir sournoisement leurs propres intérêts :

  • Ils cherchent en effet à donner une image de respectabilité à un spectacle barbare qui heurte la sensibilité de la plupart de nos concitoyens.
  • Ils bénéficient alors de l'exonération de TVA.
  • Il s'agit de corridas hors programme de la saison qui permettent aux tortionnaires (toreros) un entraînement supplémentaire à bas prix ; ce qui n'exclut pas, pour ces derniers, des blessures plus ou moins graves, d'autant qu'ils sont, pour l'occasion, souvent jeunes et peu expérimentés et que, par ailleurs, les taureaux sont souvent moins fiables (ils peuvent être parfois très faibles comme très imprévisibles dans leurs charges en direction du leurre qu'est le chiffon rouge.)

Si selon l'empereur Vespasien, "l'argent n'a pas d'odeur !" en l'occurrence, il en a ici belle et bien une, fort préjudiciable : celle du sang, du stress et de la souffrance.
On ne doit pas banaliser la violence, surtout auprès d'un public jeune qui n'est pas encore hélas interdit de corrida. L'on ne peut pas dans un même temps prétendre soulager ici des détresses et en provoquer d'autres ailleurs, fussent-elles différentes ou moins connues.
Il serait incohérent voire irresponsable sur le plan éthique que vous acceptiez, le cas échéant, une telle contribution.
Cela ternirait l'image de votre association et conduirait bon nombre de donateurs à cesser de vous apporter leur soutien.
C'est pourquoi nous suggérons que votre Conseil d'Administration anticipe cette question et, compte tenu de nos arguments ci-présents et annexés, prenne préventivement la décision de principe de refuser les corridas dites "de bienfaisance" ainsi que toutes opérations de communication du lobby tauromachique.
Une telle décision rassurerait les donateurs soucieux de cohérence éthique et, si vous le vouliez, nous en ferions bien sûr la plus large publicité.

Nous sommes à votre entière disposition pour toutes informations complémentaires.

C'est donc en vous remerciant par avance de votre bienveillante attention et dans le vif espoir d'une réponse rassurante, que nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de notre considération distinguée.

Pour la FLAC
Le Vice-président en exercice.
Alain Camisuli

Lire également notre dossier: Rapport entre le lobby taurin et les structures caritatives


"La Traviata" mise en scène par Henry-Jean Servat
Non à la corrida ! Oui à la Traviata !

À l'attention de :
Monsieur Henry-Jean SERVAT

Objet : Remerciements

Agde, le 29 juillet 2005
Cher Monsieur Henry-Jean SERVAT,

Soyez, sans plus attendre, bien vivement remercié pour la démarche que vous avez entreprise et réussi à mettre en œuvre et qui a consisté non seulement à écrire sans détour ce que vous pensez de la corrida mais, qui plus est, à publier votre "déclaration de foi " dans le livret concernant la Traviata que vous mettez en scène !
Sachez également que nous sommes particulièrement sensibles à cette formidable preuve de courage car il faut en effet en avoir beaucoup aujourd'hui pour oser publiquement ce que vous avez fait sachant combien de toutes parts s'exercent des pressions de toutes sortes, notamment à l'encontre des personnalités qui, comme vous, occupent le devant de la scène dans l'espace artistique. La mode étant hélas depuis bientôt deux décennies à la torture des taureaux et des chevaux dans les arènes. Et oser disjoindre sa voix du concert de louanges qui tentent d'encenser la corrida est assez iconoclaste, voire un brin suicidaire ! Tout au moins dans le contexte actuel.

Car si vous allez certes dans le sens de l'Histoire, celle qui s'écrit non seulement avec un grand H mais qui, surtout et avant tout, va dans le sens d'une évolution des consciences, vous n'allez pas précisément en revanche dans le sens de la petite histoire, celle qui s'écrit dans la fange de nos sociétés en mal de divertissements pour le moins condamnables.

Puissiez-vous avoir cependant tout le succès à la hauteur de votre qualité morale et que cette "Traviata", si elle glorifie un instant corridas et "toréadors" (toreros), soit au fond votre meilleure ambassadrice et, par ricochet, celle de la lutte que vous soutenez activement en opposant au bas de votre texte les logos des diverses structures oeuvrant ensemble à l'abolition des corridas ici et ailleurs.

Peut-être aurez-vous, en outre, réussi là une espèce de syncrétisme établissant et rétablissant un lien tellement nécessaire entre toutes les bonnes volontés.
Et même si cette lutte est encore pour l'heure loin d'être finie, vous aurez sans nul doute contribué à en écrire l'un des chapitres de première importance.

Sachez enfin que nous vous en sommes pour notre part particulièrement reconnaissants et que nous garderons encore et toujours un excellent souvenir de notre rencontre à Cannes en mai 2002 lors de la projection du Film de la Honte de Thierry HELY.

Vous réitérant toutes nos félicitations, veuillez croire, Cher Monsieur Henry-Jean SERVAT, en l'assurance de nos sentiments choisis.

Pour la FLAC
Le Bureau


La Présidente
Josyane QUERELLE
Le Vice-Président
Alain CAMISULI
La Secrétaire Fédérale
Colette COSTE
Le Trésorier
Alain JORON


5 juillet 2005
COURSE HUMAINE DE PAMPELUNE
organisée par PETA
Le témoignage du représentant de la F.L.A.C Roberto Rinaldo

Si je dois être sincère, quand j'ai accepté de participer à l'action de Pampelune, je me demandais si cette manifestation n'était pas seulement destinée aux curieux. Voici donc comment j'ai vécu cet événement.

Montpellier : six heures du matin. A peine monté dans le car qui devait nous amener en Espagne, j'ai commencé à comprendre que les participants (beaucoup de jeunes, j'étais peut-être le plus âgé) étaient tous très motivés. Le voyage a été un peu éprouvant et nous sommes arrivés à destination vers 19 h au camping prévu à notre intention.

Certains d'entre nous ont planté leur propre tente, tandis que d'autres allaient s'installer dans les dortoirs communs ou dans les tentes du camping lui-même. Et puis tous au barbecue végétarien ! Là, nous avons reçu des instructions en anglais sur la manifestation du lendemain (si nécessaire, il y a toujours quelqu'un pour vous en donner la traduction). Quelques heures plus tard, certains ont encore passé un moment ensemble au bar du camping et puis au lit !

Le lendemain matin à 9 h, départ pour Pampelune où j'ai pu constater que tout avait été organisé à la perfection. En effet, les vêtements avec le nom de leurs propriétaires, de chacun se trouvaient, dans des sacs, ces derniers rangés par nationalité dans des chariots tirés par des volontaires. Ainsi, à la fin, chacun pouvait retrouver aisément ses vêtements. A l'origine, les participants couraient complètement nus mais un arrêté du maire a mis fin à cette situation. Aussi, désormais, certains portent un string, d'autres un maillot de bain blanc, d'autres encore, comme moi par exemple, sont entièrement vêtus de blanc. Par ailleurs parmi la gent féminine, qui portait des auto-collants sur la poitrine ou bien arborait une pancarte qui la dissimulait : rien de provoquant ni de vulgaire. Il y avait là des Anglais, des Américains, des Hollandais, des Suédois, des Allemands, des Français et, que je sache, un seul Italien, moi-même.

Le défilé s'est déroulé entre deux rangées de spectateurs et je peux témoigner que, parmi eux, les sympathisants étaient plus nombreux que les détracteurs qui nous invitaient à rentrer chez nous. Du reste, les policiers présents marchaient en regardant vers le public, prêts à intervenir en cas de débordements de ce dernier et non des 600 participants à la manifestation. Au fur et à mesure, chacun de nous distribuait de ci de là des colliers de différentes couleurs avec en pendentif un macaron de la P.E.T.A. (édition de la course 2005.)

A la fin de la "course" (en réalité une simple marche), nous avons visité la ville de Pampelune qui est très belle et, paradoxalement dans ce lieu de corridas, se trouve une statue de St François d'Assise, protecteur des animaux.

Vers le soir, de retour au camping, et par le biais de coups de fil parvenus de différents pays, nous avons su que les télévisions nationales avaient diffusé l'information accompagnée de quelques images. Au camping, nous-mêmes avons pu voir que la télévision espagnole consacrait cinq bonnes minutes à l'événement.

Le lendemain matin dans le car, tout le monde était satisfait et, malgré la fatigue, j'ai chanté de temps à autre des airs de mon pays pour briser quelque peu la monotonie du trajet. Car, en dehors du succès non négligeable de cette action, cela m'a permis (mais pas qu'à moi) de nouer de nouvelles amitiés avec des personnes qui ont les mêmes idéaux que nous. D'ailleurs, l'année prochaine, je compte bien remettre ça. Et surtout j'espère que de nombreux adhérents FLAC y songeront sérieusement et décideront eux aussi de participer avec nos banderoles sous réserve d'un accord préalable entre la FLAC et la PETA

.


Villeneuve-lès-Maguelone
Sa prison.....ses arènes

À l'attention de :
Monsieur Gérard Buisson
Maire de Villeneuve-lès-Maguelone
Hôtel de Ville
Place Porte Saint Laurent BP 15
34 751 Villeneuve-lès-Maguelone Cedex

Objet : inauguration arènes samedi 10 septembre 2005

Agde, le 6 septembre 2005

Monsieur le Maire,

La ville de Villeneuve-lès-Maguelone va inaugurer ses arènes le samedi 10 septembre 2005.
Elles sont semble-t-il destinées à la tauromachie camarguaise.
Nous tenons cependant sans plus tarder à vous faire part de nos craintes de voir bientôt la tauromachie à la mode espagnole se substituer aux pratiques autochtones.
En effet, nous n'ignorons pas les visées du lobby taurin ibérique dont l'implantation a été favorisée d'ouest en est dans le sud de la France par la présence de pratiques tauromachiques réputées non cruelles du type landaise ou camarguaise. Nous serons donc pour notre part particulièrement vigilants et ne manquerons pas, le cas échéant d'intervenir dans une démarche citoyenne de lutte contre la violence.

Vous remerciant par avance de l'attention que vous voudrez bien nous accorder, veuillez agréer, Monsieur le Maire de la ville de Villeneuve-lès-Maguelone, l'expression de nos respectueuses salutations.

Pour la F.L.A.C

La Présidente
Josyane QUERELLE-RIQUIER


Félicitations à "CHEVAL MAGAZINE"
Septembre 2005 - N° 406.

Objet : Félicitations

A l'attention de Catherine DURAN-BANCELIN
Directeur Général
BP 60
78490- MONTFORT-LAMAURY

Agde le 08 septembre 2005.

Madame le Directeur Général,

Nous tenons à féliciter très chaleureusement CHEVAL MAGAZINE de septembre 2005, qui, dans son éditorial du N° 406, a posé la question de l'interdiction de la corrida sous la plume de Laurence Marchand-Buon, rédactrice en chef.

Certes, si "le bras de fer n'en finit pas de se jouer" entre pros et antis c'est tout simplement parce que la corrida bénéficie encore hélas en France de la caution de très nombreux notables ainsi que d'une indéniable propagande médiatique malgré les 80 % de Français qui s'y disent hostiles.

Cet effet de mode aura cependant forcément un déclin et nous entendons poursuivre activement la lutte que nous avons entreprise depuis bientôt 15 ans afin d'obtenir l'abolition définitive d'une pratique éhontée sur notre territoire.

Pour ce faire, nous avons mis en œuvre de très nombreuses démarches dont une pétition demandant l'arrêt de l'utilisation des chevaux au cours des corridas. Cette stratégie, si elle aboutissait, aurait l'immense avantage de faire disparaître la corrida en tant que telle dès lors que ne subsisteraient plus que des exhibitions mineures du type "becerrades" ou "novillades" sans picadors. Ces exhibitions ne drainant pas les foules notre travail en serait alors grandement facilité. Nous comptons donc sur des relais spécialisés comme CHEVAL MAGAZINE pour nous aider à enfoncer le clou !

Sur cette perspective plutôt réconfortante nous tenons à vous réitérer tous nos remerciements pour votre démarche courageuse et vous adressons ce jour, Madame le Directeur Général, l'expression de nos meilleurs sentiments anticorrida.

Pour la FLAC
La Présidente
Josyane Querelle

P.J :
Notre pétition "CHEVAL"
Le document explicatif

Pour les féliciter à votre tour : lecteurs@chevalmag.com


Le gavage bientôt protégé comme la corrida ?

Notre intervention suite à l'appel du Collectif Stop-Gavage

La FLAC a écrit aux député(e)s soutenant la proposition de loi de Mme Muriel Marland-Militello ainsi qu'à Mme Geneviève Perrin-Gaillard du groupe d'étude sur la Protection Animale à l'Assemblée Nationale:

Madame la Députée,
Monsieur le Député,

Nous assistons aujourd'hui au surgissement d'une vaste réflexion autour des relations du monde humain au monde animal.
Certes, si cette réflexion n'est pas à proprement parler strictement contemporaine, ayant ici ou là au cours des siècles traversé les divers courants philosophiques, elle revêt néanmoins aujourd'hui une acuité telle que les élus ne peuvent plus l'ignorer.
L'inflation des détresses dans les diverses filières de production de produits d'origine animale n'est très certainement pas étrangère à cette réflexion.

Pour sa part, le gavage constitue encore quant à lui, l'une des techniques d'élevage indéniablement brutale d'où toute considération de l'animal en tant qu'être vivant sensible est exclue.
De telles techniques, aujourd'hui mieux portées à la connaissance d'un plus grand nombre, notamment grâce au travail de structures spécialisées comme peut l'être le Collectif Stop Gavage, sont unanimement réprouvées.
Nous ajouterons qu'une économie est bien évidemment liée à ce type d'élevage et nous ne sommes pas sans savoir que les éleveurs concernés n'hésiteront pas à faire pression sur l'ensemble des élus pour obtenir d'eux la préservation de leurs intérêts, notamment financiers.
Nous ne sommes pas non plus sans savoir que quelques élus sont prêts à recourir à la désormais fameuse "exception culturelle" afin de pérenniser le gavage, allant ainsi à l'encontre d'un mouvement pour un monde moins cruel.

Nous tenons pour notre part à dénoncer toute démarche visant à pérenniser une pratique moralement condamnable et sommes solidaires de toutes celles et tous ceux qui souhaitent en finir au plus tôt avec une exploitation éhontée du monde animal.

D'où la demande expresse que nous vous adressons ce jour, de n'accepter en aucune façon de déposer des amendements contraires aux légitimes préoccupations des citoyens éthiquement responsables.

Pour la F.L.A.C
La Présidente
Josyane Querelle


Colloque international : " Ethique et Esthétique de la corrida " par les protaurins les 16 et 17 décembre 2005
à l'Ecole Normale Supérieure.

Programme
Recto
Verso

A l'attention de
Madame Monique Canto-Sperber
Directrice de L'Ecole Normale Supérieure
45, rue d'Ulm
75005 PARIS

Agde, le 19 décembre 2005

Madame la directrice,

Une vaste propagande est actuellement organisée en France autour d'une pratique particulièrement controversée du nom de corrida.

Les colloques se multiplient qui tentent ça et là de lui donner des lettres de noblesse.
Pour notre part nous avons entrepris, depuis maintenant 13 ans, un travail d'information sur cette corrida en question qui, si elle est l'expression d'une culture, n'en demeure pas moins le signe d'un monde humain encore loin d'être civilisé.

N'oublions pas non plus que sauf exception la corrida est interdite en France comme constitutive se sévices graves et d'actes de cruauté envers des animaux (des taureaux et des chevaux en l'occurrence). Et qu'à vouloir lui faire franchir les portes des écoles depuis la maternelle jusques aux facultés, on est tout simplement en train de banaliser la violence.

Il nous paraît donc tout à fait nécessaire d'examiner les tauromachies ibériques afin d'aller au-delà des seules apparences, et d'analyser tous les tenants et tous les aboutissants de ce phénomène de société.

Vous remerciant par avance de donner également la parole aux opposants à la corrida en leur permettant d'exposer leurs thèses, veuillez agréer, Madame la Directrice de l'Ecole Normale Supérieure, l'expression de ma considération distinguée.

Pour la F.L.A.C
La Présidente
Josyane QUERELLE-RIQUIER

Réponse de la Directrice
Chère Madame,
je comprends votre émotion devant l'annonce du colloque qui s'est tenu à l'ENS.
C'était une initiative de deux directeurs de département. Je puis vous assurer qu'aucune apologie de la corrida n'a été prononcée. La discussion sur les aspects éthiques et esthétiques a été fort vive et contradictoire.
C'était un colloque de recherche, qui ne tranchait ni pour ni contre cette pratique. Telle est la règle à laquelle doivent se tenir les manifestations à l'ENS, qui ne peuvent qu'émaner de projets des enseignants de l'Ecole. En vous adressant mes meilleurs voeux, MCS

NOUS Y ETIONS !

et nous pouvons témoigner du délire intello
qui entoure la corrida
.

Préambule
Par tous les moyens, les protaurins s'évertuent à élargir le cercle des inconditionnels d'une pratique abjecte.
Les contrées tauromachiques ne constituant plus des creusets suffisamment pourvoyeurs en '"aficionados", ils s'en vont les recruter dans la Capitale à coup d'expos, de danses et autres colloques.
Ainsi avec ce colloque "international" qui a reçu le soutien de la Ville de Nîmes (dont le maire n'est autre que l'aficionado Jean-Paul Fournier) et de Simon Casas Production (société éponyme du directeur des arènes de Nîmes, le même qui briguait entre autres celles de Madrid en 2004 !)
Bref ! il tentent encore et toujours de faire que la violence et la brutalité soient reconnues comme des valeurs profondément humanistes !
Qu'on se rassure : il ne réussiront pas à convaincre les personnes sensées et leurs démarches, non seulement sont détestables mais vouées à l'échec.
La corrida est aujourd'hui en France une mode. Comme toute mode elle sombrera. Nous la pousserons alors ensemble dans quelque oubliette où nous l'oublierons… pour l'éternité !


Les observateurs Jean Poignet (délégué comité FLAC Paris / IdF) et Christian B nous ont fait part de leurs impressions.
Précisons ici que les intervenants prenaient quelques précautions oratoires en indiquant notamment que "ce colloque ne prétendait faire aucunement du prosélytisme pour la corrida" !!
Que sera-ce quand ils organiseront un colloque prosélytique ?

Voici donc quelques éléments que nous soumettons à votre réflexion :
Compte rendu de J. Poignet / Délégué FLAC / Paris IDF (rejoint sur place vers 11 heures par Christian B)
Mise en bouche
Arrivé à 9 heures dans la salle de conférence, afin de m'installer tranquillement, M Francis Wolff, (Directeur du Département de Philosophie) m'a prié de sortir, pour des raisons, paraît-il, d'aménagement technique de la salle.
Attendre ¾ d' heure sur le trottoir (angle rue d'Ulm et rue Erasme) dans le froid et un peu de pluie, constitue déjà, au départ, un manque d'égard flagrant pour un public varié en âge, bien que peu nombreux.
J'ai compté 186 places assises salle Dussane, occupées à 40 % environ soit 70 personnes !

Vous vouliez un compte-rendu détaillé ? Accrochez votre ceinture, et cramponnez-vous au siège, car ça va décoiffer !
J'écris dans l'ordre des notes, sans rien modifier, et si vous ne comprenez pas, rassurez-vous, c'est exactement pareil pour moi!

Contact !
Francis Wolff ouvre les débats, avec une réflexion sur les normes qui régissent l'éthique des valeurs humaines. Les amateurs de corrida se veulent des théoriciens en culture tauromachique, laquelle a pris une dimension universelle.
Angles normes et valeurs =
1) valeur de l'existence même de la corrida, laquelle n'avilit pas l'homme, mais dégrade l'animal
2) éthique dans un autre sens, mais quel sens donner à ce combat de mort, et quel esprit de la corrida ?
3) relations homme/animal et sentiments moraux pour toutes les espèces animales (gamme de tous ces sentiments et variété, selon une liste de questions éthiques.)
Jean-Loup Bourget (Directeur de la Passerelle des Arts) intervient et annonce le défection pour vendredi après-midi :
- de Francisco Jarauta, parti à l'étranger
- de Francis Marmande, qui bien que grippé, a donné un message de sympathie, mais…en espagnol !

Puis il revient sur les questions relatives à l'esthétique de la corrida, dans 2 directions =
1) source d'inspiration pour écrivains, musiciens, chorégraphes etc. (Goya, Picasso etc.)
2) la corrida appartient aux arts du spectacle codifié (mythique, anthropologique etc.) depuis le 18ème siècle.
Il remercie les personnes ayant rendu ce colloque possible, dont Daniel-Jean Vallade / adjoint au Maire de Nîmes, Simon Casas, les secrétariats, la logistique de l' ENS etc. et le déclare ouvert.
Puis selon Mr. Bennassar =
Le titre "Ethique et esthétique de la corrida" est une allusion à Séville pour des termes choisis par les toreros afin de parler de leur art, et rappelle que ce colloque n'autorise aucune polémique mais prétend ne faire aucunement le prosélytisme de la corrida qu'il considère comme une culture de l'exception (!!)

Vincent Delecroix (Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris) entre alors en scène.
Rituel = aspirations codifiées - aspect social de la corrida - efficacité symbolique de ce rituel- son éthique
trouverait-elle sa source dans un rituel qui en donnerait une valeur ?
Fondation éthique dans la corrida, et éthique de socialisation
Un des rites barbares qui auraient fait émerger l'humanité ( !)
Suspension rituelle de la morale pour l'esthétique
Extension abusive du terme rituel
La corrida serait une forme symbolique de l'action sociale, au moins localement. Puis il veut se placer à hauteur de ce qui se passe dans l'arène, c'est-à-dire une action codifiée (morphologie, costumes etc. )
Pourquoi ne pas l'assimiler à un jeu, comme dans le sport ?
Liberté d'agir, mais qui trouve sa conclusion dans la mort de la bête
Le matador intervient selon des figures qu'il n'invente pas et dont il ne peut sortir.
Faire de la corrida un rituel sacrificiel et non plus un jeu.
Précarité du style et nature du gestuel.
Se conforme plus ou moins à ce qui est requis
On veut que le rituel soit fait correctement et on esthétise la pratique rituelle.
On n'est pas obligé de relier la corrida à la religion mais ??
Compétition avec récompenses donc assimilée à un jeu (objectif du sport) mais la réponse est NON car il existe une autre éthique de la corrida, qualifiée d'esthétique.
Il n'y a pas de ' religieux ' dans la corrida.
On peut considérer que le côté violent de la corrida ne peut l'assimiler ni à un jeu, ni à la religion (il n'y a pas d'espace sacré)
Le rituel tauromachique n'a pas de sens dérivé (ne renvoie pas à une histoire première) et le geste a son sens par lui-même, car le combat est réel.
Aucune transcendance extérieure, et elle n'a pas de fonction sociale (rapports entre l'humain et le 'non-humain')
Fondation de l'humain singulier et rites de passage.
Il ne suffit pas d'effectuer la corrida selon une esthétique précise, mais ' bellement '
Un paradoxe = l'esthétique du rituel suspend l'éthique !
Il existerait un chemin plus direct avec l'héroïsme (différentiel de bravoure)
Critériologie de l'esthétique / la qualité éthique varie dans ce cas selon le classicisme
Dans le style se noue la suspension, en produisant un homme de valeur, car le combat est réel, stylisé, ce qui fonde l'esthétique, et la corrida devient alors le milieu de l'esthétique.
Cette valeur n'est pas prouvée, mais produit toujours une remise en jeu.
La corrida n'est pas un champ de bataille car l'arène est close.
Assignation de cette valeur (récompense) avec opération de jugement, laquelle est une valeur esthétique.
Ceux qui jugent seraient des arbitres de goût.
Et enfin, la portée de cette éthique aurait un caractère éphémère.
Fin de la rubrique
(applaudissements)

Alain Renaut (Université Paris IV / Sorbonne) prend alors la parole
Rite spéculatif
Lorsqu'on sort du monde de la corrida, on se heurte d'emblée à des notions d'éthique massive.
Refus de la souffrance inutile.
La pitié deviendrait une sorte de droit à faire ou à voir souffrir mais je ne me sens pas inhumain, car il faut affronter ces convictions.
Inscrire la corrida dans l'humanisme.
Réponses faibles des ' pro ' soit le droit à la différence culturelle (réponse existentialiste) car elle serait de même nature que pour l'excision par exemple.
On ne veut pas recourir à pareil argumentaire.
Si barbarie il y avait dans la corrida, ce serait à mettre au compte de la diversité culturelle des traditions humaines. Témoignage de l'universalité de la culture du genre humain, et l'enseignement nous est fourni par l'histoire même de la tauromachie (ancienneté des pratiques tauromachiques / entre le 16ème et le 18ème siècle)
La montée en puissance de l'humanisme n'exclut pas la corrida, du fait de l'universalité potentielle de ses valeurs.
Il faut un arrachement à la nature de l'humanisme, avec une expérience de pensée où la corrida était déjà une évidence.
Paradoxale, avec la part de sens dans la corrida qui serait transparente (se voit dans l'arène) la force sauvage se trouvant soumise à l'homme, lequel va la canaliser, et qui suscite de l'émotion chez les spectateurs de par sa nature esthétique (le savoir toréer, imposer les phases de combat à l'animal, constituent les dimensions esthétiques de la tauromachie) avec la soumission d'une matière aveugle et le type de valeur qu'elle exprime.
Désignation de la culture comme l'attache propre de l'homme.
Eduquer les bêtes comme l'on fait des enfants. ( !!)
Le taureau représente, au mieux, la force brute, et incarne tout ce qui n'est pas humain.
La victoire de sa mort est imposée par l'homme, et le taureau joue avec celui qui le méprise, ce qui est une illusion dans la tragédie de son destin.
La corrida met en scène tous les problèmes auxquels l'homme est souvent confronté, et elle est un art interplanétaire.
Si le taureau de combat propose la Nature, il n'est pas la Nature dont les caprices ont été maîtrisés par les différents élevages.
Expression métaphorique de la nature imitée et que la corrida achève.
Mais il y a un dilemme : la nature ouvre l'espace de la culture par cette nécessité de faire souffrir et de tuer.
Hypothèse formulée = ce symbole de processus de culture révèle quelque chose des équivoques de la modernité et de ses choix, par les souffrances et la mort, et il n'y a pas d'humanisme dans tout ce que l'être humain perçoit comme une menace personnelle.
La corrida serait donc nécessaire à la logique de modernité, et elle est un art tragique parce que l'homme s'en donne une image symbolique du tragique de sa propre existence.
Fin de cette rubrique.

Questions du public
Relations intimes entre la corrida et la Messe ! Esthétique populaire (une auditrice)
Vincent Delecroix répond qu'il faut bannir toute relation entre la corrida et la religion, et propose une relation…..nietzschéenne.
Un auditeur insiste sur l'aspect religieux : vêtements des matadors, images pieuses, passage à la chapelle, signe de croix en entrant dans l'arène etc.
Mr. Delecroix répond qu'il faut considérer la corrida dans un espace social lié à d'autres rites (folkloriques etc.) et qu'elle appartient, par son gestuel, à toute la communauté. Si on se place à l'intérieur de l'arène, l'idée qu'il existerait des éléments religieux dans le comportement des acteurs ne veut pas dire que le rituel de la corrida serait religieux. Il ne faut pas de transcendance liée à ce rituel, lequel introduit une signification de pure surface, laquelle renvoie au produit uniquement.
Alain Renaut ne veut pas 'd' espagnolades' (sic) si on se concentrait sur ces facteurs culturels et / ou historiques. L'apparition et le développement de la 'faena' contribuent aux valeurs de la corrida, sujet sur lequel il souhaite insister. Arrachement à la nature, précaire et toujours menacée, d'où cette mise en scène par le travail des picadors et les souffrances qui en résultent.
La corrida symbolise la culture qui fait souffrir, avec la mort en plus.
Un sud-américain demande la parole et voudrait savoir si la mise à mort ne serait pas un échec de la Nature en raison de la soumission du taureau, d'où cet hommage à l'animal sauvage ?
Mr. Renaut répond à nouveau sur la ritualité de la corrida, affirme que sur quelques décennies, on constate que la mise à mort aurait une importance relative moins grande aujourd'hui, et conclut que cette mise à mort pourrait ne pas être indispensable.
Un autre spectateur insiste, prétendant que la mise à mort serait la finalisation du torero, lequel dominerait la violence par la mort du taureau !
Mr. Delecroix stipule qu'il ne veut pas ritualiser la corrida =
- dans un fonctionnel classique, le gestuel n'étant pas une éthique rituelle, il n'y a donc pas de couple avec le taureau. - il ne veut pas confondre esthétique et élégance, d'où renvoi permanent entre esthétique et éthique débouchant sur la pureté de l'esthétique.
Alain Renaut ajoute l'exceptionnalité en réintroduisant la finalité. La mise à mort est acquise avant par la reddition du taureau et par sa mort.
Et redit = il faut tuer la Nature parce qu'elle resurgit toujours en nous (êtres de culture) et la mise à mort en fait donc partie.
D'où nouvelle question d'un spectateur = Bien que d'accord avec la thèse de Mr.Renaut, la corrida ne serait-elle pas au contraire de renouer avec la Nature, en la glorifiant dans le taureau et le torero, et mentionne que Kant aurait dit ' l'animal n'est qu'un objet '.
Mr. Renaut répond à nouveau = Kant n'aurait sans doute pas aimé la corrida dans son idée qu'il ne faudrait pas faire souffrir les animaux, mais on ne peut sortir la corrida du symbolisme et il convient d'en chercher le sens au-delà, par exemple dans le public, lequel ' élève ' le taureau ! (sic)
Fin de l'intermède.

Victor Gomez-Pin (Université de Barcelone) prend la parole :
Il évoque entre autre le Tribunal de Genève, et le Droit des Animaux, (ndlr : voir Franz Weber : Tribunal International du Droits des Animaux), ce qui serait dangereux pour la corrida. Avec également quelques moqueries sur l'action de BB (notamment l'opération bébés phoques etc.) qui déclenchent quelques gloussements dans le public.
Dans une logorrhée pas très facile à suivre, Victor Gomez-Pin s'énerve un peu sur la métaphysique concernant la détermination des espèces, sur l'attitude animaliste radicale en évoquant Aristote et en précisant que d'aucune manière, et contrairement aux humains, les animaux auraient une espèce en eux, ce qui serait important pour les militants revendiquant la tauromachie.
Dans cette mystique ' animaliste ', le respect pour un animal n'a pas de sens car on peut avoir de l'affection pour lui mais pas de respect.
L'animal souffre par son système nerveux central, mais si on fait abstraction du relais humain, ce système ne serait pas décisif, et la nature serait aveugle.
Inversion des hiérarchies et pulsions sur ce qui transcende notre humanité avec subversion de l'ordre naturel. Puis il aborde le nihilisme, stigmatisant le manque de confiance dans nos capacités.
Il évoque l'angoisse paralysante que les femmes connaîtraient devant l'existence biologique, marquée par la mort (la finitude.)
Rationalisation de la mort et surmonter la peur de la mort, même lorsqu'elle est digne, ce qui n'est pas le cas des animaux par rapport aux hommes.
Celle de l'homme serait une fertilité spirituelle avec moralité de plénitude.
Il ne faut donc pas refuser la cruauté de la tauromachie car tout ce qui est humain est tragique.
La tauromachie n'est donc pas une faute mais ' légitimise ' l'art, dans la manière dont elle le sert et dans l'origine éthique de ses aspirations.
Fin de cette première session

Nous laisserons la conclusion à nos observateurs :
Pour Jean Poignet :

Nous avons affaire ici à un aréopage d'intellectuels (de haut niveau s'il vous plaît !) utilisant une hallucinante rhétorique afin de créer un écran de fumée destiné à cacher leur nullité.
Cette prétentieuse hauteur de vue, ce déballage vaniteux qu'ils affichent, me les rend définitivement indigestes.
Trop c'est trop ! Au point d'en devenir répugnants.
Je les classe une fois pour toutes dans la catégorie des pervers, voulant à tout prix et par tous les moyens jusqu'aux plus vils, jusqu'aux plus snobs, légitimer l'insupportable.
Sont-ils encore des hommes ou sont-ils devenus des machines culturelles sans conscience ?
Je ne saurais le préciser, espérant de tout cœur qu'un tel déchaînement névrotique ne reflète pas la réalité française d'aujourd'hui.
Après avoir vécu un véritable thriller psychologique, je vous signale que leur planète n'est pas la mienne.
Et comme dit l'amuseur Bedos de son côté…. " À les voir et à les entendre, c'est à vous dégoûter d'envoyer les enfants à l'école ! "

Pour Christian B:
J'ai assisté le vendredi 16/12/05 de 11h à 17h30 et le samedi 17/12/05 de 10h30 à 12h45 au colloque organisé à l'Ecole Normale Supérieure " Ethique et esthétique de la corrida." Il a été difficile de rester calme, silencieux à l'écoute des diarrhées verbales des intervenants, professeurs en université pour la plupart, ou mieux encore membres de l'Académie française.
Des heures de discours pour chercher des références historiques ou contemporaines chez les philosophes, les peintres , les écrivains, les musiciens, la danse, afin de cautionner la tauromachie.
Tout était bon pour ne pas aborder la réalité, pour intellectualiser les interventions, pour faire un débat de l'imaginaire, le mot d'ordre passé était sans doute de se valoriser, de rassurer les membres de la même tribu et d'impressionner certains par la hauteur artificielle des interventions.
Des écrits de Kant, Sénèque, Epictète, Nietzsche, Proust, Jean Paul Sartre et d'autres encore, ont fait l'objet d'interprétations des plus nébuleuses.

Colloque de délires en communauté pour se donner l'illusion d'être des initiés de l'humanisme, de l'éthique, de l'art, de la sémantique, du culturel, des rituels.
Ce haut du panier de l'intelligentsia taurine, qui, malgré le lieu géographique et la réputation du lieu, n'a oscillé qu'entre 60 et 90 personnes ; les intervenants étaient nombreux à suivre le déroulement de l'ensemble du colloque, les amis proches avaient été conviés et le reste était des " aficionados" convaincus. Tout le monde connaissait tout le monde ! C'était une réunion de famille ! Je crois donc que le prosélytisme espéré par cette manifestation sera réduit, les taurins ont parlé aux taurins.

Samedi matin, Mr Frédéric Pouillade, avant son exposé, a déploré qu'un vigile soit à l'entrée pour surveiller les auditeurs pour des raisons de sécurité, des menaces auraient été reçues !

Un autre orateur Mr Victor Gomez-Pin Professeur à l'Université Autonome de Barcelone a dit que maintenant, dans sa ville, un colloque de ce genre ne serait pas réalisable (Il n'a pas dit vive la France où les taurins sont encore considérés, mais c'était sous entendu je crois).

Monsieur Daniel-Jean Vallade (adjoint au Maire de Nîmes) a remercié pour la réalisation du colloque et a déclaré que rien ne sera plus pareil à partir de ce colloque….( !!)
J'espère que les associations anti-corrida lui préciseront qu'effectivement ce colloque a permis de cerner encore mieux l'état de délabrement mental du milieu taurin, et que nos réactions, pour aller vers un réel humanisme et une esthétique qui ne baigne pas dans le sang, seront encore plus nombreuses et vives.
Cette manifestation leur a permis de disserter de leur passion morbide, sans contradicteurs, seulement des prises de paroles pour indiquer des nuances légères ou pour apporter un délire de plus, c'était la béatitude, le nirvana taurin.

Le 18/12/2005

Lire également un texte de Gérard Charollois, Pdt de la CVN

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Alors qu'étaient tout à la fois présents sur le plateau d'ONPP l'écrivain Christophe Bourseiller qui parlait sectes et un invité tout de blanc grimé, bouche vermillon et yeux pailletés, vous vous êtes gentiment gaussé de la gosse de riche du nom de Stéphanie de Monaco, rappelant qu'elle était contre les courses de taureaux parce que (nous vous citons la citant) : " Les taureaux sont des êtres humains comme les autres " ! Evidemment, dit comme ça, et même différemment, c'est une affirmation puérile qui relève de la confusion des genres.
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Nous sommes très sensibles à vos coups de gueule dénonçant la détresse du monde animal utilisé par le monde humain.
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Lettre au principal de Calvisson (Gard / 30)
Affaire St-Sever
Economique
Gros plans sur les chiffres et l'économie


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Rappel :
quand on sait que l'opération Barcelone a permis aux antis de recueillir 453 000 signatures remises au Parlement Catalan le 6 avril 2005 et que, dans un même temps les protaurins obtenaient péniblement 5000 signatures pour leur contre-opération, on voit bien de quel côté la balance a déjà penché.
Ajoutons que les signatures ont été recueillies au plan international pour les "pros" comme pour les "antis"