Sommaire
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Dossier Istres |
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Dossier Marseille |
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"Becerrada" le 26 juin à Grans:
Lettre ouverte au maire de la ville
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Jeux taurins, démonstrations camarguaises
Danger corrida ! |
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Lettre ouverte à Monsieur Jean-Claude Gaudin
Sénateur-Maire de Marseille |
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Pétition : pas d'arènes à Marseille |
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Suite : 2006 |
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"Becerrada" le 26 juin à Grans:
Lettre ouverte au maire de la ville
En introduction de la lettre ouverte au Maire de Grans
Attention, nous précisons ici que cette lettre ouverte a été envoyée au maire de Grans avec copie au sous-préfet des Bouches-du-Rhône et transmise à la presse en date du 23 juin soit 3 jours avant le déroulement du spectacle taurin en question.
Précision utile dans le sens où les termes de cette lettre peuvent parfois être perçus comme excessifs notamment quand il est indiqué "des taurillons sont maltraités."
En effet, la "becerrada" annoncée avec pose de banderilles n'a pas eu lieu. Elle a été tout simplement remplacée par une "capea" (démonstration de passes de cape par des apprentis tortionnaires sur de très jeunes veaux.)
Il n'y a donc pas eu maltraitance au sens de la loi même si l'on peut déplorer un indéniable inconfort pendant le transport des animaux et surtout un séjour du véhicule sous un soleil brûlant sur la place du village, même si des organisateurs ont pu affirmer avec force que le camion était stationné à l'ombre des platanes juste auparavant !
Nous dirons donc de notre démarche qu'elle fut nécessaire et parfaitement légitime. En effet, nous ne connaissons que trop la technique des promoteurs de corrida : à savoir habituer un public (ici déjà acquis aux jeux taurins autochtones) à venir peu à peu à la corrida créant ainsi un socle pour la reconnaissance d'une tradition tauromachique ibérique. |
À l'attention de :
Monsieur Yves VIDAL
Maire de Grans
Vice-président de Ouest Provence
Conseiller régional
Hôtel de ville :
Bd. Victor Jauffret
13450 GRANS
Marseille, le 23 juin 2005
Monsieur le Maire,
Nous réitérons notre courrier d'indignation (en date du 6 juin 2005, resté sans réponse à ce jour) relatif à la programmation d'une "becerrada", dans le cadre des fêtes votives, le dimanche 26 juin à 15 h dans des arènes démontables sur la place de l'église.
La nature de ce spectacle, la dynamique nocive dans laquelle il s'inscrit et la dissimulation de sa programmation justifient amplement l'indignation de nombreux Gransois et le retentissement que nous entendons lui donner.
La nature de ce spectacle :
Sans précédent à Grans, il s'agit "bel et bien" de tauromachie "espagnole" avec toutes les étapes d'une corrida mais simulacre de mise à mort.
Des taurillons sont maltraités ; la jeunesse et la témérité des apprentis toreros sont dévoyées dans une banalisation de la violence (où l'apprentissage de gestes techniques, l'émulation et l'influence coupable de tuteurs passionnés ou/et intéressés font oublier - en partie - la cruauté et la domination de l'Autre inhérentes à la corrida) ; la corrida est promue ; surtout vers un public jeune.
Ce spectacle s'inscrit dans une dynamique istréenne et Ouest Provence de promotion voire d'extension de la corrida :
Nous ne vous apprenons rien, Monsieur le Maire, en citant Ouest Provence (n° 9 juin, juillet, août 2005) : "Ouest Provence prolonge la feria : pour ancrer la feria dans son territoire et l'associer aux traditions locales, des "becerradas" sont au programme des fêtes de Ouest Provence cet été."
Suivent une définition exacte de la "becerrada" et un calendrier (du 26 juin au 20 août) de six "becerradas", une par commune Ouest Provence.
Cette information, signée de la communauté de communes, est diffusée depuis quelques semaines dans les offices du tourisme de la région (affiche et renseignements complémentaires.)
Elle figurait déjà dans la brochure officielle de la feria d'Istres.
Il s'agit pour Istres, avec la complicité de Ouest Provence, de développer ou du moins de pérenniser ses corridas.
Ce volontarisme, cette dynamique artificielle en faveur d'une prétendue "tradition" est à la mesure d'un contexte difficile pour la corrida.
Le volontarisme à Istres, sous influence du lobby taurin tauromachique :
- En 2002, inauguration des nouvelles arènes (financement SAN, Conseil Général, Région) et instauration d'une feria sur 3 jours en juin, en plus des corridas d'un jour en août. Pour majorer l'événement, la fête de la musique y est intégrée - déplacée - sans vergogne, même quand les dates - c'est le cas cette année - ne coïncident pas.
- La municipalité est fortement impliquée par son propre service communication et par de larges subventions.
en 2005 :
- 13900 € au Toro Club Istréen
- 4269 € au Club Taurin Paul Ricard d'Entressen (déjà financé par Ricard S.A.)
- 1000 € à "Aréneros Istréens"
(Ces associations, qui s'occupent aussi de la course camarguaise, participent toutes à la feria et à la "Journée de l'Aficion".)
- Mais c'est surtout l'office istréen du tourisme qui ne lésine pas sur les moyens en vue d'élargir le public des corridas : sur les 299 000 € de subventions municipales en 2005 combien sont affectés à la promotion de la corrida ?
- Emploi permanent ad hoc de Bernard Carbuccia dit "Marsella" de son nom d'ancien torero.
- Initiation (2003 et 2004 ; rien en 2005 faute de participants) à la corrida, et non pas à la course camarguaise, le mercredi après-midi dans les arènes, avec la contribution de matadors professionnels.
- Organisation de la journée (annuelle et gratuite) de l'aficion.
- Publicité pour la feria dans la presse ; par panneaux d'affichage 4 X 3 jusqu'à Marseille ; sur les bus urbains de Ouest Provence.
- Déplacement de l'O.T ici et là et jusqu'à Paris, pour "vendre" les corridas istréennes auprès des clubs taurins.
- Ouest Provence mais aussi le Département et la Région apportent leur contribution. (Tour cela expliquerait le prix relativement modique des places aux corridas.)
- Combien d'argent public est ainsi dépensé pour une telle infamie ? La population, hostile dans sa majorité attend plus de transparence sur les subventions et les budgets.
- Outre la nocivité de cette promotion, il y a aussi le risque, vous devez en être conscient Monsieur le Maire, d'une extension de la corrida, à partir d'Istres, aux autres communes d'Ouest Provence.
Nous vous rappelons l'article 521-1 du Code Pénal qui condamne les sévices graves ou actes de cruauté envers les animaux mais indique, en son alinéa 3 que " Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée."
Or la jurisprudence a été très laxiste jusqu'à présent quant à l'interprétation des éléments constitutifs de l'exception (exception à la règle, à l'esprit de la loi, c'est-à-dire la protection de l'animal, et ce depuis la loi Grammont adoptée il y a environ 150 ans à l'époque même où la corrida était introduite et dès lors illégale - en France !)
C'est ainsi que l'élément "local(e)" a été interprété comme régional ou lié à une zone démographique ; et que l'élément "tradition" a été reconnu comme existant dés lors que perdurait, dans une ville, l'existence d'un club d'aficionados, alors que la pratique de corridas y avait disparu depuis longtemps. (D'où, par exemple, l'introduction inouïe des corridas à La Brède dans le bordelais ; et leur retour extraordinaire à Carcassonne, 50 ans après leur disparition dans tout le département de l'Aude !)
Certes la Cour de Cassation a récemment donné une inflexion plus rigoriste à cette jurisprudence, mais il n'est pas impossible que la répétition de "becerradas", même artificiellement incluses dans les fêtes votives, constitue un jour un précédent dépénalisant une corrida à part entière.
Cela, il faut que la population de Ouest Provence le sache !
C'est pourquoi nous espérons, Monsieur le Maire, qu'après l'absence d'information des Gransois sur cette affaire, vous aurez la sagesse de revenir sur l'autorisation de ce spectacle.
Le conseil municipal du 21 mars 2005 a approuvé les nouvelles définitions des compétences communautaires de Ouest Provence en matière de sport et de culture mais cela ne vous exonère pas de votre responsabilité, a fortiori s'agissant d'une activité visée par le Code Pénal et condamnable légalement sur le territoire de votre commune.
Est-il besoin de préciser que si Ouest Provence est à mettre à l'index pour cette proposition insidieuse, parasitaire, l'action intercommunale en général n'est pas en cause a priori ? Ainsi la population devrait-elle accueillir sans problème le soutien, par exemple, au festival des couleurs de Fos-sur-Mer (les Chromatiques) ; et, s'agissant d'un domaine plus grave, elle devrait participer à la concertation relative à la Charte pour l'Environnement en cours d'élaboration.
A ce sujet, il est question de " problématique éco-citoyenneté/gouvernance " et il n'est pas inutile ici d'y faire un détour - au risque de vous paraître long, Monsieur le Maire - pour revenir après à la corrida : l'imbrication de la crise écologique, de la crise sociale et de la crise de la démocratie (en tout cas de celle de la représentation politique dans la République actuelle) génère des situations, voire des cercles vicieux, que les élus ont de plus en plus de mal à gérer.
Ils doivent avoir la lucidité nécessaire au meilleur arbitrage entre éthique de conviction et éthique de responsabilité mais aussi le courage d'agir contre les corporatismes et les groupes de pression et de prendre en compte le souci du bien commun et l'exigence de responsabilité venant d'une partie des citoyens.
Par exemple, nous serions aujourd'hui moins en retard et dans une situation bien plus favorable pour régler le problème des déchets ménagers (au plan départemental et plus particulièrement sur le territoire Ouest Provence) si les militants écologistes - que l'on retrouve en partie dans les rangs anticorrida - avaient été plus écoutés et épaulés dès le début : ils se sont mobilisés depuis 10, 20 ans ou plus pour la réduction des déchets (emballages, etc) à la source, pour le recyclage, contre la décharge d'Entressen bien sûr, jusqu'à subir des amendes pour avoir déposé par protestation des ordures devant la mairie de Marseille. Ils sont rejoints seulement depuis quelques années par des élus qui sont confrontés aux échéances inéluctables.
Inéluctable est l'abolition de la corrida.
Anachronique dès son introduction en France, au moment de la révolution Darwinienne et lorsque Victor Hugo (comme d'autres républicains) s'indignait : " Torturer un taureau pour le plaisir, pour l'amusement, c'est beaucoup plus que torturer un animal, c'est torturer une conscience. "
La corrida est aujourd'hui de plus en plus indéfendable.
- La neuropsychologie et l'éthologie permettent de préciser des arguments mobilisés déjà par la sensibilité et le bon sens.
- Le mensonge qu'elle véhicule est dévoilé et largement dénoncé : il ne s'agit pas d'" un combat d'un homme contre un "fauve" " mais d'un piège savamment tendu par toute une équipe expérimentée (picadors, banderilleros, matadors) à un animal sélectionné pour sa réactivité à l'agression ; où les bêtes (6 par corrida et il y a souvent plusieurs corridas par jour de feria) sont l'une après l'autre torturées à mort sans comprendre le dispositif humain.
- L'argument procorrida d'une belle vie (4 ans au campo) du taureau adulte précédant un "mauvais" quart d'heure (le "mauvais" est concédé par certains tauromaniaques poussés dans leurs retranchements mais c'est plutôt les qualificatifs de "bravoure" et de "gloire" qui sont appliqués, par anthropocentrisme, au malheureux animal) ne tient plus sur le plan éthique, surtout quand on prend en compte le transport harassant et la multiplicité des armes blanches utilisées, en plus de l'épée de l'estocade (elle-même souvent réitérée) avant et après.
Cet argument est bien sûr faux pour la face cachée de la corrida : l'entraînement et a fortiori l'apprentissage, indispensables, où les souffrances infligées aux taurillons (et aux chevaux en corrida équestre) sont probablement les pires et innombrables.
- Le courage, relatif, lié au risque variable pour le matador d'être blessé (quasiment jamais d'être tué : 1 torero tué pour 34800 taureaux selon une étude scientifique cf "Que sais-je" "La corrida" Baratay / Fugier) ne justifie pas cette barbarie.
Les arts martiaux, les sports extrêmes sont des substituts possibles et positifs s'ils sont bien encadrés.
- Le prétendu rôle de catharsis, d'exutoire à la violence est une escroquerie : il s'agit là, en fait, de négation, sinon de banalisation de la violence réelle sur un être vivant sensible ; ce qui est encore plus grave auprès des enfants qui sont spectateurs et même auteurs.
On le sait depuis la tragédie grecque : les pratiques artistiques, le travail de fiction, littérature, cinéma, danse, théâtre, performances contemporaines etc, sont les vrais vecteurs cathartiques.
- Répondons quand même à une apostrophe fallacieuse : la corrida n'est bien sûr pas une alternative aux affreux élevages industriels. La plupart des aficionados ne sont d'ailleurs pas regardants sur l'origine - du point de vue de la qualité animale - de la viande qu'ils consomment ; ils sont encore moins végétariens.
La gratitude vis-à-vis des animaux domestiques, bovins et chevaux en l'occurrence, pour tout ce qu'ils nous ont permis de produire au cours des millénaires (et encore aujourd'hui, surtout dans les pays sous-développés) exige d'améliorer leur sort ici et là.
Bref, pour la protection animale, pour notre dignité et notre responsabilité, en particulier quant à la formation des jeunes au respect de l'Autre, la corrida doit être abolie.
Elle restera ensuite un objet intéressant d'études historiques, artistiques et anthropologiques, pour sa forme comme pour sa signification : c'est-à-dire (pour faire vite) un spectacle hétérogène fait de codification et d'aléatoire, de présidence et de "bronca", de divers éléments temporels et esthétiques, visuels, sonores, de maîtrise et de perte de contrôle ; un abattage rituel, mélange ambigu de virilité et de féminité, de domination et de peur, de vérité etc..
Les intérêts économiques spécifiques de la tauromachie, dissociés par leur absence de ceux de la fête, des ferias, apparaîtront alors comme dérisoires pour la collectivité.
L'évidence est bien celle-ci : c'est la corrida qui a besoin de la feria et non l'inverse.
De même, il n'y aura plus - ou si peu - de pseudo-intellectuels pour travestir la vérité historique sur l'origine de la corrida : elle n'est pas liée au culte antique du taureau mais résulte d'une appropriation au 16e siècle en Espagne, par des gens du peuple, à pied, dans le cadre des abattoirs, d'une pratique jusqu'alors réservée aux nobles à cheval ; un processus de codification et d'esthétisation ayant ensuite produit la forme actuelle.
Les arguments précités n'ont pas besoin d'être majoritaires chez nos concitoyens pour justifier l'abolition de la corrida mais en plus ils le sont et de plus en plus.
En tant qu'élu, vous devez savoir, Monsieur le Maire, que la corrida est rejetée par plus de 80 % de la population française et qu'une part croissante de celle-ci s'exprime désormais de façon militante y compris dans les zones dites "de tradition".
Les élus commencèrent à relayer, au printemps 2004, une proposition de loi, pour supprimer, au code pénal, l'exception corridas et combats de coqs. Cette proposition a été déposée par la députée de Nice Muriel Marland-Militello, appuyée par d'autres députés (une cinquantaine actuellement). Le Conseil Municipal de Mouans-Sartoux (06) a voté début décembre 2004 une motion de principe anticorrida. La prétention de la municipalité de Fréjus d'installer une "Feria de la Côte d'Azur" avec encore plus de corridas n'y est pas pour rien.
Cette expression politique a commencé en Catalogne espagnole : les conseillers municipaux de Barcelone et de plusieurs autres villes espagnoles ont voté des motions anticorrida.
Par ailleurs, des projets de redéfinition du statut de l'animal domestique arrivent forcément à l'ordre du jour en France et en Europe.
Dans ce contexte de contestation, il est tentant, quand un événement de promotion de la corrida, comme cette "becerrada", va avoir lieu, de ne pas informer sur sa spécificité par rapport à la tradition camarguaise et, plus grave, d'en dissimuler même le plus tard possible la programmation.
Serait-ce le cas aujourd'hui à Grans ?
Les Gransois constateront que le comité des fêtes ne les a pas informés de cette "becerrada" : elle ne figure pas sur le dépliant "Programme complet des fêtes votives 2005" ! (Certes édité peut-être avant la communication de l'information par Ouest Provence, mais on peut penser qu'en sa qualité de vice-président de Ouest Provence, le maire en a été informé assez tôt.) Elle ne figure pas non plus jusqu'à ce jour sur les affichettes récemment exposées dans les rues par le comité des fêtes ; de plus on peut toujours y coller un bandeau informatif complémentaire.
Par contre l'association Grans Taurin qui assure les animations taurines dans le cadre du programme du comité des fêtes, fait discrètement circuler l'information auprès des aficionados, notamment dans certains bars du village.
Cette promotion insidieuse de la corrida, parasitant nos fêtes votives, et la confusion entre tradition camarguaise et tauromachie espagnole qu'elle peut générer, surtout chez des touristes, nous ont conduits à décider une manifestation sur la place de l'Eglise, ce dimanche 26 juin 2005 à 14 h.
Nous vous en informons par la présente avec copie à Monsieur le sous-préfet Bernard Fraudin.
Vous remerciant par avance de votre attention et dans l'attente de votre part d'une réponse satisfaisante à notre indignation, veuillez agréer, Monsieur le Maire, l'expression de nos sentiments respectueux mais attristés cependant.
Pour le comité F.L.A.C Marseille / BdR
Alain Camisuli
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JEUX TAURINS
DEMONSTRATIONS CAMARGUAISES |
Danger corrida! |
| Par Alain Camisuli délégué du Comité F.L.A.C Marseille
- Attention !
Les jeux taurins (avec vachettes ou taurillons) peuvent servir pour les tauromaniaques, à établir une prétendue "tradition taurine" :
le but est de préparer l'introduction de la corrida, celle-ci ayant alors, selon une interprétation juridique laxiste, plus de chance d'échapper au Code Pénal qui la condamne (article 521-1)
A Marseille, ces velléités ont toujours rencontré l'opposition de la majorité des citoyens mais il nous faut rester vigilants : n'oublions pas le contexte actuel qui a permis le retour de cette pratique barbare dans l'Aude, à Carcassonne après 50 ans d'absence. ! Ainsi que son retour aux alentours de Toulouse, Bordeaux, etc…
Des petites villes où pré-existe la course camarguaise sont aussi menacées : Fos-sur-mer, Pernes-les-Fontaines (84), etc…
Attention ! Un effet moins hypothétique mais bien réel :
Initier un public jeune à la confrontation avec le "toro". "Toro-piscine", "toro-ball", course camarguaise: c'est toujours se mesurer, être téméraire face à la dangerosité d'un animal que l'on contraint à être partenaire de jeu… ou de combat avec mise à mort !
Le terme de "toro" est révélateur : derrière la vachette et ces jeux qui semblent innocents, se profilent le "toro bravo" de la tauromachie espagnole et ses tortionnaires en alibi de lumière.
Il ne s'agit pas de former des futurs toreros mais de préparer chez les jeunes, l'indulgence voire la passion pour la corrida. Il suffit de nier ou de relativiser la souffrance de la bête (" vous mangez bien de la viande.. ", etc..), de cultiver tous les mensonges et représentations anthropocentriques qui font de "bons" aficionados.
Attention ! Le monde de la bouvine n'a jamais exprimé une réprobation de la corrida. Au contraire, dans les faits, il en est complice :
- Lors des ferias, abrivados (où les attrapaïres sont souvent adolescents), bandidos et encierros côtoient la corrida.
- Plus grave : la FFCC (Fédération Française de la Course Camarguaise) s'associe pleinement, désormais, à des manifestations où toutes les tauromachies (camarguaise, landaise et corrida) sont réunies et valorisées.
En Arles, par exemple :
- Depuis avril 2000 : salon du toro ; espace toro
- 10 septembre 2004 : ouverture officielle de la Feria des Prémices du Riz par une course camarguaise.
Plus évidente est la complicité en dehors même du contexte festif.
Quelques exemples parmi d'autres :
- Noves, depuis juillet 2002 : la FFCC est coresponsable de l'introduction de la corrida (au format réduit d'une "becerrada" sans mise à mort) dans ce village où jusqu'alors seule la camarguaise était présente (logo parrainage de la FFCC sur les affiches co-éditées avec le Club Taurin Paul Ricard local.)
- Istres, octobre 2003 et 2004 : le Toro-club (président Eric Coquel) qui a pour objet les courses camarguaises est présent officiellement à la "Journée de l'Aficion" pour la promotion de la corrida.
Autres complices dans cette journée annuelle gratuite et largement subventionnée (ville, département, région) : les groupes de danses sévillanes et provençales, la chorale provençale. " Mais pour être forte et se perpétuer la passion pour l'art tauromachique doit pouvoir se transmettre et toucher de nouveaux publics. " (Michel Caillat, maire d'Istres, Conseiller régional.)
- Tarascon, 26 avril 2003 : une conférence tauromachique réunit à la même tribune des représentants des abattoirs Alazar et Roux, des élevages des taureaux de corrida et….de la FFCC.
- La "Feria de France" au Stade de France près de Paris, était programmée pour juin 2002 : "le but serait de proposer différents spectacles "hispanisants" avec des démonstrations de corrida par les meilleurs toreros qui feraient simplement des passes (…), démonstration de corrida à cheval, course landaise, course camarguaise, spectacle de Flamenco et spectacle à cheval (..)" (Jean-Christophe Giletta, directeur des grands événements du Stade de France, mai 2001)
Devant la réaction énergique de nombreuses associations, le projet fut abandonné.
- Marseille, printemps 1999 : la "Grande Feria du Cheval et du Taureau" fut interdite par le maire sous la pression des anticorridas (coordonnée par le comité F.L.A.C.) Dans leurs protestations, les organisateurs (à savoir les associations Arte y Toros et Latinissimo-Fiesta des Suds) occultèrent les démonstrations de corrida ibérique ou à cheval et invoquèrent la tradition camarguaise car une course camarguaise était au programme de ce montage pernicieux !

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- Attention !
Les anticorridas font bien la différence intrinsèque entre course camarguaise et corrida.
Or la FFCC est reconnue par le Ministère de la Jeunesse et des Sports et bénéficie de subventions.
Nous refusons qu'une partie de cet argent public serve à la banalisation et à la promotion de la corrida.
- Attention !
S'agissant des jeux taurins, il n'est pas rare qu'ils incluent des simulacres de "faenas" : les animateurs félicitent alors les jeunes participants (garçons surtout) comme "Graine de toreros" et la presse régionale a déjà repris ces compliments de façon positive, sans éclairer les lecteurs sur ce travail d'influence pernicieuse.
A noter qu'ici où là, comme à Fréjus, les toro-piscines sont inscrits aux programmes imprimés des corridas qu'ils accompagnent : comme partout, mais plus encore dans cette ville très au sud-est, la corrida a un besoin vital d'élargir et de rajeunir son public très restreint.
Il faut savoir surtout
- que les organisateurs sont souvent, comme à Septèmes-les-Vallons ou Cabriès, les clubs taurins Paul Ricard dont le but est de promouvoir toutes les tauromachies ; et l'argent ne manque pas pour cela, il coule…comme du Ricard.
- que des adolescents peuvent y être blessés grièvement : ce fut le cas à Septèmes, à la St-Anne en juillet 2002.
- Attention !
Les jeux taurins de la St-Michel sont animés par le club taurin arlésien lou Fourmigo : plusieurs de ses membres étaient en tout cas organisateurs en 2003. Ces tauromaniaques organisent régulièrement, selon la "cible" visée, d'une part des animations burlesques en clowns-toreros, et, d'autre part, en liaison avec les écoles tauromachiques de la région, de véritables "becerradas" et "novilladas" sans mise à mort, à la Monumental de Gimeaux (petite arène privée en Camargue.)
Nous sommes par ailleurs sensibles aux problèmes de la Camargue mais nous dénonçons l'imbrication culturelle et économique de la bouvine et de la corrida, imbrication qui à terme, est une erreur pour les Camarguais eux-mêmes. |
Lettre ouverte à Monsieur Jean-Claude Gaudin
Sénateur-Maire de Marseille
Marseille, le 12 octobre 2005
Monsieur le sénateur-maire,
Lors de la Fiesta des Suds 2005 qui se déroulera au Dock des Suds des 20 au 21 octobre prochains, doit être organisé un spectacle de "capea" du jeudi 20 au samedi 22 octobre, en présence de toreros professionnels et "des jeunes pousses des écoles taurines", dans des arènes démontables installées boulevard de Paris, là où il y a plus de 40 ans se terminait, par manque de public, la lamentable histoire de la corrida à Marseille, suite de péripéties et d'interdictions municipales.
Nous vous demandons d'interdire ce spectacle de tauromachie espagnole qu'est la "capea".
Nous vous rappelons que la corrida est illégale en France à l'exception des villes pouvant invoquer une "tradition locale ininterrompue" (article 521-1 du Code Pénal.)
Une telle tradition n'existe pas à Marseille.
En autorisant des spectacles tauromachiques qui ont pour but principal de créer une fausse tradition, comme cela s'est récemment produit dans la région toulousaine (Fenouillet / Rieumes) et dans l'Aude à Carcassonne, vous vous rendriez complice d'une tentative de réintroduction de la corrida à Marseille, voire, selon la nature précise de ces spectacles évolutifs, complice de sévices graves et d'actes de cruauté sur animal, sanctionnés par l'article précité.
Outre votre responsabilité d'élu, c'est aussi la réputation de notre ville que vous engageriez ainsi.
L'image de Marseille ne pourrait en effet qu'être ternie : la corrida, pratique barbare déjà anachronique, moralement et légalement condamnée dès son introduction en France il y a 150 ans, est aujourd'hui réprouvée par la grande majorité des Français et, de plus en plus, y compris dans les villes "taurines".
Vous n'ignorez pas non plus la proposition de loi déposée en juin 2003 par la députée des Alpes-Maritimes Madame Muriel Marland-Militello (UMP) qui demande la modification de l'article 521-1 du Code Pénal, c'est-à-dire la suppression de l'exception introduite par la loi du 24 avril 1951 afin de revenir à l'interdiction totale de la corrida.
Laisser le champ libre à la tauromachie constituerait aussi un handicap certain pour la candidature de Marseille au titre de Capitale Européenne de la Culture en 2013. La plupart des pays européens condamnent la corrida. Gageons - et nous y contribuerons si nécessaire - qu'ils feront la distinction entre la nécessité de défendre la diversité culturelle d'une part (aux niveaux européen et mondial : l'UNESCO plutôt que l'OMC !), et, d'autre part, la caution dont bénéficierait alors la corrida par le choix de Marseille.
En juin 1999, lors d'une précédente tentative des tauromaniaques, vous aviez eu la sagesse de l'interdire, et évidemment, nous nous en étions fait l'écho. Nous manifestions ainsi en septembre de la même année pour dire à la fois notre satisfaction et notre vigilance.
Il n'est pas anecdotique de rappeler que ce fut là la dernière action publique du professeur Théodore Monod. Un an avant sa disparition, à 98 ans, il était venu, avec d'autres personnalités, soutenir l'opposition des Marseillais à la corrida et en illustrer l'enjeu éthique par sa présence, témoignage d'une vie d'engagement cohérent pour tant de nobles causes, humaines et animales.
Aujourd'hui plus qu'hier nous ne manquerons pas de médiatiser votre réponse ; d'autant que cette actualité estampillée Fiesta des Suds survient dans le contexte d'un projet sournois.
En effet, Toros Méditerranée, se présentant comme une "association", diffuse discrètement depuis 6 mois un appel pour la construction d'arènes à Marseille et prétend que ce "projet culturel" permettrait, outre des "spectacles taurins", de multiples "événements culturels et sportifs".
Il s'agit en fait d'un club taurin Paul Ricard regroupant quelques aficionados (dont certains liés à Latinissimo, organisatrice de la Fiesta des Suds) qui milite depuis quelques années pour l'organisation de corridas et d'une feria à Marseille, avec l'aide notamment d'aficionados d'Arles.
Enfin, au delà de l'enjeu marseillais, c'est au sénateur que nous nous adressons.
Le fossé entre les citoyens et les élus est profond et il continue de se creuser : défiance, corporatisme, repli communautaire ou égoïste d'un côté, politiques à courte vue, électoralisme voire populisme et corruption de l'autre. Les valeurs républicaines sont dégradées, un cercle vicieux s'installe.
Pour le rompre il ne suffit pas d'un "lifting de Marianne".
Il faut avoir du courage politique et en appeler, aussi bien en direction de la société civile que de la classe politique, à la lucidité, à la responsabilité et au souci du bien commun.
D'autant qu'à cette crise politique et sociale s'ajoute une crise écologique qui va durablement s'aggraver et nécessiter des changements rapides et importants de mode de vie.
En ce qui nous concerne, d'une argumentation éthique et philosophique qui prime l'argument de l'opinion majoritaire, (ce dernier ne pouvant être que secondaire dans une démocratie évoluée où la reconnaissance et l'expression des minorités doivent être effectives), nous retiendrons ceci :
- La corrida est une grave banalisation voire valorisation implicite, de la violence promue par le groupe auprès des enfants et des adolescents, en tant que spectateurs et, plus encore, en tant qu'acteurs dans les école "taurines". Là, sous l'influence coupable d'adultes passionnés et/ou intéressés, la cruauté est, chez l'élève, plus ou moins niée, refoulée par l'apprentissage de gestes techniques, l'émulation, le désir de reconnaissance, le souci d'être courageux (le viril "en avoir") et, souvent, le souvenir cuisant des coups et blessures reçus des "erales" (taurillons) considérés exclusivement sous l'angle de leur dangerosité d'abord et ensuite de leur contribu-tion involontaire à l'esthétique des "faenas".
Combien de taurillons agonisent sous les banderilles et les estocades affreusement répétées et forcément maladroites ? Cette étape nécessaire à la formation du jeune torero est bien cachée du public, alors que l'étape précédente, celle du travail sur le "careton" (substitut artificiel : tête de taureau sur roue, déplacée par un camarade) est en revanche volontiers exhibée.
Peut-on raisonnablement exclure que des personnes en cours de structuration psychique soient traumatisées, peu ou prou, acteurs ou témoins, par une telle violence. Il y a aussi indéniablement, pour la société, le risque à retardement que le libre arbitre de ces personnes soit annihilé au profit de la violence du groupe, surtout lors d'événements collectifs mouvementés et confus.
Notons au passage que le sort horrible de ces jeunes animaux derrière les murs des écoles taurines est passé sous silence quand est brandi l'argument pro-corrida, déjà fallacieux, relatif au taureau adulte de la corrida formelle, consistant à invoquer sa "belle vie" durant 4 ans au campo avant que de "mourir glorieusement au combat."
- Les bovins - et les "toros bravos" en sont, quelle que soit la spécificité de leur élevage et de leur sélection génétique et comportementale - ne parlent pas, ne votent pas, mais depuis des milliers d'années et de moissons diverses, ils tirent la charrue de l'humanité (et encore au sens propre dans quelques pays en voie de développement.)
L'étymologie nous le rappelle : domestiques, ils sont de la maison et méritent gratitude et confort plutôt que d'être rendus fous, que ce soit par l'E.S.B. (encéphalopathie spongiforme bovine) ou, plus volontairement, par les "olé."
De plus, l'horreur des abattoirs et des sombres élevages concentrationnaires ne doit pas servir de repoussoir à la violence en alibi de lumière, surtout de la part de non végétariens.
- La corrida doit être abolie pour ce qu'elle est en réalité, derrière le mensonge tauromachique, et pour ce qu'elle symbolise : l'assujettissement de l'Autre à son désir de puissance, la vanité et l'irresponsabilité délétères dans un monde désormais fragile ; un monde où l'humanité - en tout cas son modèle occidental moderne devenu quasi universel - doit cesser d'affirmer sa maîtrise sur la nature et le vivant et se poser la question essentielle des limites à cette maîtrise.
Pour l'heure, il faut tout mette en œuvre pour empêcher la réintroduction de la corrida à Marseille.
Dans l'espoir que vous déciderez dans ce sens, veuillez agréer, Monsieur le sénateur-maire, l'expression de notre considération distinguée.
Pour le Comité F.L.A.C Marseille
Alain Camisuli |
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