COMITE CARCASSONNAIS POUR L'ABOLITION DES CORRIDAS
C.C.A.C

Dossier Carcassonne Retour 2005 Semaine espagnole à Carcassonne Barbarie et nationalisme Manifestation du samedi 26 août 2006 : communiqué de presse
On ne laissera pas les taurins contaminer les enfants!

Office de Tourisme
de Carcassonne

Lettres aux ministres espagnoles du Tourisme, de la Culture, et des affaires étrangères
A
Monsieur José MONTILLA AGUILERA
Ministre du Tourisme
P° de la Castellana, 160,
28071 MADRID

Madame Carmen CALVO PYATO
Ministre de la Culture
Plaza del Rey, 1,
28071 MADRID

Monsieur Miguel Ángel MORATINOS CUYAUBÉ
Ministre des Affaires Extérieures
C. Francisco Sivela, 82,
Palacio de la Trinidad
28071 MADRID

Carcassonne, le 19 juin 2006

Madame la Ministre
Monsieur le Ministre

Depuis 3 ans se déroule à Carcassonne (France), pendant la dernière semaine du mois d'août, une Semaine espagnole. Elle n'a d'autres raisons d'exister que de fournir un environnement soi-disant hispanique aux corridas qui, depuis 3 ans, ont lieu dans notre ville qui n'en avait pas connues depuis 48 ans !
Avant la réapparition des corridas dans notre ville, jamais il n'avait été question d'une quelconque Semaine espagnole.

Est-ce qu'elle existe maintenant pour mieux connaître l'Espagne ? Non. Pour en promouvoir les atouts touristiques ? Non. Pour en découvrir la culture, passée ou présente, artistique ou intellectuelle ? Non. Pour aller à la rencontre de ses habitants ou de sa nature ? Non.

Il s'agit seulement de boire et de manger, de s'amuser, et d'inciter le public à aller aux corridas, présentées comme le spectacle fondateur et le passage obligé pour que ces distractions existent. La finalité unique et avouée est celle-ci : Pas de feria sans corrida, pas de corrida sans feria, et les deux en référence à l'Espagne.

Espagne = corrida = fiesta ou feria.

N'est-ce pas injuste et humiliant pour votre pays d'être systématiquement confondu avec cette seule pratique des corridas, et être ainsi rabaissé ?

Que devient l'Espagne riche d'Histoire, de monuments, d'architecture, de paysages, d'artistes, de savants, de penseurs, de sportifs, d'entrepreneurs ? Où est l'Espagne moderne et progressiste, devenant aujourd'hui un exemple d'accès à un humanisme à dimension européenne ?

Nous aimons l'Espagne qui a eu le courage et la dignité de se débarrasser peu à peu de mœurs issues d'idéologies fascisantes, dont les valeurs étaient celles de la corrida : " noblesse du combat ", " sublimation de la souffrance ", " esthétique de la domination ", " exaltation de la mort ", " pureté de la race ", " cérémonies symboliques ", " traditions nationales ", " mythes archaïques " et autres dangereuses et désespérantes sottises.

Notre souhait est que vous dénonciez cet amalgame auprès de M. le Maire de Carcassonne, en lui demandant de cesser de mêler le drapeau espagnol à la feria des taurins, de cesser de réduire votre pays par des amalgames suspects, et de cesser d'invoquer l'Espagne pour justifier les corridas, au nom d'une prétendue identité méditerranéenne commune.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de mes sentiments respectueux.

Denis Boulbès
Responsable du CCAC


Denis Boulbès, délégué du comité

Le CCAC remercie les 190 à 200 carcassonnaises et carcassonnais, de toutes origines et de toutes sensibilités, présents ce samedi sur la place Carnot, puis dans les rues et devant les arènes. Ils ont affirmé publiquement leur refus de ce vestige des âges barbares imposé à notre ville, leur refus de voir les courses de mort salir de sang la fête et la semaine espagnole, leur refus des aides et financements publics dont elles bénéficient, leur refus d'être tourmentés et blessés dans leurs convictions citoyennes. Ils ont affirmé leur confiance dans le droit français, et la justice, qui, inéluctablement, aboliront ces pratiques. Ils ont affirmé enfin que le courage, la dignité et l'honneur des hommes, c'est de respecter ses devoirs envers lui-même comme envers les animaux. Notre ville, où les abolitionnistes sont très majoritaires, ne mérite pas ce retour vers le passé et la honte nationale et internationale que les corridas lui font subir.

Josyane Querelle, Présidente de la FLAC

ON NE LAISSERA PAS LES TAURINS CONTAMINER LES ENFANTS !
Ainsi s’exprimait Denis Boulbès au cours de l’interview du quotidien régional l’Indépendant.
« Imaginer qu’on va demander à un établissement public d’enseignement de faire ce genre de chose inacceptable. »
« Ce genre de chose » étant en l’occurrence le projet de faire réaliser par les enfants des écoles d’art de l’agglomération l’affiche des corridas de l’été 2006.
Et le délégué du comité carcassonnais d’ajouter : « Cette idée, lancée en l’air par le président de Carcassonne-Toros, nous révolte.
Tout comme nous révoltent les propos du président de la commission taurine extramunicipale, Jean-Michel Boulègue, qui s’est réjoui que le programme des corridas proposées cette année à Carcassonne soit « pédagogique ».
C’est scandaleux ! Faut-il rappeler à ce responsable d’établissement scolaire que les inspections académiques du Gard, des Bouches-du-Rhône et des Landes ont interdit des concours de dessin sur ce thème ?

Côté chiffres, en terme d’argent public, le coût des manifestations tauromachiques estivales s’élève à 54.310 €, sans oublier les aides des services techniques et les facilités en tout genre faites aux taurins !
Enfin, il sera rappelé que plus de 800 personnes ont signé la pétition anticorrida à Carcassonne et que le comité compte désormais pas moins de 116 adhérents.
Les procorrida revendiquent pour leur part quelque 350 adhérents dont la provenance est plutôt hétéroclite : les Landes, le Lot et Garonne et même…. l’Afrique !
Quand ils nous disent que nos adhérents ne sont pas des gens du cru, ils feraient mieux de regarder la poutre qui est dans leur œil !

"Fonctionnement de la FLAC" / 2006