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Lettre aux Mutuelles de l'Aude
concernant l'expo des œuvres de M. Didier DUNOUAU. |
Mutuelles de l'Aude
104 Av. Général Leclerc
11000 CARCASSONNE
Madame, Monsieur,
Plusieurs de nos adhérentes et de nos adhérents, par ailleurs mutualistes convaincus, ont assisté ce jeudi 9 décembre au vernissage de l'exposition des œuvres de M. Didier DUNOUAU.
6 de ces peintures représentent des scènes de corrida.
Encore une fois, la torture infligée à un animal (notamment un mammifère, tout comme nous-mêmes, ou un chien, un chat, un cheval, etc., un herbivore ruminant dont le seul tort est d'être né avec des cornes) doté d'une sensibilité physique et psychique, encore une fois les instruments du supplice, encore une fois le sang et la mort, sont cachés, détournés, évacués, par des représentations d'un prétendu art de la tauromachie, de la prétendue élégance des gestes de la toute puissance d'un humain.
Tableau après tableau, exposition après exposition, ce genre de peintures représentent toujours la même chose, des passes de cape - mais jamais la sinistre vérité de la corrida.
Les valeurs dont la corrida se réclame, par exemple le maintien des traditions, la noblesse de la mort, le courage du tueur (matador), la beauté du combat, la préservation de la race, le symbolisme de la cérémonie, les puissances obscures… relèvent d'idéologies dignes des époques qui les ont glorifiées, notamment les régimes totalitaires de type franquiste.
Ces valeurs se fondent en outre sur un anthropomorphisme ("le taureau se régale…", " il ne souffre pas… (Il ne le dit pas !), "il est plus noble de mourir dans l'arène qu'aux abattoirs ", et autres niaiseries…) aujourd'hui reconnu à la fois stupide et moralement indéfendable.
Les plus sincères des amateurs de ces spectacles avouent leur jouissance sadique, mais bien sur aucun ne serait capable, individuellement, de planter, pour le plaisir, une simple aiguille dans la cuisse de son chien. Sauf si le nombre de spectateurs dilue la responsabilité, sauf si la mise en cérémonie de type secte avec costumes, musique, rituels et vocabulaire du genre initiatique, dilue la culpabilité.
Mutualistes, nous sommes des femmes et des hommes de progrès, luttant en conscience pour la dignité de la mort, y compris de la mort des animaux.
Ce n'est pas tant une sensibilité ou une sensiblerie à leur égard qui nous animent que les valeurs qu'il faut pour accepter de les défendre, parce que ces valeurs sont celles-là même qui nous défendent contre les pires des pulsions de la condition humaine.
Le lobby tauromachique, à Carcassonne et dans l'Aude, se réimplante pas à pas depuis 3 à 4 ans, via des ferias dans des villages, des spectacles taurins anodins, des apéritifs et… des expositions. Leur volonté est de légitimer, après coup, la tenue de corridas dans notre ville qui était, selon eux, un "trou" inadmissible dans "la planète taureaux" entre "le sud-est et le sud-ouest". Par ailleurs, il se trouve que les corridas disparaissent de Catalogne et sont tout à fait remises en question en Espagne même…
Et pourquoi, pour une fois, le sempiternel discours complaisant ne serait-il pas battu en brèche par une exposition pour l'abolition des corridas ? Nous avons à disposition des tableaux, des photos, des films qui, sans commentaires, disent la toute simple vérité.
Forts de notre nombre, à Carcassonne et dans l'Aude, forts des milliers de signataires locaux de nos pétitions, forts des sondages qui, les uns après les autres, attestent que plus de 80 % des français sont favorables à l'abolition des corridas, nous sommes également prêts à tout débat public.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'assurance de nos sentiments mutualistes les meilleurs.
Pour le CCCC :
Denis Boulbès
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BREF COMPTE-RENDU DES RENCONTRES
Voici un très bref compte-rendu des rencontres que nous avions programmées, toutes longues (plus d'une heure), courtoises, riches d'échanges, plus ou moins déterminantes, et en tous les cas fructueuses - au moins en terme de représentativité et de poids de nos positions.
Nous avons choisi et utilisé, selon les personnes, tels ou tels de nos arguments habituels, plus les éléments de l'actualité allant dans notre sens, plus si besoin les pièces artificielles des taurins au procès de Carcassonne, et en présentant toujours l'état le mieux adapté de nos forces, tant en adhérents qu'en signataires de nos pétitions, ou en partenaires.
- (rappel) - 16 septembre, Montpellier (avec J. Querelle) : E. Andrieu (P.S.), vice-président du Conseil Régional, Conseiller général de l'Aude. M. Andrieu, qui ne connaît pas la corrida, a entendu nos arguments, notamment à partir des motivations des taurins et de leur monde, et sur la séparation feria/corrida. Nous avons exprimé une demande simple : aucune aide de la Région ou du Département aux corridas.
- (rappel) - 8 octobre, Carcassonne (avec J. F. Garidou) : H. Garino (P.C.), vice-président du Conseil Régional, Conseiller municipal de Carcassonne. M. Garino n'aime pas les corridas et n'ira jamais en voir. Nous lui avons demandé, en tant que vice-président de la Région, de ne pas voter de crédits pour les corridas. En tant que Conseiller Municipal, la feria et le projet carcassonnais d'un complexe spectacle-patinoire-arènes lui semblent difficiles à combattre. Nous avons réitéré la demande de refus d'aide au niveau municipal.
- Courrier de R. Courrière (P.S.), Sénateur de l'Aude, ancien président du Conseil Général : " Je vous indique que, bien que n'aimant pas ce spectacle, je suis absolument opposé à leur interdiction. Personne n'est tenu d'assister à une corrida."
- 8 février, Carcassonne (avec C. Pauly) : M. Brugeron, Chef de cabinet de M. Raynaud (P.S.), président du Conseil Général de l'Aude. Il sépare clairement les tauromachies de type camarguais et landais des corridas, et apprécie la feria, mais, n'aimant pas la corrida, il a été attentif à nos arguments, en particulier sur la subvention accordée au Cercle taurin carcassonnais.
- 10 février, téléphone du Commissaire des Renseignements Généraux sur demande du Préfet de l'Aude : nous avons présenté et développé la situation actuelle et confirmé la demande d'interdiction des corridas aux mineurs, ou l'obligation d'une signalétique… Le rendez-vous avec le Préfet n'a pas (pour le moment ?) abouti.
- 1er mars, Brugairolles : M. Sire-Fougères, pasteur de l'Eglise réformée. Opposé aux corridas, pensant qu'elles disparaîtront d'elles-mêmes si un travail sur leur vérité est mené. Demande, plus ou moins acceptée : un article dans sa rubrique dominicale dans la presse locale (Paroles d'Evangile).
- 3 mars, Carcassonne (avec M.C. Duton) : A. Tarlier (P.S.), Conseiller général de Carcassonne, en charge du tourisme au Conseil Général, Conseiller municipal à Carcassonne - ancien candidat aux élections municipales, et peut-être futur candidat. M. Tarlier, ancien aficionado ne voulant plus assister à des corridas depuis une dizaine d'années, nous a très clairement annoncé sa position : la corrida est une affaire strictement privée ; aucune aide, aucun argent public ne doivent lui être accordé.
- 5 mars, Limoux (avec C. Pauly), P. Dupré (P.S.), Député de l'ouest du département, maire de Limoux. M. Dupré a entendu avec intérêt nos arguments, ne s'engageant guère, mais nous indiquant qu'il n'était pas amateur et qu'il ne serait pas question d'implanter les corridas dans sa ville.
- 8 mars, Carcassonne (avec M. Desmoulins) : A. Planet, évêque. A l'issue d'une discussion variée au cours de laquelle nos arguments ont été écoutés et entendus, nous avons demandé et obtenu que notre point de vue, rédigé par nos soins, soit exprimé dans le diocèse, en particulier par un article à paraître dans la ou les publications de l'Eglise.
- 16 mars, Carcassonne : M. Deblonde (P.S.), Conseiller général de Carcassonne Est. M. Deblonde ne connaît pas les corridas et n'en a jamais vu ; il met en balance des cultures différentes, au nom desquelles la neutralité serait acceptable. Toutefois, notre argumentation sur les valeurs de la corrida et la conscience de l'évolution de la perception des animaux l'ont touché. Il acquiesce à notre souhait de refus de subvention.
- J. C. Perez (P.S.), Député de Carcassonne et sa région, Premier secrétaire du P.S. (avec A. Bonnery, L. Boulbès) : en attente… M. Perez, possible futur candidat aux élections municipales, se disant aficionado, et membre du Cercle taurin carcassonnais, nous a écrit qu'il était prêt à nous recevoir et prêt à discuter…
N'ont pas répondu, à ce jour :
- M. Arino (P.S.), Conseiller Général de Carcassonne Ouest
- T. Rivel (P.S.), Conseillère régionale
- C. Pujol (P.S.), Conseillère régionale
- Y. Bascou (P.S.), Député de l'est du département
- R. Courteau (P.S.), Sénateur
En attente aussi, mais pour une rencontre plus large et plus approfondie, la rencontre avec M. Cornuet (Les Verts), Conseiller municipal de Carcassonne, qui a écrit et pris la parole pour s'opposer au retour des corridas et à l'implantation d'arènes à Carcassonne.
Prochaine rencontre souhaitée : G. Larrat (U.M.P.), maire de Carcassonne. Après le décès de R. Chesa, et en tenant compte des nouvelles répartitions de responsabilités, nous essaierons maintenant de préparer et d'obtenir ce rendez-vous, d'une grande importance.
Denis Boulbès
Le programme de rencontres du CCAC (Comité carcassonnais pour l'abolition des corridas) avec les principales personnalités politiques et spirituelles du Département s'est poursuivi et développé, avec une très remarquable écoute et compréhension, et des engagements verbaux intéressants… Sauf pour l'instant trois cas, dont nous ferons publiquement état le moment venu, aucun refus de dialogue.
Nous venons récemment de déposer une demande de rendez-vous auprès de M. le Maire de Carcassonne.
Nous intervenons à nouveau auprès de M. le Préfet de l'Aude. Notre demande est simple, et reprend ce qui est déjà en vigueur en Catalogne : interdiction d'entrée des arènes aux enfants. Il faut rappeler que ces spectacles de blessures, de sang et de mort, sont réels. Ce ne sont pas des simulacres, les épées ne sont pas de bois, la victime ne se relève pas pour les applaudissements. L'humiliation, l'épuisement, les meuglements, le sang, la mort chaque 20 minutes dans l'après-midi de chacun des 6 taurillons ou taureaux, herbivores ruminants, mammifères supérieurs dotés d'une sensibilité physique et psychique, dont la seule faute est d'être nés noirs et encornés, vont fournir leur ration de jouissance à des spectateurs.
La Loi française, partout ailleurs sur le territoire, condamne les actes de cruautés envers les animaux, et préserve les mineurs du spectacle de la perversion par laquelle certains transforment leurs victimes en coupables de leur propre agonie.
L'exception artificieuse dite locale qui autorise les corridas à Carcassonne ne peut s'étendre aux Lois nationales préservant les enfants.
Le responsable
Denis Boulbès |
Demande d'audience auprès du préfet
Monsieur le Préfet,
Nous avons l'honneur de renouveler auprès de vous la demande d'entretien que nous avions déposée le 15 janvier dernier.
Depuis 4 ans, les spectacles mettant en scène des taureaux - sans mise à mort - se multiplient dans notre département au cours de fêtes foraines devenues ferias, avec buvettes devenues bodegas et cliques devenues bandas, et s'ils ne comportent pas de corridas proprement dites du moins ils peuvent être le cheval de Troie de son implantation.
Le procédé n'est pas nécessairement volontaire dans l'idée des organisateurs, mais il est aussi exact que, dans ces manifestations, la présence et le soutien actif de dirigeants du Cercle taurin carcassonnais ou d'autres Clubs se consacrant aux corridas révèle les intentions de certains.
Il s'agit pour eux, comme ils l'ont reconnu, d'accréditer la validité d'une tradition taurine dans l'Aude pour combler enfin le vide tauromachique entre le sud-est et le sud-ouest de la France, raison pour laquelle leurs efforts se sont aussi portés sur la Haute-Garonne et se dirigent maintenant sur l'Ariège et la région PACA. Il s'agit aussi pour le Cercle taurin carcassonnais de donner a posteriori une assise aux arguments artificieux grâce auxquels ils ont gagné leur procès pour la réimplantation des corridas à Carcassonne, à savoir par exemple l'existence de 650 adhérents locaux à leur Cercle (chiffre jamais prouvé, à comparer aux moins de 40 personnes présentes à leurs Assemblées Générales, invités extérieurs compris).
Les fournisseurs de taureaux pour ces jeux sont d'ailleurs souvent les mêmes que les fournisseurs de taureaux, devenus toros, de corridas. Le marché espagnol, avec la disparition quasi totale des corridas en Catalogne et leur affaiblissement général progressif dans d'autres Communautés Autonomes implique une recherche de nouveaux clients.
Cette année encore, à Carcassonne, 18 taureaux ou taurillons, devenus novillos, seront combattus (le mot est celui des amateurs), c'est à dire mis en situation de lutte pour leur survie, et de fait blessés, torturés et tués à l'arme blanche selon des règles établies par les taurins eux-mêmes.
Ce théâtre ne sera pas un simulacre, les épées ne seront pas de bois, la victime ne se relèvera pas pour les applaudissements. L'humiliation, l'épuisement, les meuglements, le sang, la mort chaque 20 minutes dans l'après-midi de chacun des 6 taurillons ou taureaux, herbivores ruminants, mammifères supérieurs dotés d'une sensibilité physique et psychique, dont la seule faute est d'être nés noirs et encornés, vont fournir leur ration de jouissance à des spectateurs.
La Loi française, partout ailleurs sur le territoire, condamne les actes de cruautés envers les animaux, et préserve les mineurs du spectacle de la perversion par laquelle certains transforment leurs victimes en les désignant coupables de leur propre agonie.
L'exception dite locale qui autorise les corridas à Carcassonne ne nous paraît pouvoir s'étendre aux Lois nationales préservant les enfants.
Si nous sommes pour l'instant impuissants à empêcher ce qui, selon nous, va tout à fait à l'encontre de ce que nous croyons de la Justice et du progrès des sentiments de responsabilité dans le respect de la vie et/ou des manières d'y mettre fin, nous sommes en conscience indignés que ces scènes soient librement autorisées aux mineurs.
Nous souhaitons donc que, à votre initiative, des mesures de protection en leur faveur soient promulguées.
En espérant être entendus, et recevoir votre accord pour notre nouvelle demande de rendez-vous, nous restons à votre disposition en vous priant d'agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de nos sentiments respectueux.
Pour le CCAC, le responsable
Denis BOULBES |
À l'attention de :
Monsieur Philippe Chevrier
Mairie d'Azille
Avenue du 19 mars
11700 AZILLE
Objet : remerciements
Agde, le 8 juillet 2005
Monsieur le Maire,
Permettez-moi tout d'abord de vous présenter toutes mes excuses pour cette réponse quelque peu tardive et de vous remercier ensuite d'avoir été à notre écoute en prenant quelques instants pour nous faire réponse dans votre lettre du 12 avril dernier.
Nous sommes, croyez-le bien, très sensibles au fait que la Feria d'Azille n'ait été autorisée qu'à la condition expresse "qu'aucune goutte de sang ne soit versée au cours des jeux qui y sont organisés et qu'aucun instrument visant à "piquer" ne soit utilisé."
Si nous avons alors souhaité vous faire part de nos inquiétudes c'est parce que nous connaissons bien les méthodes des promoteurs de tauromachies ibériques. Dans un premier temps nous assistons à des jeux réputés anodins qui font assez rapidement place à des démonstrations des "écoles [dites] de tauromachie" (espagnole), puis à des "becerradas", puis des "novilladas", puis des corridas dites formelles.
Il n'est pas non plus nécessaire qu'une école de ce type existe dans la ville où se déroulent les festivités à caractère tauromachique dès lors que les "élèves" des 7 écoles actuellement recensées sur le territoire français font en permanence la tournée des diverses ferias : le tout sur fond de sévillanes ou de flamenco avec expos photos, expos de peintures, le tout vantant très avantageusement la corrida.
Notre opinion négative n'est donc pas à l'encontre d'une association locale mais bel et bien à l'encontre de certaines festivités (génératrices d'indéniables détresses pour les taureaux et les chevaux) à présent devenues quasiment incontournables dans le sud de l'Hexagone.
Et nous ne pensons pas être à ce point déraisonnables en faisant une démarche qu'il convient de qualifier de préventive.
Quant à la tolérance en question, il ne nous paraît pas souhaitable de l'appliquer à des actes de barbarie.
Tenant enfin à vous remercier une fois encore de nous avoir rassurés, veuillez croire, Monsieur le Maire de la ville d'Azille, en l'assurance de mes respectueuses salutations.
Pour la F.L.A.C
La Présidente
Josyane QUERELLE-RIQUIER
Le CCAC a été reçu au Cabinet du Préfet de l'Aude. |
Excellent et long accueil.
Nous avons argumenté l'interdiction aux mineurs, ou aux mineurs non accompagnés, ou du moins l'obligation d'une signalétique.
Nous avons alerté le Préfet sur le fait que des mineurs participaient au bolsin (banderilles et mise à mort).
Nous avons aussi demandé que des examens rigoureux, dont nous avons donné les détails, soient pratiqués à la suite de saisies non annoncées de taurillons dès après leur mort, si possible avant même les récompenses (oreilles et queue) et avant l'arrastre.
Malgré la qualité chaleureuse de l'accueil, nous restons sans illusions - mais cette visite, que nous avions annoncée dans la presse et qui avait été remise une fois, marque un point pour nous.
Denis Boulbès
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