Comité FLAC
Bayonne / Pyrénées-Atlantiques - Landes

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FLAC-Aquitania-Sud
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Délégué : Jean-Claude Laborde

Comité FLAC Bayonne : Action phare de l'année Bayonne le samedi 4 août 2007 : toutes les précisions seront mises en ligne tout au long des mois à venir.

2007
Lettre ouverte à Jean Grenet, maire de Bayonne

À l'attention de :
Monsieur le Maire
Mairie de Bayonne
10, place Léon Blum
64100 Bayonne

Bayonne, le 20 novembre 2006

Monsieur le Député-Maire,

Nous vous informons de la création à Bayonne de la FLAC-Aquitania.Sud, antenne de la FLAC (Fédération des Luttes pour l'Abolition de la Corrida). Si nous nous adressons à vous c'est d'une part parce que la Mairie de Bayonne promeut, organise, finance les "spectacles" tauromachiques, et d'autre part parce que vous êtes, Monsieur Grenet, maire de la ville de Bayonne, député de la 5ème circonscription mais aussi président de l'UVTF (Union des Villes Taurines de France) ainsi que président du groupe tauromachique à l'Assemblée nationale. Vous êtes un aficionado actif bien connu et utilisez vos diverses fonctions pour "faire partager" à la ville de Bayonne, aux Bayonnais et à tout le Pays Basque votre passion pour la corrida espagnole et engagez pour cela l'argent du contribuable sans demander à celui-ci s'il est d'accord ou pas.

Tout d'abord rétablissons la vérité, la corrida espagnole ne fait en aucun cas partie d'une quelconque tradition du peuple basque, pas plus qu'elle ne fait partie d'une quelconque tradition des peuples catalans ou occitans. Comment d'ailleurs le supplice en public d'un animal, pour le plaisir de spectateurs pervers, pourrait-il faire partie d'une tradition ?

La tauromachie espagnole n'est autre qu'une pratique barbare d'un autre âge qui consiste à martyriser publiquement des taureaux, pour le plaisir, avant de les mettre à mort. C'est pour cela, et vous le savez, que c'est un "spectacle" indéfendable, et c'est parce que c'est un spectacle indéfendable que les aficionados, dont vous faites partie monsieur Grenet, veulent l'ancrer à une tradition pour en justifier la poursuite.

Peut-on tolérer un acte de barbarie simplement parce qu'il est commis depuis longtemps ? Peut-on continuer de proposer des spectacles de torture et de mise à mort publique, spectacles où la mise à mort est théâtralisée pour mieux faire oublier la souffrance et l'agonie d'un animal et aussi des pratiques frauduleuses qui l'entourent ? Que l'homme tue pour se nourrir, cela fait partie de la vie (et de la mort), mais qu'il tue et torture pour le plaisir et pour son divertissement, cela s'appelle de la cruauté et ceci, vous en conviendrez, n'est pas acceptable.

Mais en France la cruauté sur animaux est traitée différemment suivant qu'elle se pratique dans une arène ou bien à l'extérieur de celle-ci, grâce à l'alinéa 3 de l'article 521-1du code pénal qui tolère actuellement dans notre pays les sévices sur animaux uniquement dans le cas des courses de taureaux et combats de coqs pour les localités où une "tradition" locale ininterrompue peut être invoquée.

Si vous consultez les sondages qui ont été réalisés depuis 2001 y compris dans les villes taurines, 73 à 86% de citoyens se déclarent hostiles à la corrida espagnole et estiment aussi que les corridas n'ont pas à être financées par des fonds publics. En conséquence, nous vous demandons de tenir compte de cette majorité - c'est aussi celle qui vous a élu - pour soutenir, quelle que soit votre opinion personnelle, la proposition de loi de madame Marland-Militelo, députée de la deuxième circonscription des Alpes Maritimes et UMP comme vous, demandant l'abrogation de l'alinéa 3 de l'article 521-1 du code pénal.

Dans l'attente de cette abrogation de l'alinéa 3, et dans le cadre de la protection des mineurs nous demandons, dans un premier temps, que l'entrée des arènes soit interdite aux mineurs de moins de 16 ans les jours de corrida. Nous demandons également que soit supprimée l'activité "Tauromachie" pour les enfants de 10-12 ans et les enfants de 13-18 ans dans les Tickets Découverte pour l'année 2007, cette activité ayant en fait pour but de présenter à des jeunes, par définition très influençables, la tauromachie espagnole comme un spectacle admirable où le tortionnaire est montré en héros. Cette présentation est une forme déguisée de prosélytisme très pernicieuse de banalisation de la violence.

Nous demandons que la protection des consommateurs ne soit pas sacrifiée. En effet, les pratiques de mise à mort des taureaux de corridas, lacérant les tissus nerveux au niveau du tronc cérébral, bulbe rachidien et moelle épinière, présentent des risques de dissémination de l'agent infectieux de l' E.S.B (encéphalopathie spongiforme bovine). Pour cette raison, l'A.F.S.S.A (Agence Française de sécurité Sanitaire des Aliments) recommande, au nom du principe de précaution, de ne pas consommer la viande des taureaux morts lors des corridas et des entraînements. Nous demandons que ce principe de précaution soit appliqué à Bayonne et donc que la viande des taureaux ne soit plus mise à la vente.

Le financement direct des corridas par la mairie de Bayonne s'est élevé cette année à 1 615 000 € pour la seule fourniture des taureaux et la prestation des matadors (voir conseil municipal du 24 mai 2006). A cela doivent s'ajouter les coûts de publicité, d'affichage, de personnel de mairie mis à disposition des arènes, de la police municipale réquisitionnée pour assurer la circulation et le maintien de l'ordre, des pompiers, des ambulanciers, etc... etc… que l'on peut estimer au moins du même niveau qu'en 2005 à savoir 393 156 €, soit un total voisin de 2 008 156 €. Nous souhaiterions connaître les détails de ce budget et vous demandons de bien vouloir mettre à notre disposition les documents, comptes et informations liés à l'organisation des corridas pour les années 2004, 2005 et 2006.

Bayonne sera-t-elle la première ville tauromachique en France à mettre fin à l'organisation de ces spectacles et redevenir une ville civilisée, progressiste, où il fait bon vivre et faire la fête, sans pour cela torturer des animaux ? Il est temps, Monsieur Grenet, de tourner définitivement la page sur cette folie qui consiste à infliger des tortures à des êtres vivants et à s'en réjouir. Encore une fois vous savez bien que la corrida espagnole est indéfendable, ici comme ailleurs, et montrons au contraire que nous sommes tous des êtres humains et des acteurs responsables dont le devoir est de dénoncer cette barbarie et de mettre tout en oeuvre pour qu'elle cesse.

Ne laissons pas célébrer la mort et la torture données en spectacle. Tout être humain digne de ce nom ne peut accepter que pour le plaisir sadique des uns et l'enrichissement malsain des autres on torture lâchement des animaux.

Je vous prie de croire, Monsieur le Député Maire, en l'assurance de mes sentiments distingués.

FLAC-Aquitania.Sud
JC Laborde