à l'intention de Monsieur Michel Lejeune
ANIMAL ET SOCIETE
3 ième groupe : Animal, Economie et territoire (Groupe corrida)
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Monsieur le Député, monsieur le Ministre,
Dans le cadre du grenelle « Animal et Société », vous avez voulu créer un groupe de débat consacré à la corrida. Je vous remercie de cette démarche qui me paraît logique et nécessaire.
Pour ma part, j’aimerais parler pour ceux qui ne seront ni présents ni représentés aux débats : la grande majorité silencieuse des Français du Sud qui, par manque de temps ou d’intérêt, par résignation ou par peur des représailles, ne militent pas contre la corrida, mais qui sont profondément agacés par ce spectacle sanglant devant leurs portes et qui attendent du gouvernement un geste définitif vers la suppression de cette abomination. Au nom de la grande majorité de « sudistes » considérant que maltraiter des animaux ne fait pas part de notre culture ou de notre concept d’éthique, nous vous demandons d’arrêter ces mornes spectacles de boucherie publique.
A part de la souffrance des animaux, taureaux et chevaux torturés à mort dans l'arène, nous sommes, les habitants des régions cyniquement appelées "taurines" qui sont les premiers souffre-douleurs de cette "tradition" atroce. La corrida étant extrêmement préjudiciable au développement et à la réputation de notre région, et au bien-être de ses habitants, de nombreuses raisons (éthiques, culturelles, légales, économiques) peuvent être évoquées en faveur de son abolition immédiate.
1) Le préjudice éthique
La torture et la mise à mort gratuite des êtres sensibles est incompatible avec une éthique humaine et civilisée. Le mot "torture" ne relève ni d'exagération ne "d'extrémisme". Les actes de maltraitance grave ont lieu tant avant que pendant la corrida. Ces actes ne sont nullement démentis par les taurins qui se vantent carrément de leur sadisme et qui, à l'encontre de toute connaissance scientifique, vont jusqu'à nier la souffrance de leurs victimes. Des actes de torture sont par ailleurs confirmés par le Code Pénal, qui parle de sévices graves et de cruauté envers l'animal.
Il est inacceptable de nous imposer ces spectacles pervers, repugnants à toute personne de sensibilité normale, et dont l'influence dégradante dépasse de loin les murs des arènes.
2) Le préjudice culturel
Cela fait des années que les adeptes de la tauromachie prennent en otage et traînent dans la boue nos traditions et notre culture méditerranéenne, en les associant à des actes de violence, des rites païens particulièrement vicieux et un discours obscurantiste à forte connotation fasciste (la glorification du combat et de la loi du plus fort, la mystification du sang et de la terre, l’amalgame de l’amour et de la mort etc.)
A l’heure qu’il est, la notion même de la tradition a été souillée à un point où l’on ne peut plus prononcer ce mot sans évoquer la violence, la brutalité et la stupidité. De même, les habitants des régions méditerranéennes se voient de plus en plus souvent traiter de « barbares », pas seulement à l’étranger, mais aussi en France. C’est insupportable qu’une minorité d’intégristes puisse continuer à détruire la réputation de notre belle région, au détriment de la majorité de « sudistes » qui, faut-il le dire, sont tout aussi civilisés que n’importe quelle peuple « nordique ».
3) Le préjudice légal
Vous n’êtes pas sans savoir que, en France, la maltraitance des animaux est considérée comme un délit, voire un acte pénal, passible de 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende.
L’exception de loi permettant, dans certaines régions du Sud, « d’exercer des sévices graves et de commettre des actes de cruauté envers un animal » si « une tradition locale peut être établie », crée des zones hors-la-loi où, à l’instar des pays intégristes comme l’Iran, la « tradition » est placée au-dessus de la justice.
Cette situation est strictement incompatible avec notre Constitution, censée assurer, dans son premier article, « l’égalité des citoyens français devant la loi », et cela, explicitement, « sans distinction d’origine ».
Il est inacceptable que le gouvernement français continue à tolérer une législation qui, en flagrante violation de notre Constitution, divise la France en « terre civilisée » (le Nord) et « terroir barbare » (certaines régions du Sud) et se fait porte-parole des gens qui, sur 90% du territoire français et dans la quasi totalité du monde civilisé, sont considérés comme des délinquants.
Rappelons encore une fois que la grande majorité de Français du Sud (68-75% selon des sondages par ailleurs nullement contestés par les « taurins », qui reconnaissent volontiers être une minorité exclusive) sont opposés à la corrida qui leur est imposée de force par des moyens anticonstitutionnels et anti démocratiques.
Dans ce contexte, les propos scandaleux tenus par Monsieur Pierre Giacometti, Conseiller du Président de la République, lors d’une interview pour le magazine ABC.es en Espagne, sont doublement choquants.
Monsieur Giacometti n’a pas hésité à affirmer que l’interdiction de la corrida serait « une bombe politique » sur « un terrain propice à des partis extrémistes ».
Selon Monsieur Giacometti, qui pourrait exprimer la position du gouvernement, les amateurs de la corrida seraient donc des terroristes potentiels à qui il faut faire des concessions légales pour éviter le pire. Bien entendu, ces concessions légales se font sur le dos de la majorité de sudistes qui, eux, ne sont pas des extrémistes.
Si le gouvernement pense que les amateurs de la corrida constituent un danger potentiel pour notre communauté, c’est une raison de plus pour les rappeler à l’ordre au plus vite et de façon décisive.
Sacrifier les droits des citoyens paisibles pour cajoler une minorité potentiellement violente n’est pas la meilleure méthode pour inspirer confiance en l’autorité et en l’intégrité de notre gouvernement !
4) En défense de nos enfants
4.1. Les enfants « taurins »
Certains parents « aficionado », aussi cruels envers leurs enfants qu’envers les animaux, n’hésitent pas à introduire leurs bambins, dès un très jeune âge, à des spectacles de violence et de cruauté pouvant engendrer, chez l ‘enfant, des traumatismes sévères et souvent irréparables.
4 .2. Les écoles de la torture
Certaines villes du Sud hébergent les tristement célèbres « Ecoles tauromachiques », où les enfants de douze ans apprennent à tuer et torturer des animaux, et sont exposés à un endoctrinement systématique glorifiant le combat, le machisme, la violence et le droit du plus fort.
Pour en savoir plus, je vous réfère à l’excellente vidéo de Pablo Knudsen
http://www.dailymotion.com/video/x3nk1x_apprendre-a-tuer-pablo-knudsen-2007_animals
4.3. Prosélytisme auprès des enfants
Pour assurer la « relève », les taurins pratiquent un prosélytisme très poussé, préférablement dans des quartiers défavorisés, y compris dans les écoles, clubs de sport etc.
Il est inacceptable d’abandonner nos enfants à des gens qui, en dehors de la zone de non-droit que constituent les régions taurines, sont considérés comme des délinquants, et qui sont porteurs d’une pensée non-démocratique voire extrémiste, comme l’a bien reconnu Monsieur Giacometti. On ne peut que le répéter : la corruption sociale véhiculée par la corrida va bien au-delà des murs des arènes et nous avons tout intérêt à protéger nos enfants de son influence !
5) Le préjudice économique
Contrairement à ce que prétendent les taurins, la corrida n’a aucun intérêt économique pour notre communauté mais est, au contraire, hautement déficitaire. Pour survivre, elle dépend des subventions, payées, bien entendu, avec les impôts du contribuable.
Les sommes versées par certaines communes étant très élevées, le préjudice économique pour les contribuables de ces villes et régions est considérable.
Il est inacceptable que les citoyens des régions « taurines » soient forcés à financer des jeux sadiques, qui, encore une fois, sont considérés comme des actes pénaux sur la plus grande partie du territoire français.
Dans ce contexte, il me paraît aussi important de rappeler que la manifestation qui apporte réellement de l’argent aux communes, c’est à dire la « fiesta », ne dépend en rien de la corrida, et pourrait parfaitement bien être organisée autour des courses landaises ou camarguaises, des jeux équestres, des concerts etc.
Comme nous le savons tous, il n’existe aucune raison autre que le sadisme personnel de ses protagonistes pour défendre l’existence de la corrida.
Il y a par contre de nombreuses raisons valables pour son abolition immédiate, dont je me suis permis de vous présenter quelques unes.
En espérant que vous en tiendrez compte et que ce fléau qu’est la corrida ne sera bientôt qu’un souvenir honteux !
Juliet Vles
Le Bâtiment
32190 St.Paul de Baïse
+33 / 5 62 68 10 29
juliet.vles@orange.fr
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Isabel Marcoux
Présidente FLAC
F édération des Luttes pour l’Abolition des Corridas
7 Chemin de Samara
31860 Labarthe sur Lèze
Labarthe sur Lèze le 28 avril 2008
A l’attention de Monsieur le Ministre de l’agriculture
Monsieur le Ministre,
Dans le cadre des rencontres « Animal et Société », vous avez souhaité ouvrir une large concertation et mobiliser l'ensemble des acteurs pour engager une discussion transparente et constructive sur la question du " bien-être" animal. La tauromachie espagnole et portugaise s'inscrit exactement dans ce cadre, ou plus exactement dans celui du non respect du "bien-être" animal, puisque l'animal, en l'occurrence le taureau, est torturé jusqu'à la mort selon un rituel établi, pour le seul plaisir d'une foule que nous pouvons qualifier de perverse et dépourvue d'esprit critique et de sensibilité.
Pour justifier ces spectacles, une poignée de nos concitoyens, appelés "aficionados", veulent ancrer cette pratique dans nos traditions et particulièrement dans celles des peuples du sud. Faisant partie de ce peuple du sud, et tout comme la grande majorité de mes concitoyens du sud, je réfute cette notion de tradition et m'oppose à l'organisation et aux financements publics de ces spectacles, qui sont très majoritairement déficitaires. Bayonne, est un exemple flagrant de cette gabegie financière qui avec un budget tauromachique de 2 287 976 € pour la saison 2007, accuse un déficit, amortissement inclus, de 247 255 € , soit un nouveau déficit en augmentation de 325% par rapport à celui de la saison 2006.
La tauromachie ne doit son salut qu'à la volonté d'un lobby tauromachique puissant et bien organisé ayant le soutien d'une proportion d'élus et de « notables » locaux et nationaux acquis à ce lobby. Un certain nombre de ministres du gouvernement auquel vous appartenez ne s'en cachent pas, soit en se montrant dans les arènes soit en affichant publiquement leur goût pour la corrida, donnant ainsi leur caution à ceux qui érigent en spectacle ce qui n'est en réalité que la torture d'un animal en public, accentuant ainsi le décalage existant entre le monde des élus et celui de la très grande majorité de la population opposée à la corrida (71.6% selon le sondage Louis Harris commandé, fin 2007, par la SPA).
Pour contrer les actions des associations de protection animales et anti-corrida, l'UVTF (Union des Villes Taurines de France), a annoncé la création, en janvier, d’un observatoire de la tauromachie dont le but est de développer un argumentaire positif de la tauromachie (!). On croit rêver ! Comment donner une image positive d'une activité passéiste dont les seules finalités sont la torture et la mort d'un animal, perpétrées, il faut le signaler, par des professionnels de la torture animale, bien entraînés et chers payés ! Si la tauromachie dégageait une image positive, cela se saurait et elle n'aurait besoin d'aucun argument pour se développer.
Monsieur le Ministre, Il faut tourner la page sur cette folie qui consiste à infliger des tortures à des êtres vivants et à s'en réjouir. Ne nous réfugions pas derrière le mot « tradition », car la tauromachie, espagnole ou portugaise, n’est pas une de nos traditions, et même si elle l’était, il faudrait l'abolir... Comme le dit le juge Charollois, toute tradition a pour vocation naturelle de disparaître pour qu’avance la civilisation... Les jeux du cirque, les bûchers, les ordalies, l’esclavage, l’absolutisme royal, la torture furent en Occident des traditions solides qui heureusement ont disparues. La corrida, n’est ni un art, ni un combat, ni hélas une tradition.
Monsieur le Ministre, profitons de ces rencontres pour agir en faveur de la protection des animaux et pour que cesse ces spectacles tauromachiques comme le demande la majorité de la population de ce pays. Nous vous demandons également de faire le nécessaire pour que dans un premier temps soient prises les mesures d'interdiction de l'entrée des arènes aux mineurs de moins de 16 ans les jours de corrida, ainsi que les mesures pour que cessent les subventions aux élevages de taureaux destinés aux corridas et aux organisateurs de spectacles de tauromachie espagnole et portugaise.
La corrida ne s'est développée en France que grâce à l'alinéa 5 de l'article 521-1 du code pénal, autorisant, sur une petite partie du territoire de la République, que la torture d'un animal soit considérée comme un divertissement alors que partout ailleurs c'est un délit. Cet alinéa est anticonstitutionnel, car les exceptions territoriales et/ou ethniques à la loi en vigueur sont explicitement interdites par l'article 1 de la Constitution, qui assure «l’égalité des citoyens français devant la loi » et cela «sans distinction d’origine».
« Tradition » et «origine »
On appelle une « tradition » l’ensemble des coutumes auxquelles se réfère un groupe ethnique pour exprimer ses origines ancestrales collectives.
La notion de « l’origine » est donc inhérente à la notion de la « tradition ». Elle en est inséparable.
C’est sans doute dans ce sens ethnique que la Constitution utilise le mot
« origine », son but étant d’assurer l’égalité devant la loi des différentes ethnies.
Dans le terme « tradition locale », la définition de l’origine géographique
(« locale ») vient s’ajouter à la définition ethnique de la tradition taurine.
Cette définition est formalisée par la démarcation géographique des régions dites « taurines ».
La notion de l’origine est donc doublement présente dans cette formule, tant dans son sens ethnique que géographique.
La tradition est-elle au-dessus de la loi ?
Au-delà des problèmes constitutionnels, il faudrait se demander si, dans un état de droit, la tradition peut prévaloir la loi.
Si la tradition d’un crime suffisait pour annuler la loi qui le condamne, toute notre législation pénale perdrait son sens - l’objectif premier de notre Code Pénal étant justement de rompre avec notre longue « tradition ininterrompue » de violence et du droit du plus fort, et de les remplacer par une justice équitable !
Dans l’attente d’une réponse rassurante de votre part,
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
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